Olivier Quesnel : « Une 90x rapidement hybride… »
by Antho
Il était sûrement l’homme le plus demandé de la Conférence de Presse Peugeot. Olivier Quesnel a dû répondre à un sacré nombre de questions. Il a dû, souvent, se répéter. Il faut dire que les sujets ne manquaient pas : la concurrence d’Audi, les pilotes et l’absence de Sébastien Loeb, mais aussi le programme 2010 et bien évidemment la 90x. Tours d’horizon de la planète Peugeot !
Depuis 2007, Peugeot et Audi connaissent une trajectoire diamétralement opposée. Et si la firme aux quatre anneaux a dominé le Lion lors des deux premières années, la tendance s’est inversée en 2009. En 2010, les deux constructeurs seront de nouveau sur une dynamique différente : l’un, tenant du titre devra exploiter une voiture en fin de développement. L’autre en reconquête, sera dans la deuxième année d’une auto au concept novateur. Une situation qui n’est pas sans rappeler 2008 de notre point de vue. Qu’en pense Olivier Quesnel ? « Pour moi, la « R15 plus » sera plus rapide que la 908 HDi FAP. Notre marge de développement est inférieure à celle de notre adversaire. Mais nous avons pour nous la sérénité, la fiabilité d’une voiture que l’on connaît par cœur. Notre équipe de mécaniciens est très performante. Ceci va compenser cela. »
Le message étant passé, Peugeot Sport et son Directeur ont essayé d’en faire passer un autre tout au long de la présentation : Aston Martin n’est pas à sous-estimer. « Il ne faut pas les oublier » confirme Olivier Quesnel. « On a tellement décrié le Diesel que j’aimerai que l’on n’occulte pas que les moteurs Essence qui seront largement avantagés. » Avouons-le, nous n’irons pas jusqu’à ce point. Nous n’occulterons pas non et plus, et sauf preuve du contraire, que les équipages Aston Martin ne sont pas aussi homogènes que Audi et Peugeot.
Revenons à Peugeot. Après une année 2008 mitigée, voire décevante, le Lion n’avait pas été épargné par la critique. Beaucoup ont retourné leur veste après la victoire en Sarthe, bien évidemment. Dans une position désormais différente, Peugeot sera-t-il sous pression, et Olivier Quesnel avec ? « De par le WRC ou le programme Le Mans, j’ai l’habitude de la pression » répond-il sans détour. « La pression, j’en ai fait mon lot quotidien. Ce que je veux, c’est gagner ! »
Pour cela, il ne fait aucun doute que la marque tricolore a réuni des équipages de premier ordre. Equipages qui ont de même évolué. « Nous avons procédé à de très légers ajustements » précise-t-il. « Je veux des pilotes qui respirent endurance, qui vivent endurance. Il n’y a pas de place pour autre chose. Quant au fait qu’il n’y a pas de français sur la n°1 : on s’en fou complètement. Il n’y a eu de question de marketing au niveau équipages. » Toujours concernant les pilotes, la nouveauté vient de l’arrivée de Anthony Davidson, déjà pressenti lors de la dernière intersaison. Pourquoi maintenant et pas douze mois auparavant. « Lorsque j’ai parlé avec lui l’an dernier, quand je suis arrivé, je lui ai dit que je préférais avoir un pilote expérimenté, David Brabham en l’occurrence. Depuis, il a fait les 24 Heures du Mans avec Aston Martin. Il a donc plus d’expérience et j’ai pu davantage lui parler, le rencontrer. Mais je dois dire que cela s’est fait récemment, très récemment. » La décision a en fait été prise jeudi, le même jour que le choix de ne pas faire rouler Sébastien Loeb. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Nous ne le saurons pas.
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Bruno Famin : A propos de 2011 et de l’hybride… Il est parfois difficile de voir tout le monde lors d’une conférence de presse. Entre deux interviews, voici quelques propos « volés » de Bruno Famin.
