Le Mans

Abdulla Al-Khelaifi : « Courir les 24 Heures du Mans est un rêve devenu réalité »

24 Heures du Mans
16 juin. 2026 • 10:00
par
Laurent Mercier, au Mans

Pour la première fois de son histoire, le Qatar était représenté aux 24 Heures du Mans par une équipe portant les couleurs du pays. Engagée sous la bannière Team Qatar by Iron Lynx, la Mercedes-AMG GT3 confiée à Abdulla Al-Khelaifi, Julian Hanses et Giuliano Alesi a permis au Qatar d'écrire une nouvelle page de sa récente histoire en sport automobile dans la plus célèbre course d'endurance au monde.

Soutenu sur place par les représentants de la Qatar Motor and Motorcycle Federation (QMMF), Abdulla Al-Khelaifi a vécu une étape majeure de sa carrière. Le pilote qatari est revenu pour Endurance-Info sur son parcours, la popularité grandissante de l'endurance dans son pays et les ambitions de développement du sport automobile qatari.

Que représente votre présence aux 24 Heures du Mans ?

Être au départ des 24 Heures du Mans représente énormément pour moi. Depuis mes débuts en compétition, participer à cette course mythique figurait parmi mes objectifs, tout comme courir en WEC. Aujourd'hui, c'est un rêve qui devient réalité.

Au début de ma carrière, cela relevait davantage du rêve que d'un véritable objectif. J'ai commencé à courir dans mon pays, en Tourisme, avant de poursuivre ma progression au Moyen-Orient dans les championnats Creventic. J'ai ensuite rejoint les compétitions européennes de la même série avant d'évoluer aujourd'hui en European Le Mans Series.

Les 24 Heures du Mans étaient-elles déjà connues au Qatar avant l'arrivée du WEC à Lusail ?

Absolument. Bien avant que le WEC ne dispute une manche au Qatar, les 24 Heures du Mans bénéficiaient déjà d'une certaine notoriété dans le pays. Je dirais même que la génération née au XXIe siècle connaissait cette course depuis longtemps.

Le jeu vidéo Gran Turismo a d'ailleurs joué un rôle important dans la popularisation de l'épreuve auprès des jeunes. Les passionnés connaissent le circuit et suivent l'événement depuis des années. L'arrivée du WEC à Lusail a naturellement renforcé cet intérêt. Désormais, les fans qataris suivent l'ensemble du championnat et pas uniquement la manche organisée à domicile. C'est également mon cas.

Comment voyez-vous le développement du sport automobile au Qatar ?

Le Qatar dispose aujourd'hui de meilleures infrastructures et de davantage d'opportunités pour développer le sport automobile, notamment à travers le karting. L'objectif est de voir émerger davantage de jeunes pilotes qataris dans les années à venir.

Nous avons déjà plusieurs jeunes talents engagés en karting qui devraient prochainement passer en monoplace. Ensuite, certains pourraient poursuivre leur carrière en GT ou en LMP2. Le potentiel est là et la Fédération dans cette direction.

Que représente la présence d'une équipe baptisée Team Qatar aux 24 Heures du Mans ?

Nous avons toujours porté haut les couleurs de la QMMF, la fédération qatarie de l'automobile et de la moto. Cependant, voir une équipe engagée sous le nom de Team Qatar aux 24 Heures du Mans apporte une visibilité supplémentaire et suscite encore plus d'intérêt autour de notre projet.

Quels sont vos projets pour 2027 ?

Il est encore trop tôt pour confirmer mon programme de 2027. L'objectif est de disputer une saison complète en WEC. Toutefois, la priorité sera d'obtenir une place sur la grille, car le nombre d'engagés reste limité. En revanche, une nouvelle saison en European Le Mans Series semble déjà très probable.

Peut-on imaginer un projet qatari en prototype dans le futur ?

Oui, c'est une possibilité. À moyen terme, la QMMF pourrait être impliquée dans un programme prototype, avec ou sans moi. Notre ambition est claire : voir un jour un équipage entièrement qatari prendre le départ des 24 Heures du Mans.

Comment jugez-vous la Mercedes-AMG GT3 et quelles sont vos impressions sur le circuit ?

La Mercedes-AMG GT3 correspond parfaitement à mon style de pilotage si je dois la comparer à l'Audi que je pilotais l'année passée. J'apprécie particulièrement le comportement d'une voiture équipée d'un moteur avant.

Concernant la course elle-même, je trouve la gestion du trafic plus simple au Mans qu'en European Le Mans Series. Les prototypes disposent d'un avantage de performance qui facilite les dépassements, notamment dans les virages. Parmi mes portions préférées du circuit, je citerais sans hésiter les Virages Porsche et les Esses de la Forêt, principalement de nuit. 

Commentaires (1)

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bf67340

16 juin. 2026 • 10:55

Un lien de parenté avec le patron du PSG?