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Hans-Joachim Stuck, l'ascension vers la victoire... (1972/1985)

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24 Heures du Mans
7 aoû. 2021 • 14:00
par
dbristol
Hans-Joachim Stuck est double champion du Monde des Voitures de Sport et compte pas moins de sept podiums aux 24 Heures du Mans dont deux victoires consécutives en 1986 et 1987 avec Porsche. Il est aussi le pilote allemand comptant le plus de participations, 19, en Sarthe devant Jörg Bermeister (17) et Jürgen Lässig (16). Il est tout simplement une légende de l’Endurance et Endurance-Info a eu le privilège de le rencontrer à l’occasion des 35 ans de sa première victoire…
Hans Joachim Stuck

Né le 1er janvier 1951, originaire de Garmisch-Partenkirchen, Hans-Joachim Stuck apprend à piloter en compagnie de son père Hans Stück, l'un des plus célèbres pilotes allemands d'avant-guerre, sur le Nürburgring. Il boucle son premier tour à l'âge de neuf ans. Comment voulez vous ne pas attraper le virus ! C'est précisément sur la Nordschleife qu'il prend le départ de sa toute première course en 1969 alors qu’il n’a que 18 ans.

 

L'année suivante, il remporte, à tout juste 19 ans, ses premières 24 Heures du Nürburgring au volant d'une BMW 2002 TI. Une performance qu'il va renouveler en 1998 et 2004, toujours au volant d’une voiture du constructeur bavarois. En 1972, il remporte le championnat DRM (l’ancêtre du DTM) avec 9 succès sur une Ford Capri RS de Zakspeed Racing. La même année, Hans-Joachim Stück fait équipe avec Jochen Mass sur une Ford Capri RS2600 aux 24 Heures de Spa, épreuve que les deux hommes remportent. Cela veut dire qu’à peine quatre ans après ses débuts, le pilote allemand compte déjà les 24 Heures de Spa et du Nürburgring à son compteur !

 

1972 marque aussi son apparition à une troisième course de 24 heures et pas n’importe laquelle : le Mans. Il est à nouveau au volant d’une Ford Capri 2600 RS de Ford Deutschland qu’il partage avec Jochen Mass. Les deux hommes seront moins en verve qu’à Spa car ils doivent abandonner. « C’était ma première venue au Mans. J’ai été choqué, de façon positive, par ce qu’il s’y passait. Cette foule, cette piste, tout ce qui représente Le Mans, c'est-à-dire l’une des trois plus grandes courses au monde. Ce que j’ai aimé du premier coup et que j’ai toujours adoré en Endurance, c’est cet esprit d’équipe, c’est à dire le travail entre l’écurie, les mécaniciens et les pilotes. Il y a une histoire très drôle à propos de cette première participation. Je dormais pendant que mon coéquipier était au volant. A un moment, il est passé devant moi, me disant 'hé Hans, passe une bonne nuit'. Je fus surpris de le voir là, mais, en fait, la voiture venait d’abandonner (rire)… »

Hans Joachim Stuck
Le Mans 1972 photo @ACO (D.R)

Il remet cela l’année suivante cette fois ci avec BMW sur une 3.0 CSL engagée par l’usine bavaroise (BMW Motorsport). Il est alors associé avec un célèbre pilote et ancien vainqueur (1966), Chris Amon. « Cette année là, je ne l’oublierai jamais car je pilotais une sorte de ArtCar. Cette auto était assurée pour des millions de dollars. Notre patron Compétition BMW de l’époque nous avait dit : « vous pouvez faire ce que vous voulez lors de cette édition, mais vous n’avez pas le droit de détruire la voiture ! » On lui avait alors répondu : « vous voulez qu’on court ou qu’on fasse un spectacle ? » Il nous avait alors rétorqué : « entre les deux » (rire) ! La course ne fut géniale car l’écart entre un pilote de course et un pilote qui fait le show est très difficile à trouver.» Les deux hommes ne voient pas l'arrivée à cause de la boîte de vitesses.

