Patrick Pilet : « J’ai énormément appris au volant d’une Porsche 911 GT3 Cup »

Braselton: 2018 Motul Petit Le Mans on October, 14, 2018, (Photo by Hoch Zwei) Porsche GT Team: Patrick Pilet

La Porsche Carrera Cup France est réputée pour faire éclore de jeunes pépites. Plusieus d’entre eux sont devenus par la suite pilotes officiels de la marque allemande. Lauréat de l’édition 2007 de la série tricolore, Patrick Pilet est l’un des actuels pilotes usine Porsche et dispute, entre autres, l’IMSA et les 24 Heures du Mans pour le constructeur allemand. Il est aussi le parrain de la Carrera Cup France et est très investi dans la détection et la formation des jeunes pousses, dont certains passeront ensuite par la Porsche Mobil 1 Supercup, l’étape supérieure.

Vous avez gagné le titre en Porsche Carrera Cup France en 2007 (quatre victoires). Que gardez vous en souvenir de cette période ?

 « Ce fut un grand changement pour moi. J’évoluais jusqu’alors en monoplace (en World Series by Renault, ndlr) et je suis alors passé à la Porsche Carrera Cup. Tout était nouveau pur moi : l’équipe dans laquelle je me trouvais, la voiture et mon coéquipier qui découvrait aussi la catégorie. L’objectif était de faire deux saisons pour remporter le titre, mais avec du travail et de la chance, nous avons gagné dès la première. J’en garde évidemment de supers souvenirs surtout le jour où je suis monté dans cette auto pour la première fois. C’était un vrai défi de la piloter, mais, en même temps, c’était très excitant. Ce fut surtout le début d’une longue histoire… »

Et vous avez battu Fred (Makowiecki) cette année là qui évoluait chez Nourry Compétiton car il est devenu vice-champion. Est ce que vous le taquinez toujours avec ça ?

«Pas tant que ça ! Il a piloté quelques années en Porsche Carrera Cup et a été champion quelques années plus tard (en 2010, avec 6 victoires, ndlr). Pour moi, ce fut un peu étrange car je ne suis resté qu’une seule saison. Je pense que je suis l’un des seuls pilotes à avoir roulé une seule année et gagné le titre ! Le seul autre est Earl (Bamber, allusion à la Porsche Carrera Cup Asie, ndlr), je crois. En ce qui concerne Fred, on en reparle de temps en temps, on en plaisante. Par contre, il a toujours été l’un de mes concurrents directs en 2007, mais nous n’avons jamais eu de grosses batailles en piste, ni contacts, ni accidents. »

Parlez nous un peu plus de Graff Racing dans laquelle vous évoluiez…

« C’est une écurie qui fait du LMP2 maintenant, en European Le Mans Series. Je la connaissais déjà avant car j’ai gagné mon titre de Champion de France Formule Renault 2.0 en 2004 avec eux. Cette structure était spécialisée dans la monoplace avant de passer en GT, un peu à cause de moi. J’avais de très bonnes relations avec Jean-Philippe Grand, le fondateur et patron. Je dois bien avouer qu’il m’a beaucoup aidé en monoplace et, sans lui, je n’aurais pas pu piloter, il m’avait fait un petit prix pour la saison en Formule Renault. Nous avons été sacrés ensemble. Un peu avant 2007, je sortais des World Series, je ne savais pas si j’allais continuer ou stopper ma carrière. J’avais aussi fait des essais au Japon pour faire de la Formula Nippon (appelée maintenant Super Formula, ndlr). Je ne savais pas trop jusqu’au jour où Jean-Philippe m’a appelé pour me demander si j’étais intéressé pour faire de la Porsche Carrera Cup. Je lui ai dit oui car mon but était de devenir pilote professionnel et être payé pour ce que j’aimais faire. Je me suis alors dit que la meilleure solution serait de disputer ce championnat puis après la Porsche Supercup et peut être devenir pilote officiel Porsche. C’était mon plan. J’ai eu de la chance que ça fonctionne plus vite que ce que j’avais prévu. Ce fut de très belles années. »

En pilotant une Porsche Carrera Cup, qu’avez vous appris ? Est ce que ce sont des choses qui vous servent encore ? 

« J’ai énormément appris avec car c’est vraiment une voiture spécifique à piloter. Il est extrêmement difficile d’être rapide avec ce type d’autos. La phrase que l’on peut entendre, « quand on est rapide avec une Carrera Cup, on est rapide dans n’importe quoi » est vrai. Par rapport à gars avec qui je roule en endurance, j’ai bien moins d’expérience qu’eux au niveau Cup car je n’ai fait qu’une seule saison. Ils ont pu la conduire sur deux, trois, quatre saisons, voire plus alors que moi j’ai pris part à 10 courses ! Je suis assez inexpérimenté par rapport à eux, mais je me rappelle que c’était dur d’être rapide avec. Il fallait vraiment travailler sur le moindre détail, tout devait être parfait. De plus, la compétition est vraiment féroce, il est donc nécessaire d’être à 100 % tout le temps. »

 

Et maintenant, vous êtes le coach des jeunes en Porsche Carrera Cup France…

« Tout à fait, depuis six ans. Nous avons la chance d’avoir de bons talents en Porsche Carrera Cup France. Certains sont même choisis par Porsche. Jean-Karl Vernay a été l’un des premiers. Il y a aussi eu Mathieu (Jaminet) et Julien (Andlauer). Nous avons aussi Ayhancan Güven qui n’est pas Français, mais qui évolue dans le championnat tricolore. Mon but est de donner un peu de ce que j’ai reçu lorsque j’évoluais en Carrera Cup. De mon temps, personne n’avait ce rôle, c’est-à-dire aider les juniors à progresser. Après 2007, j’ai continué à évoluer et j’ai eu un contrat officiel Porsche quelques années plus tard. Ensuite, j’ai été en contact avec Alex Gibot, le patron de la Carrera Cup, maintenant responsable de Porsche Motorsport Asia Pacific maintenant. Nous avons alors eu cette idée d’avoir une sorte de coach, quelqu’un pour aider les jeunes pilotes. J’aime ce rôle. Certes, je suis droit, dur avec eux parfois, c’est certain, mais ce monde n’est pas facile. Je veux juste les préparer au mieux pour le futur, à  être professionnel et à ne pas faire certaines erreurs quand vous êtes un pilote débutant. »