Philippe Sinault (Alpine Endurance Team) : « Nous sommes à notre place »
En verve en qualifications, les Alpine A424 n'ont pu confirmer en course le week-end dernier dans la Sarthe. Au terme de 24 Heures du Mans au goût particulier pour les troupes de Philippe Sinault, avec le retrait en fin de saison, l'envie était forte de briller à domicile.
Mais un manque de performance face au trio Toyota - BMW - Cadillac n'a pas permis aux LMDh de faire mieux qu'une 6e place finale entre les deux Ferrari 499P n°51 - Ferrari AF Corse et n°83 - AF Corse.Le Team Principal de l'écurie française se confie après l'arrivée.
Quel est votre sentiment après cette course si particulière et encore plus cette année au vu du contexte ?
Cette 6e place est le meilleur résultat de l’Alpine A424. Même si le résultat est un peu décevant, dans le sens où je pense que l’on avait de quoi faire mieux, nous sommes à notre place. Sincèrement, au regard du niveau de la concurrence et de ce que les autres ont proposé, nous avons été capables, par moments, de jouer régulièrement la 5e place pendant la nuit.
Mais il y a aussi eu des moments où nous n’étions pas au niveau, entre guillemets. Notre voiture était trop compliquée à emmener pour nos pilotes à certains moments. Je tiens à les remercier. Ils n'ont fait aucune erreur, pas une sortie dans les graviers. Il faut le souligner, que ce soit en essais libres ou surtout en course, et particulièrement Victor (Martins, qui débutait au Mans). Cela n’a pas été facile, parce qu’on l’a fait rouler de jour et de nuit, et il a prouvé à tout le monde qu’il avait sa place.
Je remercie aussi l’équipe. C’est la course la plus propre que l’on ait faite. Je ne suis même pas allé en direction de course, je crois que ça ne m’était jamais arrivé. L’exécution dans les stands a été bonne. Cela veut dire que nous avons bien fait notre travail, et nous devons être fiers de cela.
On sentait beaucoup d’émotion dans le garage ...
Oui, bien sûr. Après, cela fait 17 ou 18 ans que je viens ici, et on pleure comme des madeleines à l’arrivée chaque année. On va donc mettre ça sur le compte de la richesse émotive de cette épreuve.
Mais oui, c’est un moment particulier. Il en appelle d’autres, vraisemblablement. En tout cas, mon vœu le plus cher, si j’avais à réécrire une page avec quelqu’un, un partenaire, un constructeur, ce serait de le faire avec exactement la même équipe.
Pouvez-vous expliquer le choix de partir avec des pneus déjà rodés sur les premiers relais ?
Ce qui était voulu, c’était de splitter la stratégie entre les pneus durs et mediums. Nous n’avions quasiment pas roulé avec les durs, en tout cas pas dans ces conditions. Nous avons donc choisi, avec les pilotes, de faire partir la n°36 en durs et la n°35 en mediums. L’idée était d’avoir un peu plus de recul et de mieux gérer la fin de matinée et l’après-midi.
C’était aussi pour garder des pneus plus neufs pour la suite ?
Oui, exactement.
Avez-vous des regrets sur la course ?
Non, honnêtement, nous n’avons pas fait de bêtises. À moins que l'on me dise le contraire, et je suis ouvert à l’entendre. Nous avons déroulé ce que nous avions à faire. Nous n’avons pas pris de risques inutiles, mais cela n’aurait servi à rien.
Il y avait un tel écart… Honnêtement, le rythme imprimé par Cadillac et BMW, chapeau à eux. Ils ont compris quelque chose que nous n’avons pas encore compris.
La chaleur a-t-elle joué ?
Oui, et puis ce sont aussi les spécificités de notre auto, son exploitation. Nous étions un peu en délicatesse avec les freins. Et les freins, pour un pilote, c’est la clé de la confiance. Nous n’avons pas su leur amener ce qu’il fallait pour les mettre pleinement en confiance. Ils ne demandaient que cela. C’est surtout cette difficulté que nous avons dû affronter.
Que retenez-vous de cette aventure au Mans avec Alpine ?
Le faire avec un partenaire qui a cet ADN, et qui nous a permis de vivre des rêves et des succès incroyables, c’est quelque chose de très fort. Je suis très fier du parcours que l’on a fait ensemble. Je crois que le cœur de chacun d’entre nous restera bleu jusqu’à la fin de ses jours.
Commentaires (2)
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Bastien
16 juin. 2026 • 14:23
PierreBid
16 juin. 2026 • 14:34
entre la figuration en F un et une réputation en endurance ...
M.SInault n'a pas à rougir de toutes ces années magnifiques.