12H Sebring : Peugeot tient sa victoire !
by Antho
Après deux tentatives infructueuses en 2008 et 2009, Peugeot attendait cette victoire. Quoi que le Lion en dise, et bien que la préparation aux 24 Heures du Mans était prioritaire, un succès à Sebring est toujours bon à prendre. Le constructeur français a ouvert son compteur en Floride et ajoute une nouvelle ligne au palmarès déjà bien rempli de la 908 HDi FAP. Certes Audi n'était pas là. Certes, la concurrence n'était la plus relevée que les protos français aient eu à affronter, il fallait venir à bout de ces fameuses 12 Heures. La tâche n'était pas si facile que cela : Peugeot était attendu et n'aurait pas eu d'excuse en cas de défaite. On pouvait d'ailleurs sentir une petite pression au départ : le Lion avait tout à perdre, mais il a gagné avec une certaine maîtrise...
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La course a connu plusieurs rebondissements. Après une première heure mouvementée, avec un Emanuele Pirro dans le rôle de l'agitateur, les Peugeot ont pris la mesure de leurs adversaires. Restait à savoir laquelle des deux 908 HDi FAP s'imposeraient. On a longtemps pensé que ce serait la n°08, qui avait doublé son premier relais, contrairement à la n°07, et qui était tout simplement plus rapide. En témoigne le record du tour de Sébastien Bourdais. Mais c'était sans compter sur un safety car qui allait réduire l'avance de la n°08 à néant, puis d'une seconde neutralisation qui permettait à la n°07 de passer en tête dans les stands, avant une crevaison lente pour la n°08 et Pedro Lamy au cours de la neuvième heure... le jour de son anniversaire.
Malgré les efforts de Nicolas Minassian, puis ceux de Sébastien Bourdais dans le dernier quart de l'épreuve, la victoire ne changera plus de côté, Alexander Wurz assumant parfaitement la fin de course. Bourdais, dont la consommation été meilleur, partait même à la faute en sortant de son ultime pit-stop, mais la messe semblait déjà dite. On notera la meilleure consommation des Diesels, chose qui n'était pas si évidente que cela par le passé. Peugeot remporte d'ailleurs le Green X Challenge. Après leur victoire dans la Sarthe, Marc Gené et Alex Wurz s'imposent quant à eux dans une autre classique, alors que Anthony Davidson, convaincant pour sa première apparition avec le Lion, s'offre déjà un succès de prestige.
Qui en face de l'armada Peugeot ? Pas grand monde en fait. Après deux premières heures "surprenantes", la Lola-Judd du Drayson Racing est rentrée dans le rang : un contact pour Jonny Cocker, puis un problème d'alternateur et enfin de sérieux ennuis de surchauffe durant les trois dernières heures. L'équipe britannique a accusé Peugeot. Chacun se fera son opinion, mais on serait tenté d'être un peu moins affirmatifs. Toujours est-il que cette voiture a montré, lorsqu'elle est bien piloté, un bon niveau de compétitivité. Elle termine finalement 12e du Scratch.
C'est logiquement que Aston Martin Racing monte sur la troisième marche du podium. Logiquement, mais pas non plus brillamment. La Lola-Aston Martin a fait son job, ni plus, ni moins. Stefan Mücke, Adrian Fernandez et Harold Primat ont enchaîné les tours sans connaître de problème, avec une bonne stratégie sous safety car qui leur a permis de limiter l"cart avec les Peugeot.. Mais le proto britannique n'a jamais paru en mesure d'inquiéter Peugeot : elle a même souffert de la comparaison avec l'autre Lola, celle à moteur Judd. Il s'agit tout de même d'un bon résultat et tenir 12 Heures sur les bosses flordiennes est toujours une bonne chose. Gageons que le V12 Aston pourra également s'exprimer davantage dans les longues lignes droites du Mans.
LMP2 : La fiabilité fait la différence...
