Stéphane Sarrazin : « J’échangerai mes trois poles… »
by Antho
Stéphane Sarrazin fait partie des pilotes présents depuis les premiers pas du programme Le Mans de Peugeot Sport. Souvent parmi les plus rapides, ses trois poles en témoignent, le Gardois n’a toutefois jamais connu les joies de la première place aux 24 Heures du Mans. Qu’importe, il reste positif, préférant regarder le doublé de son équipe plutôt que sa deuxième position personnelle. Après avoir passé l’hiver au volant de la S2000 en rallye, Stéphane est prêt à attaquer la saison pied au plancher.
Stéphane, comment se passe cette séance d’essais ?
« Très bien. C’est la première pour moi en 2010 puisque j’étais jusqu’à présent à fond sur le rallye avec la S2000. J’ai donc raté quelques simulations d’endurance. C’est toujours un plaisir de reprendre le volant de la 908 HDi FAP, même si il faut un peu de temps pour reprendre ses marques et comprendre les évolutions. »
La 908 a tant évolué que cela ?
« L’équipe a beaucoup travaillé, comme durant chaque intersaison, et les modifications apportées à la voiture changent quand même son comportement de manière significative. Avec les brides, l’exploitation du moteur est différente. Nous avons aussi plus de train-avant. En fait, l’équilibre est différent et il faut déchiffrer cela avant d’exploiter l’auto à 100%. Ça fait tout de même trois mois que je n’avais pas roulé ! »
L’avantage, c’est que tu ne t’installes pas dans une certaine routine…
« C’est le moins que l’on puisse dire ! Je sors d’une voiture de rallye, avec laquelle je roulais sur la glace, sur des routes étroites. Je pense que cela me permet d’avoir un œil nouveau lorsque je prends les commandes de la 908. Quelque part, ça fait du bien. On change de point de vue. »
Parlons un peu de 2009. Quel regard portes-tu sur cette saison ? N’a-t-elle pas été frustrante ?
« Sincèrement, mon premier sentiment c’est que 2009 a été une saison énorme. Avant toute chose, je fais partie d’une équipe, et cette équipe elle a réalisé le doublé aux 24 Heures du Mans ! Je finis deuxième à Sebring, deuxième au Mans et premier au Petit Le Mans. Même si la course s’est terminée avant le terme, du moment que tu gagnes, tu oublie ça. Nous avons fait une belle remontée sur le sec et nous sommes allés chercher la victoire. »
La deuxième place au Mans n’est donc pas une déception ?
« Non, parce que c’est un ensemble qui gagne. Ça fait quatre saisons qu’on travaille tous ensemble pour atteindre cet objectif. Je comprends le choix qui a été pris de figer les positions. J’aurais pris la même décision. Il y a 200 personnes qui travaillent sur ce projet et on ne pouvait pas se permettre de jouer au guignol. Il y a trop de gens impliqués. »
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Franck Montagny me confiait l’autre jour que la victoire a changé la donne. Ressens-tu cela également ?
« Clairement. Il y a un avant et un après victoire. La sérénité est là : c’est hallucinant de voir la différence. Chaque mécano, chaque membre du team sait désormais qu’on peut le faire. Avant, tu avais la pression et cela t’enlève un peu de confiance. Ce n’est pas facile lorsque tu ne gagnes pas. Il y a toujours une part de doute. »
A contrario, n’y-a-t-il pas une pression supplémentaire puisque vous devez défendre votre titre ?
« Je ne pense pas. On la fait, on peut le refaire. On sait pourquoi et comment on a gagné. On sait également que nos adversaires bossent énormément. Mais, nous aussi on travaille et on progresse dans tous les domaines. »
Il s’agit de ta quatrième année avec Peugeot et tu restes sur trois poles. Tu échangerais une quatrième pole, et donc un record, pour la victoire ?
« Evidemment oui. La pole, c’est un plus. C’est agréable de faire la qualif, de mettre des pneus neufs, de décrocher la pole et de pouvoir partir en tête. Mais j’échangerai une pole en 2010 pour la victoire. J’échangerai même mes trois poles pour monter sur la plus haute marche ! »
Pour viser cette place, tu seras associé à Nicolas Minassian et Franck Montagny…
« Oui et avec eux deux, c’est le paradis. On a plus rien à se prouver et on a exactement les mêmes ressentis. On sait qu’on peut se reposer l’un sur l’autre. On se connaît depuis très longtemps - on a dû s’affronter dans toutes les catégories – et on est tous potes. En plus, on a chacun un véritable esprit d’endurance. »
En revanche, toi et Franck, vous ne serez pas à Sebring.
« J’aurais bien aimé y être pour gagner cette course mythique. Mais d’un autre côté, il n’y a pas Audi, donc le challenge ne sera pas le même. Spa sera d’autant plus important. Ce sera une vraie répétition avant Le Mans, avec trois Audi R15. On s’attend à une course de fou ! »
Une course avant Le Mans, c’est suffisant ?
« Ce n’est jamais suffisant et, en tant que pilote, on préfèrerait tout faire. Il faudra exploiter le temps à fond. Je pense aussi rouler sur un autre programme, si j’en ai l’autorisation. Plus on court, plus on est affûté ! »
Propos recueillis par Anthony Megevand






