Le Mans

Louis Delétraz (Jota) : « Aujourd’hui, mon ambition est différente »

24 Heures du Mans
10 juin. 2026 • 12:00
par
EI, au Mans

Appelé en dernière minute pour remplacer Alex Lynn au sein de Cadillac Hertz Team Jota lors des 24 Heures du Mans, Louis Delétraz s'apprête à découvrir la catégorie Hypercar au Mans, lui qui roule pour Cadillac WTR en IMSA. Entre son intégration express, les progrès de la Cadillac V-Series.R, sa frustration en IMSA et ses ambitions pour l'avenir, le pilote suisse s'est confié à Endurance-Info.

Comment avez-vous appris votre arrivée chez Cadillac pour les 24 Heures du Mans ?

C'est arrivé très rapidement. J'ai été informé de la situation d'Alex seulement la veille de l'annonce officielle des équipages. Évidemment, la première chose est de lui souhaiter un bon rétablissement. Ensuite, quand une opportunité comme celle-ci se présente, il faut la saisir. Je ne m'attendais pas du tout à être dans cette situation. J'étais concentré sur mon programme IMSA et rien n'était prévu concernant une participation en Hypercar au Mans.

L'intégration dans l'équipe a-t-elle été facile ?

Je connaissais déjà la voiture, ce qui aide énormément. L'équipe est différente, mais je retrouve beaucoup de personnes avec lesquelles j'ai déjà travaillé par le passé. Je dirais qu'environ la moitié des membres de l'équipe sont des visages familiers, que ce soit de WRT ou de TF Sport. L'autre moitié était plutôt composée de concurrents que j'ai côtoyés ces dernières années. Les méthodes de travail sont très similaires. Les procédures, l'organisation et la philosophie sont quasiment identiques, ce qui facilite énormément l'adaptation.

Votre expérience de la Cadillac constitue forcément un avantage ?

Oui, clairement. J'ai déjà roulé à Spa avec cette voiture et je connais bien les règlements WEC et ELMS. Cela permet de gagner un temps précieux lorsqu'il faut s'intégrer rapidement dans un nouvel environnement. Dans une préparation aussi courte, chaque détail compte.

Comment fonctionne le partage d'informations entre les Cadillac engagées au Mans ?

Il est total. C'est vraiment l'un des points forts du programme. Nous travaillons dans une logique de "One Team". Toutes les données sont partagées entre les voitures voitures. Cela concerne les réglages, les analyses, les développements réalisés lors des dernières courses et toutes les informations techniques disponibles. Cela vaut pour l'ensemble des cinq Cadillac qui roulent. Ce qui a été appris à Laguna Seca, Spa ou Détroit profite immédiatement à l'ensemble du groupe. Avec des voitures aussi sophistiquées, cette mise en commun est extrêmement précieuse.

Cadillac a-t-elle progressé ces derniers mois ?

Oui. Les évolutions apportées à la voiture ont surtout permis de la rendre plus constante. Aujourd'hui, elle fonctionne mieux dans des conditions de température et de météo variables. Cela facilite l'identification de la bonne fenêtre d'exploitation. Maintenant, comme toujours au Mans, la vérité viendra de la piste. Nous aurons une idée plus précise du potentiel réel de la voiture lorsque la semaine de course débutera.

Comment jugez-vous votre début de saison IMSA avec Wayne Taylor Racing ?

Il y a forcément un peu de frustration. Les performances sont souvent là, notamment en qualifications, mais les résultats ne reflètent pas toujours notre potentiel. L'équipe a connu une importante restructuration depuis la fin de l'année 2025. Beaucoup de nouvelles personnes sont arrivées et il faut du temps pour que tout fonctionne parfaitement. Cela dit, les progrès sont visibles et la tendance est positive. Il faut simplement poursuivre le travail.

AO Racing a facilement accepté votre départ pour Le Mans ?

Oui, et je leur en suis très reconnaissant. J'ai discuté avec PJ Hyett, Gunnar Jeannette et Tom Ferrier. Ils ont parfaitement compris la situation. Ils savent que gagner les 24 Heures du Mans au classement général est un rêve pour n'importe quel pilote d'endurance. Ils m'ont soutenu dans cette décision et je leur en suis reconnaissant.

Cette opportunité pourrait-elle se prolonger après Le Mans ?

Pour l'instant, je n'en sais absolument rien. Tout dépendra évidemment de la situation d'Alex et des décisions qui seront prises par Cadillac. Mais s'il y avait une possibilité de poursuivre le programme en Championnat du monde d'endurance, je l'accepterais immédiatement. Il existe d'ailleurs une situation assez particulière. L'équipe n'a pas marqué de points à Imola, ce qui signifie que je me retrouve avec le même total de points qu'elle. Théoriquement, il serait donc encore possible de jouer quelque chose au championnat.

Quels sont désormais vos objectifs en endurance ?

J'ai déjà eu la chance de remporter les 24 Heures du Mans en LMP2. C'était un moment exceptionnel. Aujourd'hui, mon ambition est différente. Je veux gagner dans la catégorie reine. C'est ce qui motive tous les pilotes qui arrivent en Hypercar. Participer aux 24 Heures du Mans avec Cadillac représente une opportunité incroyable et je compte en profiter au maximum.

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