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Pierre Ragues (partie 2) : "Rouler en GTE n'est pas une punition, bien au contraire !"

24 Heures du Mans
European Le Mans Series
22 oct. 2021 • 14:00
par
dbristol
Après avoir parlé rallye et présidence de la Ligue sport auto de Normandie, on aborde le sujet de la finale de l'European Le Mans Series à Portimão où Pierre Ragues va rouler avec Franck Dezoteux et Côme Ledogar sur une Ferrari 488 GTE alignée par AF Corse. Cela pourrait déboucher sur un programme Endurance en 2022 et une nouvelle participation aux 24 Heures du Mans pour le Caennais...
ragues

Ce qui est frappant c’est que vous être Président d’une Ligue sport auto alors que vous êtes toujours en activité pilote ?

 

« C’est vrai, c’est un peu étrange car ce sont souvent des bénévoles. Dans ma vie active, je n’ai pas forcément le temps, il faut savoir s’entourer de bénévoles, qui sont essentiels à l’organisation d’épreuves, qui sont motivés et qui ont envie de changement. J’ai la chance de pouvoir faire des épreuves un peu partout dans le monde et cela me permet de voir ce qui se fait de bien ou de moins bien, de voir quelles sont les bonnes pratiques. Il faudra ensuite les répercuter sur les bénévoles. Le fait de rouler encore me permet aussi de rencontrer beaucoup de gens de la FIA, par exemple, et de parler sécurité. Les circuits sont de mieux en mieux encadrés, tout évolue, mais le rallye a lui encore besoin de progresser. Cela progresse, d’ailleurs ils viennent d’annoncer en WRC pour 2022 un système de caméra pour détecter la présence de spectateurs. (nouvelle caméra de sécurité à intelligence artificielle, conçue pour détecter les dangers potentiels sur les spéciales, ndlr). Avoir accès à ces gens là via de grosses épreuves de circuit et de rallye permet de récolter pas mal d’informations. On a un mandat de trois ans, nous n’allons pas tout révolutionner non plus, mais le but est d’apporter les bonnes pratiques d’ailleurs et de pas rester à se cantonner sur les pratiques d’avant."    

 

Troisième dossier. Vous êtes de retour en circuit ce week-end lors de la finale ELMS à Portimao. Vous piloterez une Ferrari 488 GTE Evo AF Corse avec Franck Dezoteux et Côme Ledogar. Comment ce projet s’est-il fait ?

 

« Je connais Félix Barré de 2SM Pilotage de Saint Malo depuis très longtemps. On était concurrent en karting en minimes / cadets. Il est devenu ingénieur chez IMSA Performance, un team de Rouen que tout le monde connait, distributeur Porsche dans la région avec Franck Rava et Raymond Narac, des gens que je connais aussi, des clients avec qui je suis en contact. Nous n’avons jamais réussi à rouler ensemble pour le moment, mais peut être un jour. Félix est quelqu’un avec qui j’ai toujours gardé contact. Un jour, il m’appelle et me parle d’un projet avec Franck Dezoteux. Avec sa société de simulateur de course, il suivait ce pilote qui avait por volonté de faire les 24 Heures du Mans. Il cherchait un pilote Silver avec de l’expérience. Je cochais donc pas mal de ces cases. Je suis donc allé à un rendez vous où il y avait les différents acteurs de ce projet. On s’est revu plusieurs fois, le courant est bien passé. Mon profil correspondait bien, ca a bien avancé jusqu’à un moment où on a décidé de faire une séance d’essais il y a quinze jours. Le but était de préparer la manche de Portimao qui aura lieu ce week-end. »

AF Road to LM

Cela fait en plus un moment que l’on ne vous a pas vu dans une GT en circuit…

 

« Oui, tout à fait, cela remonte à la Corvette C7.R de Larbre Competition. C’était une expérience que j’avais vraiment appréciée. Lors de cette saison 2016, j’avais pris un plaisir fou au volant de cette GTE. En 2017, j’avais eu des pistes pour continuer à faire du GT, mais cela ne s’était pas fait. Finalement, j’avais fait un mini programme avec Alpine où on finit 4e au général, 3e de notre catégorie aux 24 Heures du Mans. C’était vraiment chouette. Le GT m’avait donc vraiment plu et j’avais envie d’en refaire. Pour être honnête, jusqu’en 2016, j’avais un peu d’appréhension avec les GT, mais depuis cette saison avec la Corvette, je n’en ai plus. Je me disais donc que de refaire du GT faisait vraiment partie de mes plans. C’est évident que les LMP2 sont des voitures de dingues avec une super performance, mais en GTE il y a de belles bagarres, on prend du plaisir au volant. J’ai expliqué mon parcours à Franck et à Félix, ce dernier sachant parfaitement ce que j’avais fait, il avait regardé mes prestations en GT et trouvé qu’elles étaient bonnes. Certes, j’ai plus le profil d’un pilote de proto, mais je cochais pas mal de cases. Donc je suis content, retourner en GTE n’est pas du tout une punition pour moi, bien au contraire. De plus, j’ai la double nationalité italienne alors rouler sur une Ferrari et chez AF Corse ne peut qu’être bien. C’est une équipe emblématique dans le paysage de l’endurance. »

Corvette Larbre 2016

Cela déboucherait sur un programme Endurance 2022…

 

« Mon objectif est que cela débouche sur un programme Endurance pour 2022 avec comme point d’orgue les 24 Heures du Mans. Quel choix de championnat sera fait, c’est peut être encore un peu tôt. Ce sera en tout cas avec une Ferrari bien sûr et avec Franck. »

 

Faisant partie de la « famille » Signatech, on vous imagine aussi ravi suite à l’annonce de l’arrivée d’Alpine en Le Mans Hypercar…

 

«Pour Philippe et toute l’équipe Signatech, c’est top. Ca me fait plaisir, me fait chaud au cœur pour toutes les personnes qui y ont cru. C’est sûr qu’au début, le projet Alpine était du marketing, mais en sport auto, ce domaine reste important. Renault et Alpine avaient besoin d’écrire l’histoire, d’avancer et de progresser pas à pas et aujourd’hui cela débouche sur un super programme avec une belle page qui peut s’écrire. Le projet LMP2 est arrivé tôt, le programme A110 de série a eu un peu de retard et on sait pourquoi, il y a eu l'Alpine Cup, la GT4 puis la partie rallye. Quand on a vu la parade au Mans en aout dernier, avec Fernando Alonso, Esteban Occon, Lucas de Meo (Directeur général de Renault), on espérait tous qu’une annonce soit faite rapidement. Mais on sait que les constructeurs peuvent vite changer de stratégie. Maintenant que tout cela est officiel, cela fait très plaisir pour Philippe Sinault qui se bat depuis 2012 lorsqu’il a vendu le projet à Carlos Tavares. On a eu cette saison 2013 où l’on remporte le titre ELMS avec Nelson Panciatici puis tous les autres succès que l’on connait comme les 24 Heures du Mans LMP2 à plusieurs reprises, les titres WEC.

Alpine ELMS 2013

Que Philippe soit intégré dans ce projet, dans la catégorie reine, avec les moyens d’un constructeur, est une belle récompense pour lui et toute l’équipe technique à Bourges ! C’est bien par rapport à tout ce qu’il a fait avec Alpine !»

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