Rob Bell : « Il faut pousser Ferrari et Porsche »
by Rob
« Hello ! Après avoir été plutôt discret ces derniers mois, je reprend mon clavier pour vous envoyer ma chronique. Et comme cela fait un petit moment que je ne vous ai pas écrit, je vous propose de revenir en quelques mots sur le programme 2010 de JMW Motorsport, qui engage désormais une Aston Martin Vantage GT2. C’est un nouveau défi pour le team, et un nouveau défi pour moi aussi après deux titres Le Mans Series et une place de vice-champion l’an dernier. C’est toujours bien de relever un nouveau challenge. Cela revigore l’esprit du pilote. Avant, Ferrari testait pour nous des évos, et nous les confiait une fois prêtes. Nous nous chargions de développer les pneus Dunlop, une tâche déjà très intéressante et qui nous a vu progresser au fil des saisons. Cette fois, nous devons toujours travailler sur les pneus, mais en plus développer l’auto. C’est forcément très intéressant pour un pilote. La seule chose, c’est que l’on ne sait pas toujours comment les nouveautés vont fonctionner sur un week-end de course. Les tests ne sont pas la course, qui est juste plus difficile à tous les niveaux.
« De course, il en a été question lors des 8 Heures du Castellet, ce week-end. Pour être tout à fait honnête, nous étions un peu anxieux en arrivant au circuit Paul Ricard HTTT. Portimao, en février, devait être notre principal test pour les pneumatiques, mais la pluie a compliqué la tête. Nous sommes venus ici avec des gommes performantes, tout en sachant qu’elles n’allaient pas encore être optimales. En parallèle, nous avions reçu un nouveau châssis, avec plusieurs évolutions, dont un nouveau moteur. Nous abordions ce premier week-end avec une relative confiance, mais tout de même quelques inconnues.
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« Le début du meeting a été plutôt positif : les essais et les qualifs qui ont confirmé le potentiel de l’auto. Nous avons eu quelques petits ennuis lors des séances libres, mais rien de grave. Lors des qualifications, l’objectif était clair : claquer un temps. Il faut pousser Ferrari et Porsche. On sait qu’ils jouent un jeu, donc il faut attaquer au maximum pour qu’ils abattent leurs cartes.
« Comme nous avons eu un souci au niveau de freins lors du warm-up, nous savions qu’il serait difficile de boucler 8 heures sans le moindre problème. Mais le départ a été tout simplement incroyable : j’ai pu remonter jusqu’au deuxième rang. Le comportement de l’auto était bon : notre seul problème était la vitesse de pointe. C’était OK lors des deux premiers tiers de la ligne droite, mais après, nous plafonnions. Nous avons trop de trainée. En piste, la bataille faisait rage et je me suis retrouvé côté à côte dans Signes avec la Porsche de Patrick Pilet, puis dans la même position dans le virage suivant. Il y a eu un léger contact et je suis allé dans les bandes rugueuses, ce qui m’a fait retomber à la 7e place. Ça fait partie de la course.
« Nous étions toujours dans le coup, avec sept voitures qui se suivaient, formant un petit train. Malheureusement, dans le dernier virage, j’ai appuyé sur l’accélérateur et… plus rien ! La pression d’essence a chuté et j’ai emprunté la voie des stands. Heureusement que j’étais à cet endroit, sinon la course était finie. Les mécaniciens ont pu pousser l’auto jusqu’au box avant de résoudre le problème : le câble reliant la pompe à essence s’était déconnecté. Cela nous a coûté quinze tours et notre course s’est transformée en test grandeur nature.
« Darren a bien roulé et lorsque j’ai repris le volant, la Vantage était toujours compétitive. Nous avions le troisième meilleur tour, dans le même dixième que la GT2 la plus rapide. Hélas, le même problème s’est produit, mais au fond du circuit. J’ai ouvert le capot arrière pour essayer de réparer… sans succès. C’est dommage de s’arrêter ainsi,. C’est décevant parce que nous avions fait une belle course. Il y a des problèmes à résoudre : Aston Martin le sait et va travailler d’arrache-pied.
« Je termine par un mot sur le fait que les points ont été doublés à l’issue de cette première manche. On sait après les 8 Heures du Castellet que nous avons perdu le championnat. Certains teams ont aujourd’hui un avantage considérable sur le plan mathématique. Je le regrette et je dois vous avouer que cela va rendre les choses plus difficiles pour JMW et Aston Martin, qui doivent dépenser de l’argent tout en sachant que l’objectif initial est sérieusement compromis. C’est dommage… mais nous allons continuer à travailler. La semaine prochaine, je serai d’ailleurs en essais avec Dunlop… »
Rob
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