Le Championnat d'Europe FIA-GT2 en péril...
by LM
A un peu plus de deux mois de l'ouverture du Championnat d'Europe GT2, force est de constater que les prétendants ne se bousculent pas au portillon. A l'intersaison, la catégorie a perdu deux de ses piliers, soit AF Corse et CRS Racing, partis tous les deux sous les cieux des Le Mans Series. A l'heure actuelle, seul Trackspeed a affirmé son intention d'être de la partie avec une Porsche 997 GT3-RSR. Pour le reste, mystère... On peut légitimement penser que la BMS Scuderia Italia sera aussi présente, avec au moins une Porsche, l'équipe de Tiziano Minuti ayant un engagement pour les 24 Heures du Mans. Quid en revanche de ProSpeed ? Rudi Penders avait confié son souhait de remettre le couvert en jeu, avec une belle saison 2009 ponctuée du titre pour Richard Westbrook.
La multiplication des championnats GT aura-t-elle raison du FIA-GT2 ? Ce n'est pas à souhaiter, surtout quand on sait que les 24 Heures de Spa seront le terrain de jeu favori de la catégorie. On sait déjà que IMSA Performance-Matmut et AF Corse en seront, avec pourquoi pas des teams comme Autorlando ou Trottet Racing, François Trottet n'ayant pas caché son intention de vouloir gagner la classique ardennaise au scratch. D'où vient alors le manque d'intérêt de ce championnat ? Il est vrai que la médiatisation se concentre plus sur le Championnat du Monde GT1 mais est-là le seul souci... La concurrence avec le GT3 est certainement aussi à prendre en compte avec ses 13 marques au départ et des autos quasiment aussi rapides. La catégorie GT2 fonctionne bien dans les séries Le Mans européennes et américaines avec des bagarres à tous les étages, mais ne décolle ni en FIA-GT ni en International GT Open. Pourtant, la majorité des constructeurs proposent des autos : Aston Martin, BMW, Corvette, Ferrari, Lamborghini, Porsche, Panoz, Spyker, etc...
Reste le problème de la catégorisation des pilotes. Pourquoi vouloir systématiquement interdire une paire Platine/Platine et Platine/Or. Il devient alors très compliqué pour une équipe de trouver un équipage compétitif car il faut trouver le meilleur des Argent ou le tout meilleur des Bronze. On ne compte plus les pilotes présents dans la catégorie en 2009 dont on a aucune nouvelle pour le moment : Barba, Cadei, Holzer, Malucelli, Ragginger, Ruberti, etc... Quant aux Bruni, Vilander, Westbrook, Collard, Kirkaldy, Niarchos, Bell et consorts, ils sont partis vers d'autres séries, sans catégorisation et sans handicap poids.Le handicap temps ravit les pilotes et les équipes du GT Open, ce qui laisse plus place à la bagarre en piste et à la stratégie. Il est vrai qu'un championnat GT2 avec la crème des crèmes des autos, équipes et pilotes feraient certainement de l'ombre aux autres catégories GT mais quand on voit le niveau des autres séries, il y a de quoi le regretter. N'oublions pas non plus qu'avec le GT1, GT2, GT3 et GT4, le spectateur lambda est quelque peu perdu et allez lui expliquer par exemple qu'une Aston Martin peut courir en GT1 (DBR9), GT2 (Vantage), GT3 (DBRS9) et GT4 (N24).
Le championnat 2010 comprend six manches durant les meetings GT1, ce qui semble des plus alléchants, avec comme cerise sur le gâteau les 24 Heures de Spa (qui malgré tout ne compte pas pour le championnat Pilotes). Si le Championnat du Monde GT1 fait le plein dès sa première année, d'autres marques pourraient bien rejoindre l'aventure World Championship à l'avenir. Quitte à saborder le GT2, l'avenir nous le dira...
Laurent Mercier




