Matthieu Vaxivière (R-Motorsport) : « Partagé entre joie et peine »

Si les Aston Martin V12 Vantage GT3/R-Motorsport ont brillé l’an dernier en Blancpain GT Series Endurance, on ne savait pas trop ce qu’allait donner l’unique Vantage du team suisse en lice pour la gagne aux 12 Heures de Bathurst, d’autant plus que la concurrence était rude. Dès les essais, Matthieu Vaxivière, Jake Dennis et Marvin Krichhöfer ont joué le haut du classement. Sur une course de 12 heures, les deux pénalités infligées avant le départ n’ont pas vraiment pesé dans la balance même si chez R-Motorsport on avait conscience que la Vantage était bien meilleure dans le rôle de la voiture chassée que celle en chasse.

C’est finalement la deuxième place qui a récompensé les trois rookies de la #160. Quelques minutes après l’arrivée, Matthieu Vaxivière était plutôt mitigé sur le résultat : « C’est dur ! A dix minutes de la fin, nous étions en tête. On a tout donné et même plus. Je suis partagé entre joie et peine. Certes, c’est un podium sur une des courses GT les plus difficiles au monde mais on tenait cette victoire. Nous avons fait une belle course sans la moindre pénalité, l’équipe a mis en place une stratégie parfaite. Tout était bien. L’Aston Martin V12 Vantage GT3 clôture tout de même sa belle carrière par un beau résultat. »

En course, Le Limougeaud n’a rien lâché au volant d’une auto pas facile à piloter : « Marvin avait des vibrations après la casse deux jantes. Après le ravitaillement, tout est rentré dans l’ordre. J’ai fait mon boulot en piste. En arrivant ici, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. C’était l’inconnu pour moi. Tout ce qu’on voulait, c’était gagner. Passer si proche de la victoire, c’est dur mais c’est la course. »

Contrairement à la Porsche victorieuse, les pneus sur l’Aston Martin ont été conservés pour le relais final : « Le choix a été fait de garder les mêmes pneus. Si on était derrière, on savait qu’on aurait du mal à attaquer. Il nous fallait du moteur, donc être en tête. La chaleur a été compliquée à gérer. La combinaison réfrigérée est bien mais cela ne dure pas tout le relais. La chaleur était forte dans l’habitacle. »

Même si Matthieu Vaxivière n’a pas encore inscrit son nom au palmarès de l’épreuve, le plaisir pris en piste était au rendez-vous : « C’est un circuit de fou. J’ai pris mon pied en course. En GT3, tu te bats pour la victoire au général. La concentration est très difficile tant le niveau est relevé. Il faut être à fond pendant 12 heures, de la sortie à l’entrée des stands. C’est comme aux Total 24 Heures de Spa. Il faut l’attaque maximale tout le temps. On a beau dire qu’il faut se contenter de rester dans le tour du leader jusque dans le final, mais c’est juste en théorie. C’est à bloc tout le temps. Pour moi, l’intensité à Bathurst est comparable à celle de Spa. C’est à la limite au millimètre près. »