Didier André : « Tous dans la même direction… »

2010-03-12 08:00:00
by Antho

Avec Andy Meyrick, Didier André était l’un des nouveaux visages du AIM Team ORECA lors des Essais Officiels des Le Mans Series sur le circuit Paul Ricard HTTT. Au Castellet, le pilote tricolore retrouvait le volant d’une LMP1 pour la première fois depuis Le Mans. Il retrouvait aussi l’équipe varoise pour la première fois depuis 2000. Et à l’écouter, il semble qu’il ait apprécié son retour parmi les hommes d’Hugues de Chaunac. Entretien…

 

Didier, tu as participé aux Test Days avec la ORECA 01. Avec un peu de recul, comme cela s’est passé ?
« Le bilan est très positif. Je savais que la voiture serait compétitive, elle l’a montré l’an dernier, notamment lors de ces deux dernières apparitions en Le Mans Series, où elle a signé deux poles et gagné la finale. La bonne surprise est venu du comportement des pneumatiques, ORECA ayant opté pour Dunlop sur cette voiture. En ce qui me concerne, je n’avais pas d’inquiétude au sujet du package, si tenté que j’avais une inquiétude. Ce test a été plus que satisfaisant, avec notamment une entente excellente entre les pilotes, que ce soit ceux de la Peugeot ou de la ORECA 01. C’est très important dans l’optique d’une participation aux 24 Heures du Mans, qui reste mon but ultime. »

 

Parmi les pilotes, qui connaissais-tu le mieux ?
« Olivier (Panis), puisque c’est quasiment lui qui m’a fait débuter en karting. A l’époque, son père avait un team et Olivier était en quelque sorte mon mécanicien. On a aussi fait un bout de chemin ensemble sur l’Andros, lors de notre saison de rookie. On s’entend très bien et cela fait plus de vingt ans que ça dure ! Je connaissais aussi un peu Soheil (Ayari), puisqu’on a eu à un moment un parcours relativement similaire. Avec Nicolas (Lapierre) et Loïc (Duval), on avait l’habitude de se croiser : ça s’est bien passé aussi. Idem avec Andy (Meyrick) même si l’adaptation a peut être été un peu plus difficile pour lui, compte tenu de la langue. Mais nous ne sommes pas là pour se montrer plus fort que l’autre : nous allons tous dans la même direction. »

 




Tu retrouvais ORECA, avec qui tu as participé aux 24 Heures du Mans 2000…
« Oui, c’était un peu un retour aux sources, grâce à l’appel de Monsieur de Chaunac. J’avais disputé mon premier Le Mans grâce à lui et ça reste une superbe aventure puisque nous avions terminé la course. J’avais eu l’opportunité de rouler à nouveau avec l’équipe en 2001, mais j’avais un clash de dates avec mon programme aux USA qui était prioritaire. Avec un peu de recul… Après, ORECA a toujours misé sur la continuité et est resté fidèle à ses pilotes. C’était difficile de revenir. »

 

Comment l’équipe a-t-elle évolué ?
« En 2000, elle avait déjà une certaine expérience, avec de nombreux succès avec la Viper, y compris à Daytona. Elle a su garder ses mécaniciens et ingénieurs. Si ils restent, c’est qu’ils y sont bien. C’est un ensemble de choses qui, je pense, est comparable aux meilleures équipes de foot. Il faut parvenir à conserver ses meilleurs éléments d’une année sur l’autre pour être au top. C’est ce que ORECA arrive à faire. En dehors d’un grand constructeur, aujourd’hui c’est ce qui se fait de mieux. »

 

Au sein du team, il y avait un certain David Floury, qui est aujourd’hui Directeur Technique. Lui aussi, tu l’as vu « grandir » ?
« C’est vrai que je l’ai aussi vu évoluer. Il était en SuperNissan avec Stéphane Sarrazin, que je connais bien, et on faisait pas mal de vélo ensemble. Je connais aussi bien Yvan Müller, dont david était l’ingénieur. J’ai vu David devenir une pièce maîtresse d’ORECA en Endurance. Il est encore tout jeune, mais c’est un grand talent. Il est resté le même, toujours aussi passionné et zen, avec toujours cette envie d’aller de l’avant. Il a une facilité à analyser les choses très sereinement qui est assez impressionnant. »

 

Pour en revenir au test, sur quoi peut-il découler ?
« Pour l’instant, je ne sais pas trop. Il devait y avoir des réunions cette semaine concernant le programme de la ORECA 01. Le contexte n’est pas facile pour trouver des partenaires, et ORECA doit développer son nouveau prototype, avec la 01 comme voiture laboratoire. Peut être qu’ils ne s’attendaient pas à ce qu’elle soit aussi bien lors des Essais Officiels et j’imagine qu’ils essayent de monter un programme cohérent. Personnellement, j’aimerai faire les 24 Heures du Mans et, dans l’idéal, faire une course avant avec le même trio pour bien se préparer. Pourquoi pas les 8 Heures du Castellet puisque le team est à domicile… »

 

Signature-Plus est une autre possibilité ?
« Oui c’est exact. J’ai roulé avec eux l’an dernier. Comme j’ai fait un essai avec ORECA, je dirais qu’il y a une petite longueur d’avance de ce côté. Je pense que Signature-Plus est conscient de ce que je peux apporter, mais il y a la question du budget. »

 

Avec Signature-Plus, tu as piloté la Courage-Oreca LC70E. Avec ORECA, la ORECA 01. Peux-tu comparer ces deux protos ?
« C’est toujours difficile car les circuits ne sont pas les mêmes, les pneus non plus. Mais il est évidemment que la ORECA 01 est plus performance. Je me suis senti plus à l’aise d’entrée de jeu. Elle est plus saine, avec moins de roulis. Elle est plus agréable et tout simplement meilleure. »

 

Désormais, quelles sont les prochaines échéances ?
« J’espère être fixé prochainement. Une fois que je saurai, je pourrai finaliser un programme en parallèle, en GT3 et autres catégories. Ma priorité, c’est Le Mans car c’est une épreuve qui signifie beaucoup pour moi. Ce serait mon huitième départ, et peu de français doivent actuellement en avoir autant. J’ai déjà raté le train une fois avec ORECA, je veux pas le rater une seconde fois ! »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

 

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