A propos du système utilisé par Porsche sur la GT3-R : « C’est certainement un très bon dispositif, qui a un avantage par rapport au système de batteries. En revanche, il y a un aspect de sécurité à ne pas négliger. Quant aux batteries, il y a une nette évolution depuis peu. La technologie a stagné pendant des décennies. Et depuis que les constructeurs s’y sont mis, les avancées sont notables depuis deux ou trois ans. »
A propos du règlement 2011, qui devait initialement arriver le 20 janvier : « On a déjà passé la deadline pour avoir un programme serein. Aujourd’hui, on a un draft. Mais rien ne me dit qu’il ne va pas changer. Nous avons des contacts réguliers avec l’ACO, mais nous ne sommes pas les seuls. En même temps, on essaye d’être dans un esprit pédagogique. Ce n’est pas une situation évident et j’essaye de me mettre à la place de l’ACO. » |
L’un des sujets récurrents de cette présentation concernait le programme de Peugeot Sport. Sebring n’a fait aucun doute, « de par sa durée, 12 heures, de par sa dureté » dixit Olivier Quesnel. Spa sera une répétition général avant Le Mans. Et après ? Il y aura Silverstone : « cette épreuve est intéressante pour le marché britannique, mais aussi parce que nous avons besoin de courir, de rester sous pression. » Pourquoi pas Portimao ou Budapest ? Pourquoi pas Petit Le Mans ? Là aussi, Olivier Quesnel joue la carte de la franchise : « Pourquoi courir en août devant personne ? Quant au Petit Le Mans, c’est évidemment pour des questions de coût. » On notera que le nombre de voiture(s) alignée(s) en Angleterre n’est pas déterminé - « je dirai deux… en pointillés » - au contraire de Shanghai : « Nous ferons la Chine, si il y a la Chine, car c’est un marché important. Et si tel est le cas, il y aura deux voitures. » Mais si Peugeot se rend à Silverstone et Shanghai dans le cadre d’une Intercontinental Le Mans Cup, ne serait-il pas dommage de manquer Petit Le Mans ? « D’une part, j’ai deux objectifs. Gagner Le Mans et faire de la 90x la voiture la plus compétitive possible. Je ne peux pas être sur tous les fronts. Se disperser, c’est s’affaiblir. Si je gagne Le Mans, j’aurais rempli une partie de ma mission. Qui plus est 2010 est une esquisse d’un Trophée Intercontinental. Nous le ferons en 2011, car je n’aurai pas à faire construire un prototype en même temps. »
L’Intercontinental, c’est justement un thème régulièrement abordé avec le patron de Peugeot Sport. Qu’attend-il pour l’an prochain : « Cinq ou six manches. Pas forcément avec Le Mans. En revanche, l’histoire montre que les constructeurs ont toujours développé des voitures spécifiques typées « Sprint » pour des courses allant jusqu’à 1000km. Il faut éviter cela : soit réglementairement, si c’est possible, soit en faisant des courses d’une durée minimum de 10 heures. Je pense que c’est l’idéal. »
En 2011, il y aura donc des Peugeot 90x en Endurance, en Intercontinental Le Mans Cup et au Mans. Mais que pouvons-nous savoir de cette fameuse 90x ? « Le concept n’est pas figé. Pour ce qui est du moteur, il y a une certaine flexibilité dans la mesure où le règlement définitif n’est pas connu. Ce que je peux dire, c’est que l’hybride nous intéresse. » L’hybride il en a justement été question avec Porsche et sa nouvelle GT3-R. « Ce que fait Porsche, c’est magnifique » poursuit Olivier Quesnel. « Tous les constructeurs vont s’embarquer là-dedans. Les voitures de série Peugeot vont être hybrides, donc il y a une passerelle logique. Il y aura une 90x rapidement hybride… si le texte réglementaire n'impose pas des coûts trop élevés et permet de viser la gagne avec cette technologie. »
Voilà qui est dit. Après le Diesel, de 2006 à 2010, il semble bien que l’Hybride sera la technologie à la mode à partir de 2011. Affaire à suivre…
Anthony Megevand




