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Giorgio Sernagiotto : "Etre leader au championnat est un rêve, en particulier après nos années Dallara difficiles"

WEC
IMSA
15 juin. 2021 • 16:00
par
dbristol
Giorgio Sernagiotto est un homme qui arbore toujours un grand sourire dans le paddock, mais dimanche soir, il était tout simplement aux anges. Le pilote italien a en effet remporté sa toute première course WEC lors des 8 Heures de Portimão au volant de la Ferrari 488 GTE #47 de Cetilar Racing en Am. Endurance-Info est allé le voir à sa descente du podium !
Sernagiotto

Vous avez roulé pour la dernière fois avec votre Dallara P217 LMP2 aux 24 Heures de Daytona (Andrea Belicchi, Roberto Lacorte, Antonio Fuoco). Comment s'est passée votre course ?

 

« Je fus surpris car pas mal de monde m’avait dit que les 24 Heures de Daytona n’étaient pas une bonne course en termes de spectateurs et d’ambiance. Mais, c’est tout le contraire, tout le monde est passionné là bas et il y avait environ 50 000 personnes. C’était bon après cet hiver et la période Covid-19 de rouler à nouveau. J’aime beaucoup les règles de l’IMSA car vous êtes toujours proche des leaders à l’approche de la dernière heure. Et pour une fois, avec notre Dallara, nous étions dans le match grâce à la BoP. Malheureusement, nous avons eu ce problème de boîte de vitesses, mais cela reste une bonne expérience. Nous sommes ravis d’y être allés et, pour moi, j'ai réalisé un rêve, celui de rouler aux Etats-Unis. »

Dallara Cetilar Daytona

 

le nouveau championnat GTD Pro / GTD (Am) en IMSA pourrait être une bonne chose pour nous

 

Pourriez-vous y retourner en GT par exemple ?

 

« Oui, Roberto (Lacorte) y pense et si cela se fait, à 99%, ce serait en GTD avec AF Corse. De plus, le nouveau championnat GTD Pro / GTD (Am) pourrait être une bonne chose pour nous. Donc, oui, nous pensons à planifier quelque chose l’année prochaine, nous n'en savons pas plus exactement pour le moment mais Roberto et Amato (Ferrari, la patron d'AF Corse, ndlr) en parlent actuellement. »

 

Passons au WEC. Vous êtes passé de la Dallara LMP2 à la Ferrari 488 GTE #47 chez Cetilar Racing. Comment cela se passe avec cette auto ?

 

« J’adore cette Ferrari. C’est une voiture équilibrée et très performante. Nous pouvons rester au contact des meilleurs facilement. Amato nous a donné une superbe équipe d’ingénieurs et de mécaniciens. Je suis particulièrement fan de notre ingénieur en chef et de sa façon de faire. »

 

 A Spa, nous étions inquiets, nous avions enfin la machine pour nous battre aux avant-postes

 

Comment s’est passée votre première manche à Spa ?

 

« Après quatre années très difficiles en LMP2, nous étions inquiets. En Belgique, tout était réuni pour faire une bonne course et cela nous a finalement mis pas mal de pression. Nous avions enfin la machine pour nous battre aux avant-postes et nous avons réussi à faire une belle performance en faisant un podium dès notre première course. Ce fut génial ! »

Ferrari Spa

 

Mieux encore, vous signez une première victoire en WEC, à Portimão, ce week-end…

 

« Oui, c’est un sentiment bizarre. Nous avons roulé en ELMS et en WEC pendant plus de quatre ans, et c’était toujours la même chose, nous évoluions en dernière position de la catégorie. Pourtant, l’équipage est presque le même et maintenant, nous nous battons pour la victoire. Je suis super, super heureux. Amato et son équipe ont encore fait un super travail pour nous donner cette auto, Antonio a été très rapide encore une fois. Roberto a été très bon en Bronze lors des qualifications et en course. Pour ma part, en tant que Silver, j’ai eu une course difficile. Lors de mon premier relais, nous avons fait une petite erreur au niveau des pressions de pneus, en particulier avec l’arrière gauche. Dans la 2e partie de mon double relais, nous n’avons pas changé les pneus car nous avons eu un souci avec le pistolet. J’ai donc dû garder les gommes pendant deux relais ! Ce fut un cauchemar, je rendais 1 seconde et demie à Riccardo Pera (Porsche #56 Project 1) et Giancarlo Fisichella (Ferrari #54 AF Corse). J’étais en mode "défense", mes pneus étaient vraiment très abimés à la fin. J’ai fait du bon travail, je trouve, j’ai réussi à rouler avec pendant 85 / 90 tours et rendu la voiture à Antonio à la 2e place, pas très loin des premiers. »

Podium Am Portimao

 

Nous avons beaucoup de supporters en Italie

 

Vous allez arriver chez vous, en Italie, en tant que leader GTE Am…

 

« C’est juste incroyable ! Nous avons, en plus, beaucoup de supporters en Italie car nous sommes très Italiens : la voiture, l’équipe, l’équipage 100%, la déco de l’auto, etc…De plus, nous avons débuté à la base. En 2011, j’ai commencé à travailler avec Roberto, en tant que coach, en Championnat de Tourisme Italien avec une Alfa Roméo GT. Maintenant, dix ans plus tard, nous sommes leaders du WEC ! C’est un rêve, en particulier après ces années difficiles avec la Dallara.»

 

Vos attentes sont donc élevées au niveau du championnat…

 

« En Am, il y a six ou sept équipages vraiment forts et notre but est de toujours nous classer dans le Top 5. On verra ensuite au fur et à mesure. Il ne faut pas oublier que c’est notre première saison avec une GT après quatre ans passés en LMP2. Roberto fait du très bon travail, mais ce n’est pas facile de changer de catégorie, de gérer les pneus d’une autre manière, de piloter une voiture plus lourde. Certes, nous venons de gagner, nous sommes en tête du championnat, mais restons humbles !»

Portimao Ferrari Cetilar

 

Je comprends mieux maintenant ce que j’ai fait endurer aux GTE auparavant (rire)

 

Est-ce facile justement de passer d’une LMP2 à une GTE ?

 

« Passer d’une voiture difficile à une bonne voiture, oui, c’est facile (rire). Plus aisé que ce que nous pensions ! »

 

Vous êtes certainement impatient d’être aux 24 Heures du Mans avec une GTE et de vous battre pour un bon résultat…

 

« Ce sera notre 5e participation pour Roberto et moi, mais la première pour Antonio. Ce sera le même objectif que le WEC, c'est-à-dire rester dans le top 5 / 6 des Am puis nous verrons comment va évoluer la course. Je pense que ce sera plus difficile en termes de dépassements avec les LMP2 et les Hypercars. Mais je comprends mieux ce que j’ai fait endurer aux GTE auparavant (rire)»  

Ferrari Cetilar Portimao

 

Pour finir, un mot sur votre nouveau coéquipier, Antonio Fuoco…

 

« C’est un super mec, très rapide et en termes de technique, il est vraiment très fort. Il est très fin au niveau des réglages de la voiture. Tout semble plus simple avec un talent comme le sien à nos côtés. Je l’adore vraiment et pour moi c’est un plaisir de partager le cockpit avec lui. »  

Equipage Cetilar Racing 2021
Antonio Fuocco, le premier en partant de la gauche

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