En LMP2, la hiérarchie n'a pas évolué dans les dernières heures. L'Acura du Highcroft Racing avait pris le meilleur départ, reléguant à plus de quatre tours la Porsche RS Spyder du Team Cytosport. L'Acura, ou plutôt la HDP, était la plus performante des LMP2. Elle était aussi la mieux pilotée, avec un excellent Simon Pagenaud, qui a montré qu'il n'avait rien à envier à David Brabham, et Marino Franchitti en complément du tandem franco-australien. Mais alors que la victoire semblait tendre les bras aux hommes de Duncan Daytona, un problème électrique est venu enrailler la belle émcanique : 24 minutes d'intervention dans la pitlane et onze tours de perdus... Il n'en fallait pas plus pour que la RS Spyder de Cytosport prenne les devants pour ne plus en être délogée. Cette victoire, c'est celle de la fiabilité : une voiture qui a tourné comme une horloge et un équipage, plus faible sur le papier, qui est resté sage. Pickett/Graf/Masseen obtiennent une belle victoire, cumulée à une honorable quatrième place au général.
L'Acura/Highcroft aura repris quelques tours sur la fin, mais devra se contenter du deuxième rang, avec la satisfaction tout de même de marquer de gros points au championnat. Troisième LMP2 en piste, la Lola-Mazda du Dyson Racing n'a joué aucun rôle, étant immobilisée dès la première heure suite à des problèmes électriques. 90 minutes de passées au garage, c'était trop pour que Dyson/Smith/Meyrick obtiennent mieux qu'une 21e place au Scratch.
LMPC : Boutchut et Level 5 vainqueurs !
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Du côté du LMPC, on attendait de l'animation, on en a eu... avec un certain nombre de sorties de piste. Les dernières heures auront été à cette image, avec une neutralisation provoquée par la Formula Le Mans d'Intersport, ou encore un tête à queue de la n°95 du Level 5. C'est la voiture soeur qui s'impose, avec Bouchut/Wilkins/Tucker dans le baquet. Les trois hommes ont été les seuls de cette catégorie a évité les embûches, hormis une pénalité de cinq minutes. Ils terminent 10e du général et larges vainqueurs de la classe. Leurs principaux adversaires ont tous marqué le pas durant les trois premiers quarts : la n°95 par un problème mécanique, le Team Gunnar par deux sorties qui ont nécessité deux changements d'un sabot, le Genoa Racing par un accident pour JR Hildebrand. Primetime et Intersport ont été trop tôt retardés pour viser quoi que ce soit.Team Gunnar se classe finalement 2e, la sortie du Genoa Racing ayant causé des dégâts qui ont déclanché une multitude de problèmes. Cette voiture, longtemps restée immobilisée dans la pitlane en fin d'épreuve (freins), complète tout de même le tiercé.
Les Formula Le Mans n°99 du Team Gunnar et la n°95 du Level 5 ont été déclassées, un des pilotes de chaque voiture n'ayant pas suffisamment conduit. Genoa Racing hérite donc la deuxième place de la catégorie.
GT2 : Ferrari et Risi invincibles !
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Auteurs du triplé Sebring-Le Mans-Petit Le Mans en 2009, Risi Competizione et Ferrari poursuivent leur incroyable série avec un nouveau succès sur une des classiques de l'Endurance. Après un premier relais difficile, le team texan s'est installé aux commandes pour ne plus les quitter. En plus d'être performants, avec un Gimmi Bruni toujours aussi rapide, les protégés de Giuseppe Risi ont parfaitement géré les neutralisations. Même une poussette venue de la voiture soeur n'est pas venue perturber la bonne marche de la F430 n°62.
Derrière, la réplique est venue de BMW. Impressionnante de performance, les M3 ont réalisé une très belle prestation, qui contraste singulièrement avec celle de l'an dernier. Rahal-Lettermann a certainement perdu la course derrière le safety car, en plus d'un petit hors piste de Dirk Werner. Le résultat d'ensemble est tout de même excellent et on appréciera la philosophie du constructeur bavarois qui a laissé les deux M3 s'affronter jusqu'au dernier tour ! C'est d'ailleurs dans cette ultime boucle que Werner/Auberlen/Milner ont conquis la deuxième place aux dépends de Müller/Hand/Priaulx, Müller percurant le mur de pneus dans le dernier virage ! La suite de la saison promet d'être animée entre ces deux autos...
