Philippe Dumas : « Le championnat américain donne envie »

#2 TEQUILA PATRON ESM (USA) NISSAN ONROAK DPI SCOTT SHARP (USA) RYAN DALZIEL (GBR) BRENDON HARTLEY (NZL)

En relevant le défi de sortir une Nissan-Onroak DPi en seulement quelques mois, Onroak Automotive a pris un sacré pari. Le début de saison a été compliqué mais la saison 2017 s’est clôturée par une victoire au Petit Le Mans. Tequila Patron ESM est même passé tout près du doublé en Georgie. Pour son arrivée en DPi, l’écurie américaine dirigée par Scott Sharp a fait appel à un petit commando de français venant de chez OAK Racing avec à sa tête Philippe Dumas. L’ancien team principal d’OAK Racing sur le continent américain a su amener son expérience et ses compétences sur un dossier complexe. Entretien de fin de saison…

Le bilan 2017 est positif ?

« Nous avons posé l’auto sur la piste le 18 décembre. Il reste encore des pistes de développement aussi bien du côté de chez NISMO que du notre. Je me suis battu pour ce projet et j’en retire une petite fierté. L’équipe est solide et le mix Europe/Etats-Unis fonctionne bien. Je retrouve une atmosphère que j’ai connu dans le passé. Ici, c’est aussi ce qui peut faire la différence. »

Le travail va se poursuivre cet hiver ?

« L’IMSA a les données de toutes les autos, à l’exception de Mazda et Honda. De notre côté, on sait où on en est sur le châssis et le moteur. Nous avions un an pour homologuer l’auto et elle l’est.  On a encore du travail pour réduire le poids. Le règlement offre des opportunités de développement gratuit. Il faut trouver le meilleur compromis entre légèreté et résistance. On ne pensait pas que le moteur serait aussi lourd. Il faut aussi savoir que les autos embarquent pas mal de boîtiers IMSA pour près de 15 kg. Le moteur Nissan est le seul à être strictement de série, ce qui est dans l’esprit de la catégorie. Un moteur de GT3 n’a pas les mêmes contraintes qu’un moteur de P2. Nous aurons de nouveaux amortisseurs (Öhlins, ndlr) en 2018 à la demande de ESM. S’il y a un joker en P2, il sera aussi valable pour le DPi pour toutes les pièces communes P2/DPi. »

NISMO s’implique de plus en plus ?

« On commence à avoir un produit fiable. Il a fallu adapter le moteur à la boîte de vitesses. NISMO travaille beaucoup sur la périphérie. L’implication de NISMO sera la même en 2018. Il y a un contrat d’exclusivité avec ESM sur deux ans. Fin 2018, nous rediscuterons pour le futur avec NISMO. »

La performance est venue au fil de la saison…

« A Daytona, les deux autos ont vu l’arrivée, ce qui relève d’un petit miracle vu le timing plus que serré. On savait qu’on allait galérer quelques mois sachant tout de même que nous n’avons pas connu le moindre problème de châssis. Peu d’essais ont été bouclés avant le début de saison. On voulait être performant à Watkins Glen, ce qui a été le cas. Sebring a été plus compliqué. COTA s’est avéré correct, contrairement à Detroit. A compter de Watkins Glen, on connaissait mieux l’auto. Sans une casse moteur, on pouvait l’emporter à Mosport et Road America était notre terrain de jeu. »

Vous vous attendez à une plus forte concurrence en 2018 ?

« Ce qui est sûr, c’est que la concurrence ne sera pas inférieure. Toute l’équipe va tout faire pour jouer devant. On aura la structure pour cela. Sur les courses de 2h40, à nous de jouer l’intelligence. On a une chance de gagner le championnat. Nous aurons des équipages solides sur les grandes courses. On est parti de loin, mais le team s’est bien renforcé sur le plan de l’ingénierie. »

Comment se passe la relation avec l’IMSA ?

« Il n’y a rien à redire sur le sujet. Le rapport est honnête et fonctionne parfaitement. Je reste même surpris des libertés accordées aux P2. Aujourd’hui, une P2 est plus compétitive qu’une DPi. Tout le monde a la possibilité de gagner. »

L’arrivée de Penske va changer les choses ?

« Penske fait partie des références et c’est un vrai plus pour le championnat. Il faudra être malin, mais personne n’est imbattable. Le concept DPi est exceptionnel, ce qui fait que personne ne peut mettre 4 secondes à un autre concurrent. On sait que Penske sera très bien préparé. »

On vous sent à l’aise aux Etats-Unis. C’est le cas ?

« Je suis venu chez Onroak pour le programme Morgan aux Etats-Unis. Ce projet DPi me tient à coeur et Scott Sharp me fait entièrement confiance. Le développement de la partie européenne me plait également. »

Il est prévu de voir plus de châssis Onroak Automotive en 2018 sur le continent américain ?

« En étant positif, entre 6 et 8. Le timing s’avère serré. Des discussions sont en cours avec différentes équipes pour les Etats-Unis. Le championnat américain donne envie. Ligier a accroché une victoire de prestige à Laguna Seca. »