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Dorian Boccolacci : "Je pensais que ma saison en GT3 pouvait suffire pour être pilote pro !"

Porsche Carrera Cup France
22 juil. 2021 • 12:00
par
dbristol
Dorian Boccolacci évolue avec succès cette année en Porsche Carrera Cup France. Il roule au sein de la structure Martinet By Alméras et compte déjà quatre victoires en huit courses. Une belle réussite pour ce pilote qui découvre le championnat alors qui'il arrive de GT3 après être passé par la Formule 2. Endurance-Info a pu le rencontrer lors du dernier meeting disputé à Monza.
Dorian Boccolacci

Parlez nous de votre début de saison...

 

« Quatre victoires et une deuxième place, mais en terme de points, ça compte comme une victoire parce que c'est mon coéquipier, Jaxon Evans, qui était en invité, qui en a remporté une. Donc, voilà plutôt un bon début de championnat mais, il faut maintenir le niveau, même s'améliorer parce que tout le monde progresse au fur et à mesure de la saison. »

 

L'année dernière, vous rouliez en GT3 sur une Audi R8 LMS de Saintéloc. Pourquoi êtes-vous passé en Porsche Carrera Cup France ?

 

« Parce que je pensais être pilote professionnel dès cette saison chez un constructeur ! Il se trouve qu'avec toutes les restrictions Covid, c'est un peu compliqué en ce moment. Je trouvais que j'avais fait ce qu'il fallait l'année dernière, notamment aussi aux 24 Heures de Spa où j'ai roulé dans l'Audi R8 LMS officielle où on menait encore à deux heures et demie de la fin (avec Markus Winkelhock et Christopher Haase, ndlr). On finit quand même top 6 à une seconde et demie du quatrième. J’ai réussi à jouer aux avant postes pour les premières 24 Heures de ma vie. Je trouve que j'ai fait le job, je n’ai pas commis d'erreur pendant toute la course. Je suis celui qui a le plus roulé de mes coéquipiers et en grande partie sous la pluie. Ce sont donc des bons souvenirs, je pensais que ça pouvait suffire pour être pilote pro. Je n'ai pas eu les opportunités que j'attendais en GT3, j'en ai eu, par contre, une très bonne pour rouler avec le Team Alméras cette saison. Je sais que c'est une très, très bonne équipe et que je peux jouer la victoire. Et quand tu es pilote, au fond, c'est ce que tu veux ! »

Dorian Boccolacci

Le passage en Porsche Carrera Cup France, est ce que c'est pour mieux rebondir et retourner en GT3 ou est-ce pour suivre une filière Porsche ?

 

« C'est peut être un peu des deux options. Ça peut être la filière Porsche parce qu’on sait très bien que Porsche privilégie quand même les pilotes issus des Porsche Cup et de la Porsche Supercup, mais les autres constructeurs portent aussi un grand intérêt à regarder la Porsche Carrera Cup. Ils ont sorti de très bons pilotes de ces championnats et ça laisse pas mal d'options. Je trouve aussi que le pilote est plus mis en avant qu’en GT3 où les résultats du pilote sont un peu compliqués à suivre de l'extérieur. Si on ne s'y intéresse pas trop, c'est un peu plus difficile qu’en Porsche Cup où c’est un seul pilote dans une voiture. Après, c'est sûr que ce n’est plus de l'endurance, c'est du sprint. Mais avec l'expérience que j'ai eue l'année dernière sur les courses longues, j'ai pu quand même prouver que je savais gérer aussi les épreuves d’endurance et ne pas être qu’un pilote sprint. »

 

Vous avez une nouvelle voiture en Porsche Carrera Cup cette année. On entend souvent de la part d’ex-pilotes de Carrera Cup que quand on a conduit ce genre de voiture, on est capable de tout piloter. Est-ce vrai ?

