Catégorie ‘Hypercar’ : et les petits constructeurs dans tout ça…

Si Aston Martin, Ferrari, McLaren, Glickenhaus, Kolles et Toyota sont bien lice pour rejoindre la catégorie Hypercar, d’autres constructeurs, plus petits, pourraient être intéressés. Qu’ils s’appellent, Gumpert, Pagani, Rimac, Zenvo, Pininfarina, Bugatti, Koenigsegg ou encore Arcfox, ils ont tous une Hypercar dans leur catalogue. Mais est-ce pour cela qu’on pourrait voir quelques unes de ces marques en compétition aux 24 Heures du Mans ? 

Nous sommes donc allés poser quelques questions chez les uns et les autres au Salon de Genève. Bien entendu, personne ne nous a annoncé un programme pour aller gagner les 24 Heures du Mans.

Dernier arrivé sur le marché de l’Hypercar, le Chinois Arcfox présente la Arcfox-GT Race Edition électrique. On ne parle pas encore de compétition chez Arcfox mais Jean Todt et François Fillon étaient sur le stand lors de la conférence de presse du lancement de la marque qui propose une GT et un SUV. On doit la Race Edition à BAIC, constructeur chinois, dont la base est tout près du circuit de Barcelone. Arcfox annonce 1000 chevaux pour une vitesse supérieure à 255 km/h avec un système de charge de 20 à 80% en 30 minutes. 

Pour aller en Hypercar au Mans, il faudra bien plus que l’ajout d’un aileron de requin pour les différents constructeurs artisanaux. « Bien sûr, Le Mans fait rêver », nous a expliqué l’un d’eux. « Cependant, on devrait se battre contre des marques prestigieuses telles que Ferrari, Porsche ou Aston Martin qui disposent de beaucoup plus de moyens. Nous restons un petit constructeur. De plus, il faut gérer l’hybridation, ce qui n’est pas quelque chose de simple en compétition. Si comme on l’a entendu l’hybride pourrait être optionnel, cela change la donne. » 

Quelques constructeurs verraient d’un bon oeil une arrivée en compétition mais le temps de la Bugatti EB110 ou de la Pagani Zonda aux 24 Heures du Mans est révolu. Pour 2020, on parle d’une auto bardée de nouvelles technologies bien loin de ce que peuvent développer Koenigsegg ou Zenvo. Pourtant, leurs monstres auraient de la gueule sur un circuit. « Plus on demande de choses en compétition niveau réglementation, plus cela devient compliqué », nous a confié le représentant d’un constructeur à Genève. « Nos clients ne recherchent plus forcément le côté course mais bien le côté passion avec l’apport de nouvelles technologies. »

Ce n’est pas pour rien que Gumpert présente Nathalie, bien loin des anciennes créations du sorcier Roland Gumpert. Nathalie est équipée de quatre moteurs électriques qui la font passer de 0 à 100 km/h en moins de deux secondes. La pile à combustible logée sous le capot en carbone fonctionne en permanence et produit une puissance constante de 5 kW, soit assez d’énergie pour alimenter le véhicule en énergie primaire pendant qu’il roule. Une version « Race » de 815 chevaux est présentée à Genève sans trop savoir si elle roulera un jour en compétition. Avec Nathalie, nous sommes à des années lumières de la monstrueuse Apollo. 

C’est peut-être du côté de Koenigsegg qu’il faut voir l’artisan le plus intéressé par la compétition. La marque suédoise présente à Genève la Jesko qui développe 1600 chevaux. L’été dernier, Christian Koenigsegg s’était montré favorable à une présence aux 24 Heures du Mans avec un modèle qui porte son nom. Le préparateur avait déjà tenté une approche en 2001 avec une LMP qui n’a finalement pas vu le jour. 

Chez Zenvo, on se cherche un peu entre route et course. Le constructeur danois profite du salon pour lever le voile sur la TSR-S, sorte d’Hypercar pour la piste mais civilisée pour un usage routier. Zenvo est bien loin de toute hybridation en proposant un bon vieux V8 développant tout de même la bagatelle de 1177 chevaux. 

Le Croate Rimac enfonce le clou encore plus profond avec sa C_Two équipée de quatre moteurs électriques. Avec ses 1914 chevaux, on parle d’une vitesse dépassant les 400 km/h. Le constructeur annonce une autonomie théorique supérieure à 500 km avec un temps de charge d’environ 30 minutes. 

Pininfarina y va également de l’électrique avec sa Battista qui développe près de 2000 chevaux. Sa batterie lithium-ion de 120 kWh autorise une autonomie allant jusqu’à 450 km. Le groupe motopropueseur est d’ailleurs celui de la Rimac C_Two.

Nous sommes encore loin de voir ces constructeurs sur la grille de départ des 24 Heures du Mans mais l’arrivée d’une catégorie Hypercar permet de rêver à l’arrivée d’artisans. Mais attention car  disputer une course de 24 heures n’a rien d’un long fleuve tranquille. Hybride ? Electrique ? Thermique ? Hydrogène ? On finit par s’y perdre même dans le domaine des Hypercars.