Le Mans

Valerio Rinicella (IDEC Sport) : « Passer de spectateur à pilote au Mans, c'est quelque chose de très fort »

24 Heures du Mans
10 juin. 2026 • 16:00
par
Laurent Mercier, au Mans
Photo : MPS Agency
À seulement 19 ans, Valerio Rinicella fait ses premiers pas sur le grand circuit des 24 Heures du Mans. Actuellement engagé en LMP2 chez IDEC Sport au Mans et soutenu par Genesis Magma Racing via le Trajectory Program, l'Italien fait partie des jeunes pousses que l'on verra sans aucun doute dans la catégorie reine à moyen terme. 
 
Après un passage en monoplace, Valerio Rinicella, champion Asian Le Mans Series 2024/2025, a roulé en LMP3 la saison dernière avant de faire un retour, cette fois à plein temps, en LMP2 en European Le Mans Series. 
 
Valerio, quelles sont vos premières sensations sur ce tracé mythique du Mans ?
 
Je suis vraiment heureux. C’est un circuit long, en partie ouvert à la circulation le reste de l'année, et le premier secteur est tout simplement incroyable. Même si la voiture est un peu plus lente qu'en ELMS à cause du kit spécifique "Le Mans", piloter une LMP2 ici reste une expérience extraordinaire. Ce qui change beaucoup, c’est la gestion du trafic. En ELMS, c'est moi qui dépasse tout le monde, mais ici, je dois constamment surveiller mes rétroviseurs pour laisser passer les Hypercars. L’atmosphère est fantastique, on sent que tout le monde ici est animé par une pure passion.
Photo : MPS Agency
 
Est-ce que participer au Mans était un objectif de longue date pour vous ?
 
Ma carrière a commencé avec l’objectif d’atteindre la Formule 1, mais j’ai toujours rêvé de faire de l’Endurance. Pour moi, Le Mans est une course spéciale, totalement différente du reste et extrêmement importante. C’est un rêve qui devient réalité ; je suis enfin là et je vais pouvoir piloter. L'année dernière, j'étais venu en spectateur pour observer le lancement du programme Genesis Magma Racing, et j'avais aussi participé au Road to Le Mans en LMP3 pour découvrir le grand circuit. Passer de spectateur à pilote au Mans, c'est quelque chose de très fort.
 
Vous bénéficiez d'un soutien important de la part de Genesis Magma Racing. Quel est votre rôle exact auprès d'eux ?
 
Je suis actuellement dans ce qu’ils appellent un « Trajectory Program ». Le plan est qu’ils me soutiennent pour que je puisse intégrer leur programme Hypercar le plus tôt possible. J'ai déjà pu les aider lors de tests privés en début d'année. Pour le moment, je ne brûle pas les étapes : j’apprends, j’évite les erreurs et je reste calme. Concernant un possible "Rookie Test", la situation mondiale actuelle rend les choses incertaines pour cette année, mais j’espère monter dans la voiture l'année prochaine.
Photo : MPS Agency
 
Pourquoi avoir choisi de quitter la monoplace pour l'endurance si tôt dans votre carrière ?
 
Le déclic a eu lieu après avoir couru en Asie. J’ai commencé à adorer la LMP2 et l’ambiance particulière des courses d’endurance, bien plus que celle de la monoplace. J’ai pris une année de réflexion en Espagne avec mon ingénieur pour grandir en tant que pilote, mais aussi en tant qu'homme. À 19 ans, je ne me presse pas ; j'ai le temps de gagner en expérience et d'accumuler les kilomètres.
 
Quel bilan tirez-vous de votre début de saison en European Le Mans Series ?
 
En tant que débutant, c’est un très bon départ. Avec mes coéquipiers Jamie (Chadwick) et Laurents (Hörr), nous avons déjà décroché deux quatrièmes places. Nous ne sommes peut-être pas les plus rapides, mais nous commettons moins d'erreurs que les autres et notre stratégie est solide. Au Paul Ricard, par exemple, nous avons été disqualifiés en qualifications et sommes partis derniers pour finir quatrièmes. C’est ce que j’aime dans l’endurance : on ne peut jamais prédire ce qui va se passer, il faut se battre jusqu’au bout.
Photo : MPS Agency
 
Le soutien de Pro Racing Motorsport dirigé par Marco Cioci et Giancarlo Fisichella est important ?
 
Il est essentiel. J’ai grandi avec eux, et particulièrement avec Marco qui me pousse énormément. Il m’a aidé à évoluer en tant qu'homme avant même de parler de pilotage. Il est d’ailleurs présent avec moi au Mans pour m'épauler durant la nuit. Il a beaucoup plus d’expérience que moi pour gérer ce genre de moments, et je lui en suis très reconnaissant

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