Mathieu Jaminet : « La Porsche Carrera Cup France a été l’élément clé de ma carrière »
Pilote Genesis Magma Racing en WEC, Mathieu Jaminet entretient depuis plus de dix ans une histoire particulière avec Porsche, qui se poursuit encore cette année en GT3. Le constructeur allemand a surtout joué un rôle déterminant dans le lancement de sa carrière professionnelle en lui offrant, via la Porsche Carrera Cup France, l’opportunité qu’il attendait.
Ses débuts en Cup France remontent à 2015, sous les couleurs de Racing Technology. Pour sa première saison, Mathieu Jaminet décroche la place de vice-champion avant de décrocher le titre l'année suivante. Une ascension qui marque le véritable début de son parcours professionnel et scelle ses premiers liens avec Porsche.
La Porsche Carrera Cup France représentait alors sa dernière opportunité de faire carrière en sport automobile. Il ne l’a pas laissée passer.
La Porsche Carrera Cup France a-t-elle été le véritable élément déclencheur de votre carrière ?
Ce serait difficile de dire le contraire. La Porsche Carrera Cup France a été l’élément clé de ma carrière. C’était l’une des rares séries à proposer une sélection réellement honnête et équitable, basée uniquement sur la vitesse, et non sur le côté financier ou les relations. Je n’avais ni réseau ni budget et, sans cette opportunité, je ne serais probablement jamais devenu pilote professionnel.
C’était vraiment ma dernière chance. J’avais déjà arrêté de rouler pendant un an, voire un an et demi, et j’étudiais à l’université pour obtenir ma Licence. Si cette saison ne fonctionnait pas, j’aurais arrêté définitivement le sport automobile à 20 ou 21 ans pour poursuivre en Master. Mon objectif, en début d’année, était donc de remporter le shootout. J’y suis allé sans même avoir effectué d’essais préalables et j’ai finalement signé le meilleur chrono pour être retenu.
Comment s’est passée votre arrivée au sein de l’équipe Racing Technology ?
J’ai rejoint l’équipe de Sylvain Noël, Racing Technology, qui sortait d’une saison difficile mais qui s’est révélée être une excellente structure pour apprendre la Cup. L’équipe comptait notamment sur Jim Pla, qui avait déjà deux ou trois années d’expérience, tandis que j’arrivais comme un rookie absolu avec seulement une journée d’essais à mon actif.
Lors de mon premier run aux essais officiels à Magny-Cours, je découvrais le pilotage d’une voiture sans ABS et le comportement particulier d’un moteur arrière. J’ai détruit mes pneus avant lors de mes deux premières sorties en faisant de gros plats. Sylvain a même dû interrompre le roulage pour prendre le temps de débriefer longuement avec moi (rires).
Vous avez pourtant trouvé le mode d’emploi très rapidement…
À la fin de cette séance d’essais, j’étais déjà dans le rythme. J’ai terminé quatrième dès ma première course, puis j’ai décroché un podium et une victoire en catégorie Pro dès mon deuxième week-end. Cela m’a permis de prendre la tête du championnat. J’ai eu un déclic très rapidement. Le pilotage de cette voiture s’est révélé très naturel pour moi.
Quel regard portez-vous sur la Porsche Cup comme école de pilotage pour accéder au GT3, voire à l’Hypercar ?
C’est une voiture très spécifique qu’il faut apprivoiser et respecter. Elle était particulièrement exigeante sans ABS. À mes yeux, c’est la meilleure école pour accéder au GT3. Les GT3 sont certes trois à cinq secondes plus rapides au tour, mais tout y est finalement plus simple grâce au contrôle de traction, à l’ABS et à l’appui aérodynamique.
On le constate avec les nombreux pilotes issus de la Cup que l’on retrouve aujourd’hui chez les différents constructeurs du paddock. René Rast chez BMW, Nicki Thiim chez Aston Martin, Fred Mako et Jules Gounon chez Alpine, ou moi-même chez Genesis en sommes des exemples et nous ne sommes pas les seuls. Le passage de la Cup à une GT3 est relativement naturel. En revanche, faire le chemin inverse, en revenant à une Cup après avoir piloté une Hypercar, demanderait du temps !
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