 

« C'est vrai ! Ce n'est pas facile parce que, comparé à une GT3, il n'y a pas d’ABS, pas de traction control, mais ça, c'est un peu moins problématique. Par contre, c'est vrai que l’ABS, par rapport à une GT3, ça aide beaucoup. Pour se caler en GT3, on sait qu'on peut appuyer fort dans la pédale, on ne risque pas de bloquer et, du coup, ça nivelle un peu tout le monde au niveau du frein. En Porsche Carrera Cup, il faut freiner tard. Mais si tu freines trop tard, tu peux bloquer et, du coup, tu tires tout droit. Il faut donc trouver le juste dosage entre freiner tard, mais pas trop, afin de toujours trouver la bonne balance. L'équilibre est plus difficile à trouver en Porsche Cup qu’en GT3. »

Dorian Boccolacci

Arriver dans un championnat comme ça, gagner quatre à cinq fois en huit courses. Est-ce que vous pensiez dominer comme ça en débarquant dans ce championnat  ?

 

« Honnêtement, ça s'est fait un peu comme ça, ça s'est bien goupillé. J'avais fait une très, très belle pole au Castellet avec six dixièmes d'avance sur le deuxième. Ce fut d’ailleurs l’une des plus belles pole positions de ma carrière. Honnêtement, je prends vraiment course par course et je ne me prends vraiment pas la tête avec le championnat. J'essaie de faire du mieux que je peux, de finir à la meilleure place possible à chaque fois. Si je termine premier, tant mieux, si cela fait troisième ou quatrième, je prends ce qu'il y a à prendre et je travaillerai encore plus la prochaine fois pour essayer de retrouver la première place sans prise de tête. »

 

Est ce que rouler dans une formule monotype comme ça vous convient mieux que du GT3 où il y a cette fameuse BoP?

 

« Je ne dirais pas que ça me convient mieux ! A partir du moment où j'ai une voiture et que je me sens bien dedans, je prends du plaisir à rouler. Après BoP ou pas, on essaie de faire le maximum avec ce qu'on a, ça ne me dérange donc pas. »

 

Vous avez fait de la monoplace aussi en GP3 et Formule 2. Est ce que vous retrouvez un petit peu ce côté monoplace, ce côté sprint? Est-ce ce que vous aimez aussi dans ce championnat?

 

« Oui, c'est vrai que quand on passe en GT3 d'un coup, le pilote est moins mis en avant qu'en monoplace où on a sa propre voiture. En GT3, c'est plus le travail de toute une équipe, des autres pilotes, des ingénieurs, des mécanos, il faut trouver un set-up qui correspond un peu à tout le monde. Là, c'est vrai que, sur cette ambiance, le fait d'avoir sa propre voiture me fait penser un peu à la monoplace ! »

Dorian Boccolacci

Pensez-vous aux 24 Heures du Mans ? Dans la filière Porsche, il y a quand même pas mal d’anciens pilotes qui sont passés par la Cup pour arriver en endurance. Est-ce aussi quelque chose à laquelle vous pensez ?

 

« Bien sûr, les 24 Heures du Mans, c'est une course à laquelle je pense. J'ai toujours voulu les faire, c'est une épreuve mythique. Tous les pilotes le disent, c'est vrai, c'est quelque chose d'exceptionnel même avec l'ambiance qu'il y a sur ce circuit. Pour un pilote, le but est de gagner le maximum de grandes courses et Le Mans en fait partie. C'est sûr que c'est un objectif mais il faut trouver l'opportunité. Pour l'instant, j'essaie de faire ma place en tant que pilote professionnel et de trouver un constructeur qui me fasse confiance. En tout cas, je sais que je suis prêt. Il faut juste le prouver et le démontrer aux autres constructeurs. Et ensuite, l'opportunité se créera, j'en suis sûr ! »

 

Et cela passe d’abord par un titre en Porsche Carrera Cup France…

 

« Oui, c'est mon ambition. C'est bien parti, mais après, on sait qu’il ne faut pas se relâcher, c'est encore long. On est à la moitié du championnat et il reste l'autre partie. Sur chaque week-end, j'essaie de me concentrer pour essayer de gagner. Si on arrive à gagner pas mal de fois durant la saison et à ne pas faire de bêtises le reste du temps, je pense que ça peut faire un bon résultat à la fin ! »

Dorian Boccolacci

Commentaires (1)

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s.causero11@gmail.com

22 juil. 2021 • 17:30

Un excellent pilote qui mérite amplement de passer pilote Porsche. Il est tout de suite dans les temps du top quel que soit la discipline.