Comme depuis deux ans, le Flying Lizard n'a pas été verni. Alors 2e, la RSR de Long/Bergmeiser a percuté une roue perdue par le Team Falken. Deux tours de perdus : un gouffre dans cette catégorie si relevée. Le lézard volant limite finalement les dégâts avec cette quatrième place. Au delà du résultat, on notera que la RSR a tout de même souffert en performance pure face à ses adversaires directs que sotn Ferrari, BMW et Corvette.
Corvette, justement, est passé à côté de sa course. Après un bon début de course, les C6.R semblaient en mesure de se battre pour la gagne. Jusqu'aux deuxième et troisième heures. La n°3 marquait un premier arrêt suite à un problème de direction assistée. Puis les deux "Chevy" se percutaient dans la pitlane suite à une incompréhention qui coûte très chère : huit tours sur le coup pour la n°4, mais une succesion de petits pépins par la suite. Dommage pour les équipages qui avaient certainement le niveau pour viser le podium, voir plus : à l'abaissement du drapeau à damiers, ils finissent 8e et 9e. Bien loin du standart exigé par Doug Fehan !
Les cinquième, sixième et septième l'ont été de par leur régularité : la Porsche n°44 du Flying Lizard, la Ferrari n°02 de l'Extreme Speed Motorsports et la n°62 du Krohn Racing. Avec des équipages moins homogènes, ces autos ne pouvaient espérer mieux, au contraire du Team Falken et de la seconde F430 de l'Extreme Speed Motorsports. Sharp/van Overbeek/Fanbacher ont occupé la quatrième place jusqu'à la fin de la neuvième heure, où ils ont commencé à connaître des problèmes de freins et des vibrations. Cela aura pour conséquence un incendie impressionnant au début de la 10e heure, Scott Sharp s'immobilisant en toute urgence dans la ligne droite du retour. Dommage car le trio avait fait du bon boulot. Mentions spéciales au Team Falken. Une heureuse : cette RSR a joué les troubles-fêtes durant les premiers tours, s'offrant ses premiers tours en tant que leader en ALMS. Elle a ensuite été relativement convaincante, naviguant à la sixième position. Pas si mal pour ce manufacturier pneumatique qui n'avait fait que trois apparitions en 2009. Notre seconde mention est moins heureuse : la Porsche n°17 a perdu trois fois la roue arrière droite ! Si la première "perte" est pardonnable, les deux suivantes le sont moins : l'équipe aurait dû prendre plus de précautions et finalement les conséquences auraient pu être plus dramatiques qu'une jante cassée pour le Flying Lizard. La Ford a été plus que discrète : on attendait certainement mieux du Robertson Racing, qui avait fait quelques étincelles l'an dernier.
GTC : Alex Job Racing voit triple...
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Terminons enfin par le GTC. Cette catégorie réservée aux Porsche GT3 Cup n'a pas été des plus captivantes. Alex Job Racing a rapidement pris les devants et Gonzalez/Leitzinger/Keen s'imposent après avoir mené du premier au dernier tours. Sweedler/Kapudija/Lueders, deuxième à trois tours, et Gonzalez/Diaz/Kelly, troisième à quatre boucles, offrent à AJR un joli triplé. Mais rappelons que ce team était le seul à aligner des GT3 Cup propulsées par un Flat 6 3,8l. Les autres autos, équipées d'un 3,6l, n'ont pu rivaliser en performance pure et ont été ralenties par divers pépins, de fiabilité ou consécutifs à des touchettes.
Au final, la 58e édition des 12 Heures de Sebring n'aura pas été aussi passionnante que les années précédentes. En grande partie parce qu'Audi n'était pas là et qu'à quelques exceptions près, les équipages n'étaient pas d'un niveau aussi élevé que lors des deux dernières saisons. Mais ce n'est pas un fait imputable à Peugeot, qui a répondu aux attentes : gagner ! Quant au GT2, il s'annonce pour le moins animé. Sur des courses moins spécifiques que Sebring et d'une plus courte durée, Ferrari, BMW, Porsche et Corvette devrait nous offrir un sacré spectacle !
Les résultats sont ici. Revivez la course en détails ici via le Live-Texte, ainsi qu'à travers les résumés à H+2, H+6 et H+9.
Anthony Megevand










