Nicolas Minassian (IDEC Sport) : « La différence se joue dans les moindres détails »
À l'approche de la finale European Le Mans Series à Portimão, Nicolas Minassian dresse un bilan positif de la saison d'IDEC Sport. Organisation, préparation, stratégie et exécution : dans un championnat où les écarts sont particulièrement serrés, la performance repose sur une multitude de détails.
Jamie Chadwick, Valerio Rincella et Laurents Hörr se partagent le volant de la n°28, la n°18 étant confiée à Paul Lafargue, Paul-Loup Chatin et Job van Uitert.
Le directeur sportif revient sur les exigences du paddock, l'apport des nouvelles technologies et les difficultés rencontrées lors des 24 Heures du Mans, où un déficit de vitesse de pointe a compliqué la tâche des deux équipages.
Quel est le bilan de la saison avant la finale ?
Le bilan est très positif. Nous sommes satisfaits du travail accompli tout au long de la saison, que ce soit en matière d'organisation, de préparation ou d'exécution. L'équipe a fait preuve de rigueur et de régularité dans tous ces domaines. Nous avons dû affiner nos méthodes pour rester au niveau, car toutes les équipes travaillent dans le même sens et cherchent constamment à progresser. Il faut conserver une grande humilité face à la concurrence et continuer à repousser nos limites. Le championnat est particulièrement relevé et rien n'est jamais acquis.
Comment évitez-vous de tomber dans la routine et quels outils utilisez-vous pour progresser ?
Nous cherchons en permanence à améliorer notre fonctionnement en intégrant de nouveaux outils, notamment avec un recours croissant à l'intelligence artificielle et à de nouveaux logiciels. L'objectif est de gagner en réactivité et en efficacité, afin de consacrer davantage de temps aux détails stratégiques qui peuvent faire la différence en piste.
Quel bilan tirez-vous des 24 Heures du Mans et quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Le bilan est plus mitigé. Certains choix stratégiques auraient mérité d'être davantage affinés et nous avons également souffert d'un déficit inexpliqué de quatre à cinq kilomètres par heure en vitesse de pointe en ligne droite. Cette différence nous a pénalisés face à des concurrents plus rapides, qui pouvaient économiser du carburant dans les lignes droites tout en conservant un bon rythme. De notre côté, nous étions contraints d'attaquer en permanence pour maintenir la cadence, ce qui nous a obligés à effectuer un tour de moins par relais que nos rivaux. Un handicap qui a pesé sur notre stratégie tout au long de l'épreuve.
Quels sont les projets pour 2027 ?
L'idée est que Valerio (Rinicella) poursuive avec nous, toujours avec le soutien de Genesis dans le cadre du Trajectory Programme. Nous partirions sur un équipage Pro. Paul (Lafargue) passe en classification FIA Bronze la saison prochaine. La composition exacte des équipages reste toutefois à préciser, car tout n'est pas finalisé.
L'objectif est-il d'engager deux voitures aux 24 Heures du Mans 2027 ?
C'est le plan actuel.
Avez-vous étudié la possibilité de participer à l'Asian Le Mans Series cet hiver ?
Nous avions étudié cette possibilité et le projet était presque concrétisé, mais il n'a finalement pas abouti. Le fait que le championnat ne se déroule pas en Asie, mais uniquement en Europe, a notamment pesé dans notre décision de ne pas nous engager.
IDEC Sport sera en LMP2 en 2028 ?
Bien entendu et nous ferons une annonce en temps voulu concernant le choix du constructeur.
Envisagez-vous de développer un programme en LMP3, en GT ou en Michelin Le Mans Cup pour accompagner de jeunes pilotes ?
Nous étudions cette possibilité. La catégorie GT reste une option que nous envisageons, que ce soit dans la filière ACO, avec un programme en Michelin Le Mans Cup par exemple, ou ailleurs, en fonction des opportunités et de l'arrivée de nouveaux constructeurs. Nous réfléchissons aux différentes possibilités pour l'avenir.
En tant que pilote classé Silver, avez-vous envie de reprendre le volant en course ?
Je n'ai jamais dit que je prenais ma retraite (rires) ! J'aime trop être derrière le volant. Je continue de rouler en historique, comme j'ai encore pu le faire il y a peu à Goodwood.
Comment se développe le département IDEC Sport Heritage consacré aux voitures historiques ?
C'est un pôle en plein développement. Nous disposons d'un atelier dédié de 2 000 m², totalement séparé de notre activité moderne. L'équipe s'occupe de la restauration, du gardiennage et de l'événementiel. Nous avons actuellement près de 40 voitures dans l'atelier. Nous couvrons toutes les époques, des années 1920 à nos jours. Nous travaillons notamment sur des Groupe C, des Formule 1 et des autos plus récentes. L'atelier est ouvert à de nouveaux clients. L'objectif est de faire rouler ces voitures lors de grands rendez-vous comme le Goodwood Revival, les événements Peter Auto ou les courses Master Historic. Nous voulons accompagner les propriétaires dans la préparation de leurs voitures et leur permettre de les faire vivre sur les plus beaux événements historiques.
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