LM Cup

ANS Motorsport : construire, accompagner, progresser

Michelin Le Mans Cup
8 oct. 2026 • 16:30
par
Laurent Mercier, à Portimão

À la tête d’ANS Motorsport, Nicolas Schatz poursuit la structuration de son équipe dans l’endurance, lui qui connaît aussi les contraintes des pilotes. Après avoir consolidé sa présence en Michelin Le Mans Cup et dans les différents programmes de la structure, le patron d’ANS Motorsport veut désormais franchir de nouvelles étapes, avec l’ELMS en ligne de mire et une véritable filière destinée à accompagner les pilotes dans leur progression.

Le rapprochement avec CLX doit notamment permettre à ANS de proposer autre chose qu’un simple volant : un véritable accompagnement et, à terme, un parcours permettant aux jeunes talents de gravir les différents échelons de la pyramide de l’endurance. Nicolas Schatz fait le point. 

Quel bilan tirez-vous de la saison et comment l’image d’ANS Motorsport a-t-elle évolué ?

Le bilan est positif, avec une nette amélioration dans l’exécution et dans le fonctionnement au quotidien. Depuis quelque temps, nous travaillons à construire une véritable identité pour l’équipe. Historiquement, la catégorie LMP3 était plutôt associée à des pilotes amateurs venant rouler sans forcément porter les couleurs officielles d’ANS.

Photo : ANS Motorsport

Cette saison, nous avons voulu structurer notre projet autour de deux axes forts : deux voitures en Ligier European Series pour afficher clairement nos performances et une LMP3 confiée à un équipage Pro afin de démontrer le niveau technique de la structure. Cela s’est traduit par la concrétisation de notre rapprochement avec CLX.

 

Comment est né ce partenariat avec CLX et cette volonté de créer une filière jeunes pilotes ?

ANS Motorsport a gagné en valeur parce que nous sommes désormais capables de proposer de véritables plans de carrière. C’est quelque chose qui nous manquait auparavant : les opportunités s’arrêtaient souvent après la Le Mans Cup. Avec CLX Motorsport, nous pouvons proposer des contrats construits autour d’objectifs de performance et d’une véritable logique de détection des talents. Il est aussi important de préciser qu’il n’y a aucune inscription pour intégrer cette académie. L’accès n’est pas payant.

 

Comment s’articule concrètement la collaboration avec CLX Motorsport ?

Il n’y a pas de collaboration technique sur les voitures. Le partenariat concerne essentiellement l’aspect extra-sportif et l’accompagnement des pilotes. CLX apporte notamment un coach qui briefe les pilotes avant et après chaque session. L’analyse repose beaucoup sur les données, avec des comparaisons de chiffres, de qualifications ou de relais. L’objectif est de développer notre vivier de pilotes tout en donnant à CLX un temps d’avance pour identifier les talents.

Nicolas Schatz et Nicolas Lapierre (photo : DR)

Louis (Iglesias) en est un très bon exemple. Il était relativement peu visible en endurance auparavant et il est aujourd’hui en train d’exploser. Il dispose déjà d’une option avec CLX pour la saison prochaine. Au-delà de la performance, le projet repose sur des valeurs communes et beaucoup de bienveillance. Nous voulons créer les conditions permettant à de futurs grands pilotes d’émerger.

 

Combien de pilotes ont déjà rejoint la CLX Academy ?

Plusieurs discussions sont actuellement en cours, mais il est encore trop tôt pour annoncer un chiffre. Nous préférons prendre le temps de construire les bons projets plutôt que de communiquer trop rapidement.

Quelles sont les programmes ANS Motorsport pour la saison prochaine ?

Le mot d’ordre est de continuer à progresser dans tous les programmes dans lesquels nous sommes engagés. Nous souhaitons reconduire deux voitures en Ligier JS P4 et deux voitures en LMP3, tout en sollicitant un engagement en ELMS. Si notre candidature est retenue, la stratégie serait d’ajouter une voiture, donc un troisième châssis à l'équipe, afin de conserver une structure solide sur les programmes actuels.

 

Un programme hivernal dans la nouvelle série Asian Le Mans Series réservée aux LMP3, est-il envisagé ?

Le sujet est à l’étude. La difficulté vient notamment de délais très courts, avec des décisions qui interviennent parfois tardivement dans un contexte économique compliqué. En revanche, nous préparons un programme d’essais conséquent afin d’aborder la prochaine saison dans les meilleures conditions.

Le programme en Ultimate Cup Series sera-t-il maintenu ?

Oui car tous les pilotes n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes attentes ni les mêmes budgets. L’Ultimate Cup Series répond donc à d’autres besoins. Elle permet notamment d’offrir une première approche de l’endurance et de faire rouler des pilotes dans un cadre plus accessible financièrement et techniquement. Ce programme a donc toute sa place dans notre organisation.

 

Le passage en LMP2 est-il envisageable avec l’arrivée de la nouvelle réglementation en 2028 ?

La catégorie LMP2 est évidemment une catégorie fascinante et passionnante, mais nous voulons garder une approche raisonnée. À court terme, l’étape logique avant le LMP2 est de passer par le LMP3 en ELMS. Nous maîtrisons déjà cette voiture grâce à notre expérience en Le Mans Cup et nous avons également acquis une vraie expérience de la gestion de l’endurance avec l’Ultimate Cup Series. La catégorie LMP3 en ELMS représente donc une étape naturelle dans notre progression.

Photo : MPS Agency

Allez-vous conserver les châssis Ligier en P3 ?

Nous restons fidèles à Ligier et nous ne prévoyons aucun changement de châssis. La voiture est performante, comme l’a démontré notre victoire à Silverstone, mais elle est également fiable. Le service client est de qualité et nous disposons d’un stock important de pièces détachées. Nous avons donc toutes les raisons de poursuivre avec Ligier.

 

Quel regard portez-vous sur le temps de roulage et les neutralisations en Michelin Le Mans Cup ?

Le niveau du plateau augmente, ce qui génère forcément davantage d’accrochages et, par moments, des périodes assez longues derrière la voiture de sécurité. Néanmoins, les efforts de l’ACO ont permis d’améliorer les choses. L’utilisation des slow zones au Mans et la présence de pilotes professionnels contribuent notamment à améliorer les départs et la fluidité en piste.

Les équipes ont également leur rôle à jouer. Nous devons continuer à éduquer les pilotes à la gestion d’une course de deux heures. Cela dit, lorsqu’on est en pleine course, les décisions se prennent parfois en une fraction de seconde et il est difficile de tout contrôler.

Photo : MPS Agency

Que pensez-vous du format de course de trois heures au Mans ?

C’est une vraie aubaine pour les prototypes. Ce format apporte une véritable dimension d’endurance et une part de stratégie très intéressante pour l’ensemble des acteurs. Il permet aussi de se rapprocher davantage de ce que doit être une véritable course d’endurance. Pour nous, c’est donc un format particulièrement intéressant.

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