Clément Mateu, entre bilan sans concession et nouveau départ
De retour en piste pour la dernière manche de la saison European Le Mans Series après trois mois loin des circuits, Clément Mateu a terminé sa campagne 2026 par une première ligne sur l'Aston Martin Vantage GT3 EVO / Racing Spirit of Léman en compagnie de Marius Fossard et Valentin Hasse-Clot. L’avenir s’écrira toujours en ELMS la saison prochaine sur un nouveau projet qui sera annoncé ultérieurement.
Vous n'étiez pas initialement prévu au départ de cette dernière course. Comment ce retour s'est-il organisé ?
Ce n'était pas prévu au départ. Si je n'avais pas couru, l'idée était de participer au Rookie Test en LMP2. Finalement, le baquet était disponible et nous avons réussi à trouver un terrain d'entente pour que je puisse faire mon retour. J'en suis très heureux. Il était important pour moi de terminer la saison en piste et de finir sur une note positive.
Vous envisagiez donc de découvrir le LMP2. Qu'est-ce qui vous attire dans cette catégorie ?
Après Imola, où j'avais ressenti beaucoup de frustration, j'avais envie de me faire plaisir au volant d'un prototype. En tant que pilote Bronze, la catégorie LMP2 pouvait aussi permettre de rouler dans un environnement un peu différent, avec moins de trafic à gérer. Mais l'opportunité de disputer cette dernière course a finalement pris le dessus sur le test en LMP2. Et s'engager en LMP2 ne se résume pas à un essai : il faut généralement envisager un programme sur deux ou trois ans. Mon objectif reste de retourner aux 24 Heures du Mans en gagnant ma place sportivement, grâce à un titre en GT. C'est la voie que je privilégie.
Vous avez également officialisé votre départ de Racing Spirit of Léman. Pourquoi avoir décidé de mettre un terme à cette collaboration ?
Au fil de la saison, j'ai ressenti une perte de confiance. À partir du moment où cette confiance n'est plus totalement présente, il devient difficile d'avancer sereinement. Je tiens néanmoins à être clair : j'assume ma part de responsabilité dans les résultats de cette saison. J'ai commis des erreurs, notamment à Barcelone et au Paul Ricard, et je ne cherche pas à les minimiser. Notre ambition était de faire mieux que la troisième place obtenue l'année dernière, mais nous n'y sommes pas parvenus.
Je veux aussi souligner la qualité du travail de l'équipe. La voiture a été parfaitement fiable et l'équipe a fait du bon travail sur le plan technique. La séparation ne remet pas en cause les qualités de l'écurie. C'est simplement le moment pour moi de passer à autre chose.
Cette saison a-t-elle été particulièrement difficile à gérer sur le plan personnel ?
Oui, parce qu'il y avait beaucoup de choses à gérer simultanément. Il y avait la pression du budget, l'objectif des 24 Heures du Mans, mon activité professionnelle et ma vie de famille. Tout cela finit par peser, surtout lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.
J'ai passé trois mois loin des circuits et cette période a été particulièrement difficile à vivre. Quand on est pilote, on a besoin de rouler, de se sentir impliqué et de pouvoir agir sur la situation. Rester à l'écart n'est pas évident.
Avec le recul, cette période m'a aussi permis de prendre un peu de distance. Cela m'a aidé à relativiser certaines choses et à écarter quelques doutes que je pouvais avoir sur moi-même.
Votre avenir se dessine toujours en ELMS dans la catégorie LMGT3. Que pouvez-vous nous dire sur ce programme ?
Je serai bien en 2027. Je vais quitter Aston Martin pour rejoindre une nouvelle marque. Le projet est déjà très avancé. L'accord global est quasiment finalisé, tout comme l'équipage, qui a été construit de manière à optimiser l'ensemble du programme. Pour le moment, je ne peux pas en dire davantage : c'est à l'équipe de communiquer officiellement lorsqu'elle le jugera opportun. Ce qui est certain, c'est que je suis très enthousiaste à l'idée de rejoindre ce nouveau projet.
Comment avez-vous construit le financement de ce programme ?
Environ 75 % du programme est financé par des partenaires et des sponsors indépendants. C'est un élément important, car la conjoncture économique reste exigeante et il faut parvenir à construire des projets solides pour s'inscrire dans la durée. Ce nouveau partenariat s'inscrit justement dans une perspective à long terme. Nous avons réussi à mettre en place quelque chose de prometteur, et c'est très motivant pour la suite.
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