Guy Smith : « Deux philosophies… »

2010-03-15 17:32:00
by Antho

Comme depuis plusieurs saisons, Guy Smith défendra les couleurs du Dyson Racing en American Le Mans Series. Le Britannique participera également aux 8 Heures du Castellet et aux 24 Heures du Mans avec une autre Lola, celle du Rebellion Racing. Alors que la semaine des 12 Heures de Sebring débute, Guy évoque les deux programmes de sa saison 2010.

 

Guy, avant de parler de l’ALMS, évoquons un peu Rebellion Racing. Tu as rejoint l’équipe cet hiver. Quelle est ton opinion sur le team ?
« J’ai vraiment été impressionné. J’ai eu quelques discussions avec Bart Hayden et c’était vraiment une belle opportunité de revenir en LMP1. Je connais les qualités de la Lola, le moteur Judd qui est solide et mes coéquipiers sont très bons. Jean-Christophe Boullion est à la fois très rapide et expérimenté. Andrea Belicchi a moins d’expérience, mais il a montré ses qualités l’an dernier. Concernant le team proprement dit, je l’ai rencontré lorsque j’ai moulé mon siège une semaine avec les essais du Castellet.  Tout est très bien organisé et en fait, j’ai simplement eu un très bon feeling. A la fois avec les membres de l’équipe et tous les pilotes. »

 

Lola RebellionC’est un retour pour toi dans un team britannique…
« Oui, ça me change (rire). En fait, c’est aujourd’hui plus étrange pour moi de rouler dans un team britannique que d’être dans une équipe américaine. J’ai plus l’habitude de ça avec Dyson. Je m’américanise ! Je suis plus américain qu’européen (sourire). Mais c’est bien de pouvoir faire les deux. Chacun de ces univers a ses particularités et ses avantages. »

 

Tu as découvert la B10/60 à moteur Rebellion lors des Essais Officiels des Le Mans Series. Qu’en as-tu pensé ?
« Le point important, c’est que nous sommes allés dans la bonne direction. La Lola-Rebellion est différente de celle que j’ai en ALMS, mais j’ai simplement sauté dans la voiture et essayé d’être le plus rapide possible. C’est un peu différent, notamment par rapport au poids, mais ce n’est pas une révolution pour moi. La B10/60 réagit bien et se comporte bien. »

 

Quel peut être l’objectif avec cette auto ?
« Il faut être réaliste : au Mans, nous ne pouvons pas battre Audi et Peugeot. Par contre, je pense que l’on peut terminer premier des protos à moteur Essence. On peut se battre avec Aston Martin. Le tout, c’est d’avoir une course sans problème. Si tel est le cas, finir dans le Top 5 serait bien. »

 

A présent, place à l’ALMS. Comment se présente la saison ?
« Le Winter Test s’est bien passé. Nous avons prouvé l’an dernier que nous avons une bonne voiture, mais pour viser le titre, il faut finir les courses. AER et Mazda ont beaucoup travaillé pour avoir un moteur considérablement plus solide. Nous n’avons pas connu de problème lors de nos essais et d’après les données, le moteur semble vraiment plus costaud. Mais Sebring reste Sebring. Il faut finir cette course car elle compte double. »

 

Les 12 Heures de Sebring, on s’attend à un gros duel entre ta Lola-Mazda et l’Acura du Highcroft Racing…
« Sebring, c’est l’un des circuits qui convient le mieux à l’Acura. Il y a vraiment deux philosophies. Celle d’Acura est de rouler avec une voiture très chargée, pour être bien dans les virages. Par exemple, ils passent le premier virage à fond. Mais en course, avec le trafic, c’est plus compliqué. Nous concernant, nous serons mieux en course qu’en qualifs. Notre philosophie, à l’inverse d’Acura, c’est de miser sur la vitesse de pointe. Cela devrait nous aider en course. Chaque manière d’aborder l’épreuve a son avantage et ça promet un duel passionnant. »

 

L’autre différence entre Acura et la Lola-Mazda, ce sont les pneus. Comment se passe l’adaptation aux Dunlop ?
« Très bien. On doit encore apprendre à les utiliser et notamment valider leur comportement sur la durée, mais les impressions sont favorables. On voit en Europe qu’il n’y a plus qu’une seule LMP2 en Michelin. Ça reste la référence, mais Dunlop travaille dur et je pense que sur un tour, la compétitivité des deux sont comparables. »

 

Penses-tu que vous pourrez vous battre pour le classement général comme Porsche l’avait fait en 2008 ?
« Si Peugeot n’a pas de problème, ils filerons et nous ne les reverrons pas ! Par contre, pourquoi pas se battre avec la Lola-Aston Martin ou celle de Drayson. Au mieux, si Peugeot est fiable, nous ne pourrons pas faire mieux que troisième. »

 

Après Sebring, LMP1 et LMP2 seront regroupées. Quel est ton avis sur l’équivalence proposée ?
« Difficile de se prononcer avant les prochaines courses. La Lola Intersport, par exemple, va être très rapide en ligne droite. D’un côté, ça va donner une course excitante, de l’autre parfois frustrante selon les situations. Vraiment, c’est trop tôt pour dire si l’équivalence est bonne. Mais j’apprécie la décision de réunir les LMP1 et les LMP2. En 2008, il y avait une sorte de grosse catégorie prototype, avec d’un côté les Audi, de l’autre les Porsche et les Acura. C’est la période la plus passionnante que j’ai vu ! C’est bien de faire une seule catégorie, à la fois pour les participants et pour les fans. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

 

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