Cinq questions à… Jean-Pierre Diot

Nom : Jean-Pierre ‘Papy’ Diot

Fonction : responsable technique compétition-client ORECA

Regardiez-vous les 24 Heures du Mans à la télé quand vous étiez jeune ? Etiez-vous intéressé ? 

« J’ai toujours été intéressé par Le Mans. J’ai assisté au seul GP de France de F1 au Mans où roulait mon idole Jim Clark. Mon frère était commissaire de piste et je l’ai accompagné aux 24 Heures pour la première fois en 1969. Il me donnait des morceaux de voitures qui avaient abandonné (rires). »

Quels sont vos premiers souvenirs des 24 Heures du Mans ? 

« C’était en 1991 avec Mazda. La première année où je viens travailler, on gagne la course. Mon rêve de gamin a été exaucé. Dans les années 60, mon rêve était d’entrer dans un camion Porsche. En 1991, la boîte de vitesses de la Mazda était d’origine Porsche. Au moment de pénétrer pour la première fois dans le camion, j’ai compris que mon rêve se réalisait. Pour apprécier Le Mans, il faut beaucoup galérer. C’est ce qui fait la beauté et la difficulté de cette course. Je peux dire qu’avec la Viper, on avait bien galéré. »

Quel équipage auriez-vous aimé faire rouler au Mans ?

« Jacky Ickx, Tom Kristensen, Henri Pescarolo. Jacky, c’est mon idole de gamin. J’avais un poster de sa voiture qui décollait des quatre roues sur le Nürburgring. Un soir, j’ai diné avec lui. Ce n’est quand même pas rien de diner avec Jacky Ickx. Sa vitesse d’analyse en piste était remarquable. Je ne connais pas Tom Kristensen mais il a gagné tant de fois Le Mans. Henri me faisait lui aussi rêver. Quand nous sommes devenus adversaires, il me faisait moins rêver (rires). »

Quelle est la voiture qui vous a fait rêver aux 24 Heures du Mans ?

« La Porsche 917. J’étais fasciné par la vitesse à laquelle pouvait rouler cette auto. Il y aussi la Matra 650 pour le son de son moteur. »

Quel pilote des 24 Heures du Mans vous a fait rêver ?

« Jacky Ickx. Je me souviens de son abandon sur une Ferrari face aux Matra. On était tous à l’applaudir et j’en ai encore la chair de poule. J’étais au poste 111 quand elle est passée au ralenti devant nous. J’ai passé pas mal de temps en bord de piste avec les commissaires. Christian, mon frère aîné, a épousé une femme issue d’une famille de commissaires de piste depuis l’après-guerre.

« Je suis chez ORECA depuis 36 ans, ce qui fait que j’ai vu passer pas mal de pilotes. Nous étions une dizaine de personnes, contre 230 maintenant. J’ai connu Hugues de Chaunac quand il avait la trentaine. Il était fou, dans le bon sens du terme, et volubile. Il nous aurait dit de nous jeter dans le feu, on l’aurait fait. J’ai commencé avec la BMW M1 de Bernard Darniche. Hugues est comme qui dirait mon père spirituel. C’est un patron d’exception. Hugues cherchait un mécanicien sans expérience. J’ai répondu à l’annonce mais on m’a dit que c’était complet. Par chance, j’ai passé mon permis super-lourds, ce qui m’a bien aidé. Un soir, Hugues m’appelle pour rejoindre le programme M1, ce qui pour moi était un rêve car j’ai toujours aimé cette BMW M1. »