Hans Joachim Stuck
Le Mans 1973 photo @ACO (D.R)

On ne voit plus Hans-Joachim Stück pendant plusieurs années en Sarthe. « Je n’ai pas vraiment eu de bons volants pour y retourner ! » Il est plus occupé en monoplace notamment en Formule 2 où il devient vice-champion d'Europe en 1974. De par ses succès en Tourisme et en Formule 2, Hans-Joachim Stück débute en Formule 1 en 1974 chez March. Il dispute 81 Grands Prix et signe deux podiums. Il a marqué 29 points au championnat. Mais il a un souci : il mesure 1.94m et ce presque double mètre n’est pas facile à caser dans une F1. Il y reste jusqu'en 1979.

 

Après sa carrière en Formule 1, le pilote allemand revient à ses courses de prédilection, c'est-à-dire le Tourisme. Il se spécialise aussi en Endurance devenant l'un des meilleurs pilotes de la spécialité. Il est de retour aux 24 Heures du Mans en 1980, toujours avec BMW. Il pilote une M1 alignée par BMW Motorsport qu’il partage avec Dominique Lacaud et Hans-Georg Bürger. Les trois hommes vont finir 15e. Une autre édition avec BMW se déroule en 1981 toujours sur une M1 « BASF » Team GS Tuning avec Jean-Pierre Jarier et Helmut Henzler (abandon).

Hans Joachim Stuck
Le Mans 1980 photo@ACO (D.R)

En 1982, il roule sur une Sauber SHS C6, toujours de l’équipe BASF Team GS Tuning  avec Dieter Quester et le Français Jean-Louis Schlesser. Là aussi, les trois hommes ne voient pas le drapeau à damiers (support moteur). Pire, en 1983, sa voiture, une Sehcar C83 Brun Motorsport, est non partante. Il devait rouler avec le patron, Walter Brun, et Harald Grohs. « Je me suis engagé avec Brun Motorsport, mais la voiture marchait mal. J’ai alors commencé à rouler sur des Porsche 956 en Championnat du Monde des Voitures de Sports. J’ai alors pour but de montrer à Porsche ce que j’étais capable de faire. J’avais vraiment envie de débuter une 2e partie de ma carrière avec eux. J’ai été chanceux, c’est ce qu’il s’est passé, j’ai connu beaucoup de succès avec Porsche, ce fut une super période de ma vie. »

Hans Joachim Stuck
Sauber Le Mans 1982 @Vincent Laplaud

En effet, il devient pilote officiel Porsche dès 1985. « Stefan Bellof m’avait dit après que nous ayons couru ensemble à Imola qu’il ne pourrait pas continuer avec l'usine en 1985 car il était déjà engagé autre part. C’était fin septembre, début octobre. J’ai pris une bonne respiration et j’ai appelé le responsable Motorsport de chez Porsche. Je lui ai dit que s’il avait besoin d’un pilote pour la saison suivante, j’étais disponible. Il pensait que j’étais sous contrat autre part, ce qui n’était pas le cas. Il m’a répondu : 'passez me voir demain matin'. A 9 heures le lendemain, j’étais dans son bureau à Weissach. On a discuté une bonne heure, il m’a rédigé une lettre que j’ai signée. Je suis alors devenu pilote Porsche officiel. Ensuite, il m’a dit qu’avant de me montrer toute l’usine, il souhaitai m‘inviter à déjeuner. Le nouveau casino de Weissach venait juste de s’ouvrir. Dans la pièce où nous étions, il y avait deux boutons. Comme j’étais un homme qui aimait bien plaisanter, j’ai touché un des deux et 20 secondes plus tard, tout le casino était plongé dans le noir (rire). Il m’a alors dit : vous commencez bien Mr Stück ! » (rire) »

 

 Dès lors l’association Stück / Porsche fonctionne. Bien épaulé par un triple vainqueur des 24 Heures du Mans à ce moment là, Derek Bell, les deux hommes vont décrocher le titre du Championnat du Monde des Voitures de Sport en 1985 puis en 1986.

Hans Joachim Stuck
Le Mans 1986 photo @ACO (D.R)

A suivre…

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