DKR Engineering, entre frustration et ambition
Après une saison 2026 marquée par plusieurs contretemps, DKR Engineering entend repartir de l’avant. Entre les incidents en LMP2, les changements de pilotes, des 24 Heures du Mans compliquées et les ambitions affichées en Asian Le Mans Series, Kendy Janclaes, patron de l’équipe, fait le bilan d’un exercice qui n’a pas répondu aux attentes. Tout en se projetant déjà vers 2027 avec des programmes qui s'annoncent similaires à ceux de cette année.
Quel bilan tirez-vous de la saison en LMP3 pour vos débuts en Ligier JS P325 ?
Le bilan n’est malheureusement pas exceptionnel sur le plan des résultats. La saison avait mal commencé à Barcelone, qui était notre première course avec la Ligier. Nous avons ensuite beaucoup travaillé au Paul Ricard où nous avons décroché la pole. Malheureusement, nous avons perdu la victoire dans le dernier relais à cause d’une porte qui s’est retrouvée bloquée. Nous avons donc connu plusieurs situations frustrantes alors que nous avions la performance pour obtenir de meilleurs résultats.
Quels ont été les principaux obstacles rencontrés en piste ?
À trois reprises durant la saison, nous avons perdu un sabot arrière après avoir été percutés par d’autres voitures. C’est clairement un point faible de la voiture : cette pièce est trop fragile et sa réparation demande beaucoup de temps. À chaque fois, la sanction a été immédiate avec un drapeau noir et orange qui nous imposait de rentrer aux stands. Cela a complètement ruiné nos courses. Ce qui est également frustrant, c’est que les pilotes à l’origine de ces contacts n’ont pas été, ou très peu, pénalisés.
Et du côté LMP2 ?
Les résultats bruts ne reflètent absolument pas le niveau de l’équipage ni la performance réelle de notre voiture. Jean (Glorieux) effectuait son retour en LMP2 et il a progressé de manière constante tout au long de la saison. À Silverstone, il a réalisé une course parfaite. Mais nous avons accumulé les aléas. À Imola, par exemple, nous étions très bien placés avant d’être percutés sous Virtual Safety Car par une autre voiture. Nous avons également connu deux ou trois petites sorties de piste. Au final, beaucoup de choses se sont accumulées et nous n'avons pas pu concrétiser notre potentiel.
Pourquoi avoir dû modifier votre équipage à plusieurs reprises ?
À l’origine, nous devions faire toute la saison avec Sebastian Alvarez, mais cela ne s’est finalement pas fait pour des raisons budgétaires. Nous avons donc dû adapter l’équipage en cours de saison. Macéo Capietto avait notamment des conflits de dates avec la Porsche Carrera Cup France, tandis que Julien Andlauer n’était pas disponible en fin de saison en raison de ses engagements avec Porsche. Ce sont des situations auxquelles une équipe doit malheureusement s’adapter. Ici, nous faisons rouler Tristan Vautier. Le point commun de tous ces pilotes reste leur faculté d'adaptation.
Place ensuite à l'Asian Le Mans Series...
C’est une tradition pour DKR Engineering et nous tenions à poursuivre cette participation. On pourrait penser que courir en Europe durant l’hiver est un peu moins coûteux, mais ce championnat est moins attractif pour les pilotes. Rouler en Asie, notamment en Malaisie, représente un projet qui les motive davantage. Ils sont prêts à investir un peu plus pour vivre cette expérience et participer à un championnat qui conserve une vraie attractivité. C'est un peu comme payer plus cher dans un restaurant pour avoir le petit quelque chose en plus.
Quels seront vos objectifs et où en est la constitution des équipages ?
L'équipage sera annoncé prochainement, mais l’objectif est très clair : nous voulons jouer le titre. Il n’est pas question de participer simplement pour faire de la figuration. Concernant l’éventualité d’engager une LMP3 dans la nouvelle série, c’est en revanche plus compliqué. Les coûts sont élevés par rapport au temps de roulage disponible, ce qui rend le projet difficile à concrétiser. Cependant, nous regardons ce qui peut être mis en place.
Quel regard portez-vous sur votre participation aux dernières 24 Heures du Mans ?
C’est forcément une déception. Nous avons eu un accident après seulement trois heures de course et les réparations nous ont fait perdre cinq à six tours dans les stands. À partir de là, notre résultat était pratiquement compromis. C’est d’autant plus frustrant que les 24 Heures du Mans représentent évidemment un objectif majeur pour une équipe comme la nôtre.
Serez-vous de nouveau candidat l’an prochain ?
Oui. Nous allons déposer à nouveau un dossier de candidature. Notre objectif est également de pouvoir aligner le même équipage en ELMS et aux 24 Heures du Mans. Ce n’était pas le cas cette année et, pour la cohérence du projet, nous aimerions pouvoir réunir les mêmes pilotes sur les deux programmes.
Quel sera le programme de DKR Engineering en 2027 ?
Le programme devrait rester assez proche de celui de cette saison, avec le LMP2 et le LMP3 en ELMS comme principaux axes. Nous étudions également la possibilité d’engager une Ligier JS P325 en Michelin Le Mans Cup, sans oublier l'UItimate Cup Series en Nova Proto NP02. Nous voulons donc conserver une activité diversifiée, tout en restant concentrés sur nos programmes principaux.
Comment abordez-vous déjà la nouvelle réglementation LMP2 prévue pour 2028 ?
DKR Engineering a la volonté de continuer en LMP2. En revanche, nous n’avons pas encore arrêté notre choix concernant le futur châssis. C’est une décision particulièrement difficile à prendre. Pour nous, c’est un peu comme « acheter une maison sur plan » sans pouvoir vérifier tous les détails. Il faut s’engager alors que tout n’est pas encore parfaitement connu. Nous allons donc devoir prendre une décision avant la fin de l’année. C’est un choix important pour l’avenir de DKR Engineering, mais notre volonté de rester en LMP2 est, elle, très claire.
Commentaires
Connectez-vous pour commenter l'article