Franck Montagny : « J’espère que la R15 est mal née ! »
by Antho
Avouons-le, Franck Montagny est un très bon client pour un journaliste. Il est évidemment très sympathique. Mais il a surtout l’habitude de nous sortir le bon mot. Sortie de son contexte, la phrase est « choc ». Mais lorsque l’on y regarde de plus près, Franck The Tank se trompe rarement…
Franck, te voici associé avec Stéphane Sarrazin, mais aussi Nicolas Minassian. Un équipage qui avait déjà été formé il y a quelques années chez ORECA…
« C’est exact et à vrai dire nous voulions déjà ça l’an dernier. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour tout préparer. Nous allons faire une seule course ensemble. Il faut donc minimiser ce temps de préparation. Avec Stéphane et Nicolas, nous n’avons même pas besoin de nous parler. C’est bien pour la tête, c’est bien pour l’équipe. Avec les années, on sait aussi ce que l’on veut. On a passé l’âge de vouloir être sous les projecteurs. Ce qu’on veut, c’est gagner ! »
Tu n’as jamais caché ton goût pour la course américain. Pas trop déçu de ne pas être à Sebring ?
« Si, j’avoue être un peu déçu de ne pas être là-bas, quelque soit le type de compétition d’ailleurs. L’essence même de la compétition automobile est aux Etats-Unis. Même sur un circuit digne d’une kermesse, ça donne envie (rire) ! »
On ne te verra pas en Amérique, pas même en monoplace ?
« La conjoncture est difficile là-bas, avec seulement quinze IRL d’annoncées. En ALMS, même si le GT repart bien, il y a peu de protos. Et puis, même si je n’ai que deux courses à mon programme, c’est quelque chose qui prend du temps. Quand tu n’es pas sur un circuit, il faut être ailleurs, avec les ingénieurs, dans les ateliers etc. Mais j’ai aussi une possibilité de rouler dans une voiture atypique, une grosse voiture qui marche ! »
Revenons-en au Mans. L’an dernier, Peugeot sortait d’une année difficile. Cette année, c’est le tenant du titre. Le contexte est donc relativement différent…
« En 2009, on savait deux choses : soit Audi se ratait et ça marcherait fort pour nous ; soit Audi était là et ce serait difficile. Aujourd’hui, la dynamique n’est pas la même. C’est une dynamique nouvelle et positive. Quant à Audi, ils avaient une voiture nouvelle en 2009 et ils ont mis le doigt sur leurs problèmes. Un peu comme nous entre 2008 et 2009 en fait. Si ils évoluent autant que nous lors de la dernière saison, ce sera très difficile. Mais, même si c’est difficile, nous aurons clairement notre chance. »
Comment se traduit la nouvelle dynamique dont tu parles ?
« A l’intérieur du team, on sent de la fierté. Les gars ont davantage confiance en eux. Ça peut être à double tranchant. Mais pour l’instant, c’est plutôt positif. »
Il n’y aura qu’une confrontation entre Audi et Peugeot avant Le Mans, à Spa. Cela donnera-t-il une bonne idée des forces en présence ?
« Le Mans et Spa sont quand même bien différents. La charge moteur est bien plus importante au Mans. Quant à la charge aéro, elle n’est pas non plus la même. Après, si on prend cinq secondes à Spa, on sait qu’on sera derrière au Mans. En fait, j’espère juste que la R15 est mal née (rire) ! Je ne sais pas si ils auront eu le temps pour faire des évolutions fondamentales. »
Une dernière question au sujet de l’évolution de la 908. On l’avait retrouvé en difficulté sous la pluie à Petit Le Mans. A-t-elle progressé ?
« Comme je l’ai dit, quand on met le doigt sur un défaut, on travaille là-dessus. Après, quand il pleut, la situation n’est jamais la même : il y a la période où il pleut et la période où la piste sèche. Il faut travailler sur ce point, mais pas non plus y passer toutes ses forces. Dans ce domaine, la voiture a évolué autant qu’entre 2008 et 2009. »
Anthony Megevand




