Alessandro Zanardi (BMW) : « Laissez-moi seulement en profiter… »

Alessandro Zanardi s’apprête à participer pour la première fois aux 24 Heures de Daytona, dans moins de deux semaines désormais. Le double champion CART et quadruple champion paralympique sera au volant de la BMW M8 GTE #24 du BMW Team RLL, avec pour coéquipiers l’Américain John Edwards, le Finlandais Jesse Krohnn et l’Australien Chaz Mostert.

L’Italien a pris part le week-end dernier au Roar Before the 24, sorte d’essais préliminaires des 24 Heures de Daytona, avec cette BMW équipée spécialement d’un système de freinage au volant. Sa prestation a été concluante puisqu’il n’a concédé que une seconde et deux dixièmes au plus rapide du quatuor, John Edwards, avec un chrono de 1.44.340 contre 1 43.110 à l’Américain, et seulement cinq dixièmes à Krohn et Mostert, performance d’autant plus remarquable que le temps d’Edwards a été effectué lors de la séance qualificative, la plus rapide du week-end, avec une BMW certainement plus allégée que pendant les sept autres séances. Le temps d’Alessandro Zanardi s’est situé à une seconde et huit dixièmes du meilleur chrono des GTE signé par Jan Magnussen sur la Corvette C7.R #3 (1.42.651), réalisé lui aussi dans la séance qualificative. Respect…

Alessandro, Daytona, ce n’est pas seulement une course, c’est l’une des épreuves de 24 heures les plus importantes au monde. Qu’en pensez-vous ?

« Daytona, à l’époque où je courais aux Etats-Unis, est une course dans laquelle beaucoup de mes mes coéquipiers et de mes concurrents s’engageaient car les dates ne rentraient jamais en conflit avec celles de l’IndyCar. Elle se situe très tôt dans la saison. Pour plusieurs raisons, je n’ai jamais eu l’opportunité d’y goûter, mais à force d’entendre mes coéquipiers parler de l’épreuve, de sa grandeur, de leur enthousiasme, ce qu’ils avaient à en dire, cela m’a rendu très curieux. Depuis très longtemps, je me disais : ‘un jour, tôt ou tard, je veux courir à Daytona’. Donc, avoir enfin l’occasion d’y être, de ne pas faire seulement acte de présence, mais y venir avec une machine très compétitive tout en représentant BMW au mieux de mes capacités en tant que pilote et ambassadeur de la marque est fantastique. J’ai vraiment hâte maintenant de prendre enfin le départ de cette course. « 

Ce week-end, vous et le BMW Team RLL, avez effectué la répétition générale de la course, le « Roar ». Êtes-vous bien préparés ?

« On n’est jamais suffisamment préparé. On ne se sent jamais totalement prêt même au moment du départ et que vous êtes en pole position. Le Roar a été un test très important, mais on ne sait jamais comment les autres vont revenir pour la course lorsqu’ils montreront le plein potentiel de leurs voitures. Cependant, c’est la règle du jeu. On essaie simplement de faire du mieux que l’on peut, d’analyser toutes les informations collectées et nous sommes assez confiants, nous avons fait du bon travail. »
 
Vous avez reçu un accueil sans pareil dans la paddock et de la part des fans américains. Cela vous rend-t-il encore plus impatient en vue de la course?

« Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Bien sûr, je savais que cela serait spécial, mais franchement je ne m’attendais pas à ce que cela le soit autant. Pour la course, cela le sera probablement encore davantage. L’enthousiasme des fans est extrêmement fort, mais dès que je me déplaçais pour une raison ou une autre, je ressentais encore un plus un élan d’enthousiasme incroyable. Les gens étaient sincèrement heureux et joyeux de me voir déambuler. Et tous ceux qui ont eu la possibilité de venir me voir et de me dire quelques mots ne l’ont pas du tout caché. Ils étaient très, très, très chaleureux dans leurs commentaires et, en même temps, ils m’encourageaient et étaient respectueux. Je suis très, très touché par le soutien que j’ai reçu. »

Comment se passe la relation avec vos coéquipiers ?

« Super bien ! Ces gars-là sont terribles. Jesse, Chaz et John sont des pilotes très talentueux, très professionnels et c’est fantastique et utile d’être dans une telle équipe, car y être avec ces hommes, c’est un plus énorme. C’est inévitable d’avoir de la pression car j’aimerais vraiment être performant à leur niveau et au mieux de mes problèmes personnels et de mon âge. Je vais essayer de faire de mon mieux, mais jusqu’à maintenant, je ne suis pas si loin derrière, vraiment. » 

Et votre collaboration avec le BMW Team RLL ?

« Tous les membres de l’équipe, à commencer par les gars de BMW M Motorsport qui sont venus en soutien depuis Munich et ceux qui vivent ici, membres à temps plein du BMW Team RLL, sont très professionnels, mais aussi très enthousiastes. On peut dire qu’ils sont très heureux d’être là, ils sont totalement impliqués et on se rend compte de leur passion pour ce qu’ils font. Ils veulent faire tout leur possible pour mettre toutes les chances de notre côté car en fin de compte c’est quand même une course, et de 24 heures dans laquelle beaucoup de choses pourraient mal se passer car on ne peut contrôler les choses qu’à un certain point. »

Est-ce que votre nouveau système de freinage, avec le levier au volant, s’est avéré bénéfique physiquement ?

« Physiquement parlant, c’est incomparable. C’est le jour et la nuit par rapport à ce que je connaissais avant. Donc oui, ça m’aide beaucoup plus que nous l’attendions quand nous avons commencé à chercher des voies à suivre dans cette direction. Donc oui, sur ce point de vue, c’est un succès à cent pour cent. Cependant, je dois encore penser à régler des trucs, quelques-uns des gestes que je dois faire. Je suis encore en apprentissage.J’espère pouvoir en apprendre davantage, mais je vais avoir 24 heures pour passer en revue mes données mentales et essayer d’appliquer la bonne technique. »

Quel sera le plus gros challenge pendant la course ?

 « Eviter les problèmes car j’ai déjà vu pendant le Roar que lorsqu’un un prototype arrive rapidement sur vous et que vous avez une GT lente devant vous, vous êtes comme le jambon dans un sandwich. Et on n’a pas envie d’être mordu. Eviter ça n’est pas si simple. »

Quand le drapeau à damiers sera abaissé le dimanche 27 janvier, que faudrait-il pour que vous soyez heureux ?

« Bon, je ne serai pas totalement heureux car quand c’est fini, c’est fini. Même si nous finissons par gagner la course, je suis sûr que je regretterai quand cette aventure spéciale et magnifique soit terminée. Donc, ne m’y faites pas penser – laissez moi seulement en profiter… »