Timo Scheider : « Je veux rouler au Mans avec Audi ! »
by Antho
Double tenant du titre en DTM, Timo Scheider est un touche à tout. Il a déjà gagné les 24 Heures du Nürburgring, en 2003, il s’est illustré en FIA-GT, avec la Maserati MC12, et il s’apprête à disputer les 24 Heures du Mans avec une Porsche GT3-RSR, après avoir disputé les 24 Heures du Nürburgring avec une Audi R8 LMS. Mais le pilote allemand veut aussi rouler en prototype à l’avenir ! Rencontre…
Timo, comment ce sont passés les tests d’hier ?
« Je n’ai fait que trois tours, un en essais libres et deux lors des qualifications. Le début de mon premier tour était plutôt bon, mais les conditions ont ensuite été horrible. Il s’est mis à pleuvoir, puis le brouillard est apparu. Ça devenait vraiment trop risqué de continuer. Je suis rentré et j’ai dit à l’équipe qu’on pouvait laisser la voiture au garage. Deux minutes après cela, la direction de course a décidé de déployer le drapeau rouge ! »
Le comportement de l’Audi est-il satisfaisant ?
« Oui, je pense que nous avons trouvé un bon équilibre. Si il pleut, si il fait sec, c’est bon. Je pense que nous avons la voiture pour viser le podium. Par contre, si les conditions sont changeants, ce sera plus difficile. Je crois qu’il faut aussi une part de chance. »
L’objectif, c’est de renouer avec la victoire ?
« J’ai gagné en 2003 et cela commence à faire long. Nous avons un solide équipage, de quoi nous battre avec Porsche, BMW, sans oublier les Nissan, Lexus… C’est le Nürburgring, les 24 Heures tout simplement. C’est l’épreuve la plus difficile ! »
En parlant d’épreuve de 24 heures, tu vas faire Le Mans avec la BMS Scuderia Italia. Comment cela s’est fait ?
« Au cours des dernières années, je rêvais de faire Le Mans. Audi a connu de nombreux bons moments là bas, et j’ai dis au Dr Ullrich ; « Je veux rouler avec Audi au Mans. Je lui ai demandé comment c’était possible de le faire. Mais à l’époque, nous avions jugé qu’il était préférable de se concentrer sur le DTM, particulièrement après mon premier titre, puis le deuxième.
« Puis j’ai eu un coup de fil du Team Manager de la BMS, que je connais depuis que j’ai roulé chez AF Corse en 2006. Il m’a demandé si j’étais intéressé, j’en ai parlé à Audi et j’ai rapidement dit oui, surtout qu’il y aura le soutien de Porsche, de Michelin et que l’équipage est bon ! »
D’ailleurs, tu connais bien Marco Holzer, non ?
« Exact. D’ailleurs, je voulais le faire avec lui. Il habite pas très loin de chez moi et je connais également toute sa famille. J’avais roulé pour Holzer Motorsport en DTM. C’est marrant parce que nous avions parlé de tout cela l’an dernier. »
Quel est le but final ? Prendre de l’expérience avant de rouler pour Audi ?
« Oui, c’est ça (sourire) ! Acquérir de l’expérience pour un jour piloter un proto… Je veux rouler avec Audi au Mans et je dois m'y préparer. »
Tu n’as jamais roulé en proto. Quand le Docteur Ullrich va t’offrir cette opportunité !
« Je ne sais pas, mais je suis impatient de le faire. J’ai roulé en A1 GP, en F3… Rouler avec une auto qui a des appuis ne me posera pas de problème. Mais c’est un long processus. Je dois prendre le temps de rouler, de bien préparer cette course difficile. Audi a des projets pour l’avenir, avec la construction de la nouvelle voiture. Il faut aussi penser aux équipages déjà en place et peut être qu’il y aura peut être plus de possibilités pour moi avec la mise en piste de cette nouvelle auto. »
Ton programme principal reste le DTM. Les débuts n’ont pas été faciles…
« Non, effectivement. La première manche a été plutôt difficile. Nous étions capables d’avoir un bon rythme, mais nous avons pas été très chanceux, notamment par rapport aux pneus. Mais nous avons fait des tests en Espagne et je suis plutôt optimiste. Tout en sachant que ce sera une rude bataille avec Mercedes qui veut reconquérir le titre et les voitures 2008 qui embarquent moins de kilos. »
BMW a annoncé son retour. Comment as-tu accueilli la nouvelle ?
« Très bien ! D’ailleurs, j’ai croisé Mario Theissen (le patron de BMW Motorsport) hier et je l’ai félicité. C’est bien pour le DTM. On savait tous que c’était nécessaire et je suis très heureux que ce soit le cas. D’autant que d’autres constructeurs sont intéressés. J’ai lu dans la presse Opel, Honda, et j’ai vu que Lexus-Toyota réfléchissait à différentes opportunités. Tout le monde a œuvré pour aller dans la bonne direction. »
Comment vois-tu le nouveau règlement ?
« Si on peut avoir un règlement avec des voitures qui courraient aussi aux Japon, aux USA ou je ne sais où, ce serait génial. Il y a beaucoup de bons pilotes sur la planète, mais peu de championnats professionnels capables de les faire rouler. Je sais que les coûts doivent être maitrisés, mais je pense également qu’il faut que les constructeurs montrent leur savoir technologique. Je crois néanmoins qu’il faudrait moins d’aéro afin de faciliter les dépassements. En tout cas, si je veux continuer en DTM durant les dix prochaines années, j’en serai ravi ! »
Propos recueillis par Anthony Megevand




