Le Mans
Thibaut de Mérindol (Duqueine Team) : « La passion a pris le pas sur la raison »
10 juin. 2026 • 8:00
Absente en 2025, l'équipe Duqueine Team fait son retour aux 24 Heures du Mans pour la sixième fois depuis 2020. L'hiver dernier, l'organigramme a bougé suite à l'arrivée de R-ace GP en tant coactionnaire dans l'écurie qui conserve son nom initial.
Basée en Vendée à Fontenay-le-Comte, l'écurie R-ace GP est présente en European Le Mans Series et Michelin Le Mans Cup en Duqueine D09 LMP3, cette fois en tant que client lambda du constructeur alésien.
Avant le début des hostilités sur le grand circuit des 24 Heures du Mans, Thibaut de Mérindol, patron de R-ace GP, s'est entretenu avec Endurance-Info au sein de la structure Duqueine Team. L'équipe ne verse pas dans le bling-bling et a parfaitement compris que l'on vient au Mans pour faire de la course automobile, pas pour impressionner les copains. À elle seule, cette philosophie mériterait une récompense, tant Duqueine Team apparaît comme l'une des structures les plus sobres et les plus engagées dans une démarche durable du paddock. Le fameux sustainable.
Quel est votre premier sentiment sur ces 24 Heures du Mans ?
Pour moi, ce sont les premières à titre personnel. Je suis un pur produit de la monoplace. J'étais déjà venu ici pour me balader, mais je n'avais jamais officié auparavant.
L'envie de voir R-ace GP au départ des 24 Heures du Mans est récente ?
Je ne me suis jamais dit qu'on ne ferait jamais Le Mans, mais avant 2023 et la décision de développer nos activités vers l'endurance, je n'avais pas de plan précis. Ce n'est devenu un objectif qu'à partir du moment où on a commencé à s'intéresser à l'endurance. On a suivi le cursus avec le LMP3. Ça s'est même fait plus vite que ce qu'on aurait pensé.
Comment se passe le début de meeting ?
Le timing se gère différemment de la monoplace. Il y a beaucoup de travail de préparation et beaucoup de choses nouvelles car une bonne partie de l'équipe découvre les 24 Heures. L'équipe est sur place depuis lundi dernier, donc on a le temps de se préparer et de se mettre en place. C'est moins "sprint" que la monoplace, même dans la préparation.
L'équipe technique de la monoplace officie au Man ou c'est une équipe dédiée ?
C'est l'équipe qui fait l'European Le Mans Series en LMP2, renforcée par quelques gars de l'équipe ELMS LMP3. Il n'y a pas de renfort spécifique de l'équipe monoplace pour la course.
La préparation en amont a été importante ?
Oui, une grosse préparation de la voiture et du matériel. On est activement dessus depuis le retour du Paul Ricard, même si c'était anticipé depuis février. On met quasiment une voiture toute neuve ici.
L'équipage est solide sur le papier, avec notamment le renfort de Julien Andlauer...
C'est top d'avoir Julien avec nous. Il apporte toute son expérience et sa vitesse. Dès le départ, on savait que Giorgio (Roda) ne ferait pas Le Mans cette année. Richard et Doriane étaient actés, donc on avait un baquet libre. On a étudié plusieurs options de pilotes Bronze, Silver ou Gold, et discuté avec plusieurs pilotes Pros. Avec Gilles (Duqueine), nous avons décidé que Julien était une opportunité qu'il ne fallait pas laisser passer, même si c'est un investissement financier important par rapport à un pilote Bronze qui paierait son programme.
On s'est demandé si ce n'était pas trop tôt pour notre organisation, mais la passion a pris le pas sur la raison. On voulait maximiser la compétitivité et la qualité du staff, c'est l'ADN de notre projet commun avec Gilles.
Le début de saison en ELMS est positif ?
Je suis content, même si on a encore une grosse marge de progression sur les réglages. Nous n'avons pas la moindre erreur sur la stratégie et nous sommes en tête du championnat Pro-Am. Les gens ont cru en ce projet, que ce soient les ingénieurs ou les mécaniciens, sans doute grâce au sérieux et à la culture de la gagne qu'on a en monoplace. Je crois savoir que Julien lui-même a été rassuré sur notre sérieux par Sébastien Philippe de chez ART GP.
À l'avenir, l'idée est de passer à deux voitures ?
On verra en fonction des opportunités. Deux voitures offrent plus de marge de manœuvre financière et sportive, mais il faut qu'il y ait de la place. Pour l'instant, on se concentre sur notre programme actuel. On envisage aussi de faire l'Asian Le Mans Series cet hiver en LMP2 et LMP3.
Photo : MPS Agency
Et pour ce qui est du nom de l'équipe ? Vous restez sous le nom Duqueine Team ?
Oui, en LMP2 c'est Duqueine et en LMP3 c'est R-ace GP. Mais il faut comprendre que nous ne sommes pas prestataires pour Duqueine ; nous sommes coactionnaires. L'équipe Duqueine, c'est nous. J'ai la même attache sentimentale pour l'équipe Duqueine en LMP2 que pour R-ace GP en LMP3
Justement, que retenir du début de saison LMP3 ?
Les choses se passent bien. En Michelin Le Mans Cup, on est en tête avec la voiture n°85. On a eu quelques déboires avec la n°86, notamment au Paul Ricard où on a perdu l'arrière, ce qui nous a coûté cher alors qu'elle aurait pu jouer le podium. En ELMS, on a manqué d'un peu de réussite en course, que ce soit à Barcelone ou au Paul Ricard. Cependant, notre niveau de performance actuel nous laisse penser que nous sommes tout à fait en mesure de jouer la gagne.
Photo : MPS Agency
Vous envisagez donc également de l'Asian Le Mans Series cet hiver ?
Oui, l'envie est là pour cet hiver, à la fois en LMP2 et en LMP3. On attend de voir comment l'organisation se met en place au Moyen-Orient et quel sera le calendrier, mais c'est clairement dans les projets.
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