Scott Sharp : L’ambitieux patron-pilote d’Extreme Speed.
by Antho
Sacré champion American Le Mans l’an dernier, en compagnie de David Brabham sur l’Acura du Highcroft Racing, Scott Sharp a décidé de lancer son propre team cette saison : Extreme Speed Motorsports. En tant que patron, il alignera deux Ferrari. En tant que pilote, il en pilotera une. Mais quelque soit la casquette, l’Américain est ambitieux !
Scott, tu es le champion LMP1 en titre, mais tu rouleras cette saison en GT2. Est-ce un choix dicté par la création de ton équipe, Extreme Speed Motorsports ?
« A l’origine, le team devait aligner une seule Ferrari, pour Ed Brown. Dans ce cas de figure, je continuais avec Highcroft. Je ne pensais pas que ces deux choses soient incompatibles, mais de nombreuses personnes m’ont dit que ce serait compliqué. Comme je veux tout mettre en œuvre pour réussir, et en accord avec Patron avec qui j’ai signé un partenariat sur le long terme, nous avons décidé d’engager deux F430, dont une pour moi. C’est un choix pour le futur. »
Pourquoi créer ton team ? Pourquoi maintenant ?
« J’ai passé deux années formidables avec Highcroft, mais j’ai commencé à manager Ed Brown l’an dernier et à la fin de la saison, on s’est dit : avec notre propre écurie, on aurait pu faire ceci, faire cela. J’aime faire les choses bien et j’avais déjà cette idée en tête. »
Est-ce une équipe complètement nouvelle ou es-tu reparti d’une base ?
« Tout est nouveau, même si je dois dire qu’on a été chanceux. J’ai récupéré le chef mécanicien du Fernandez Racing et quatre membres de ce team. J’ai aussi embauché quatre mécanos du Champion Racing, ainsi que des gens du De Ferran Motorsport. Le plus difficile, c’était de tout accumuler, de partir de zéro, y compris au niveau des camions, de l’atelier etc. »
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Tu as parlé d’un partenariat sur le long terme. Quel est l’objectif ?
« Le GT2 est la catégorie où il y a le plus de concurrence donc il ne faut pas penser que l’on va arriver et tout exploser ! Mais il est évident que l’objectif à terme est de gagner le titre. Nous pensons également au Mans. En fait, nous verrons où les opportunités nous conduiront. A titre d’exemple, nous parlions avec différents constructeurs, et Ferrari nous a dit vouloir un deuxième team solide en plus de Risi. C’était la bonne proposition au bon moment. C’est souvent comme cela que ça se passe. Nous serons avec Ferrari cette année, encore en 2011… et j’espère pour beaucoup d’autres saisons. »
Le prototype fait-il partie des souhaits ?
« Sincèrement, je ne sais pas. Le GT2 est la catégorie qui a actuellement le vent en poupe. Et je pense d’ailleurs que Patron est peut être plus excité par le projet avec Ferrari que par celui en LMP. Les voitures de cette classe sont plus accessibles pour le grand public. »
Tu évoquais Le Mans : y a-t-il une chance de te voir là-bas avec Highcroft ?
« Je ne pense pas dans la mesure où je veux me consacrer à mon team à 100%. Nous avons beaucoup de travail et de nombreuses séances d’essais programmées en juin. »
Tu es passé de l’Acura ARX-02a à la Ferrari F430. N’est-ce pas difficile ?
« Pas vraiment. C’est très différent, mais la Ferrari est excellente, bien équilibré, et je me suis rapidement senti à l’aise. Elle donne confiance. Et puis, j’ai grandi avec les voitures du Trans-Am. J’ai l’habitude de ces autos plus lourdes, avec du roulis et plus de souplesse. Ça ne me perturbe pas. »
Jusqu’à présent, es-tu satisfait des essais effectués ?
« Oui je suis plutôt content. On est pas très loin de Risi, dont on connaît les qualités. Au Winter Test, on termine troisième ou quatrième. Nous sommes performants, mais si nous avons encore beaucoup à apprendre. Le principal, ici à Sebring, sera d’être fiable. »
Première course pour Extreme Speed, mais déjà de grandes ambitions...
« De manière réaliste, nous avons une bonne pointe de vitesse et nous sommes performants. Si nous évitons les problèmes, notre niveau de compétitivité est tel que nous serons bien placés. De toute façon, je n’ai pas créé un team pour viser la cinquième place. Nous voulons gagner. La question, c’est de savoir combien de temps nous mettrons pour y parvenir. Sachant que nous allons affronter des BMW attendues, des Corvette qui volent, le Flying Lizard qui est champion, et Risi qui est très fort ! »
Une question sur ta double casquette pour conclure : n’est-ce pas difficile de cumuler les rôles de pilote et team manger ?
« Pour l’instant, ce n’est pas si mal, même si je suis très occupé. Avant, je vivais au sein du team, je parlais avec mes coéquipiers, avec les ingénieurs et les mécanos. C’est toujours la même chose aujourd’hui : je reste un pilote. Sur un meeting, je ne pense qu’à la performance. Les questions du budget ou de ce type, je n’y pense pas sur une course. Je les traite avant ou après l’épreuve. En fait, c’est surtout la semaine que mon activité à changé. »
Propos recueillis par Anthony Megevand






