Benoît Treluyer : "Très heureux d'être pilote Audi..."
by Claude
Benoît Tréluyer va boucler cette année une trilogie unique, à savoir les 24 Heures du Mans 2008 avec une Pescarolo-Judd, les 24 Heures du Mans 2009 avec une Peugeot 908 et les 24 Heures du Mans 2010 avec une Audi R15 ! Tout ceci sans oublier sa présence en tant que pilote officiel Nissan en SUPER GT, avec le titre décroché en 2008 au volant de la R-GT NISMO, ainsi que sa participation au championnat de Formula Nippon, avec un sacre en 2006 et une place de vice-champion en 2009. Actuellement au Japon, Benoît a gentiment accepté de répondre à quelques questions.
Quelle impression cela fait-il d'être pilote Audi?
"Je suis bien sür très heureux d'être pilote Audi et je le prends comme une récompense des efforts fournis pendant plusieurs années. Evidemment, je ne suis pas le seul à être satisfait car tous les gens qui ont cru en moi à mes débuts sont aussi heureux que moi."
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A quand remontent les contacts avec Audi? Comment cela s'est-il passé?
"Avec Audi, les premiers contacts remontent à la fin 2007 pour le DTM, mais je venais de recevoir une offre très intéressante de Nissan pour le Japon, alors il n'y a pas eu de suite. Pour le programme Le Mans 2010, j'ai rencontré le team pour la première fois au mois d'octobre au Paul Ricard pour un premier contact."
Est-ce le Dr Ullrich, ou quelqu'un d'autre, t'a expliqué les critères de choix d'Audi pour ses pilotes?
"Quand j'ai rencontré l'équipe pour la première fois, j'ai exposé ma façon de voir les choses et je pense que cela correspondait aux valeurs du team."
Quelles sont tes premières impressions de la R15 après l'avoir conduite à Sebring? Que penses-tu de l'organisation Audi?
"Je ne pense pas que je vais surprendre beaucoup de monde en confirmant que le team est très bien structuré et qu'il est super professionnel. L'ambiance est très bonne également. La R15 est une voiture très agréable à conduire, elle ne m'a posé aucun problème d'adaptation. Nous avons fait du bon travail à Sebring et je suis pressé de recommencer."
As-tu senti une différence de comportement par rapport à la 908?
"Malheureusement je n'ai pas fait beaucoup de kilomètres avec la 908. De plus, les conditions sont totalement différentes, il est donc difficile de comparer. Je suis le seul à avoir conduit les deux voitures pour le moment et franchement ce sont deux très bonnes voitures, mais grâce à une meilleure visibilité je me sens mieux dans l'Audi."
Sur quoi avez-vous travaillé à Sebring? La balance en général, ou plus particulièrement l'aéro?
"Le programme de notre équipage était de faire le maximum de kilomètres, d'ajuster les positions de conduites, de se familiariser avec le poste de pilotage et de faire quelques comparaisons."
Tu as pu conduire trois des meilleurs protos, la Peugeot 908, la Pescarolo-Judd et maintenant la Audi R15. Peux-tu donner un adjectif qualificatif pour chacun d'eux?
"Puissante, la 908, agressive la Pescarolo, agile la R15..."
Quand va avoir lieu ta prochaine séance de travail avec Audi?
"Elle se déroulera le mois prochain."
Tu vas courir sur la R15 avec Marcel Fässler et Andre Lotterer. Je crois que tu les connais bien, Lotterer surtout en raison du SUPER GT. Est-ce que vous avez à peu près le même style de pilotage et les mêmes goûts en matière de set-up?
"Avec André, nous sommes rivaux depuis pas mal d'années mais aussi super potes. Nous ne savions pas quelle différence de pilotage nous avions et quand nous avons comparé les données pour la première fois nous pensions que l'ingénieur s'était trompé et avait superposé deux tours du même pilote. Les différences sont infimes. Avec Marcel, il y a un peu plus de différence mais cela reste très proche. Nous sommes tous dans les même temps ce qui donne une bonne homogénéité. Au niveau des set-up, ce sera la prochaine étape, je pense quand nous recevrons notre propre voiture."
A propos du SUPER GT, la GT-R en est maintenant à sa troisième année. Est-ce qu'il y a encore du développement à faire sur la Nissan?
"L'avantage avec le sport automobile c'est que nous ne sommes jamais 100% satisfaits et il y a toujours moyen de progresser. Cette année nous roulons en Michelin et le développement va surtout se faire autour des pneus."
Satoshi Motoyama faisait les qualifs l'année dernière. Est-ce que ce sera ton tour cette année?
"Je devais faire toutes les qualifications l'année dernière mais avec les pénalités abusives des organisateurs, j'ai dû laisser cette charge à mon coéquipier, la plupart du temps pour limiter les risques. Malheureusement cela n'a pas suffi."
Tu as eu l'occasion de rouler avec des Michelin récemment à Suzuka. Est-ce que cela modifie beaucoup le comportement de la Nissan? Est-ce que ta connaissance des Michelin a eu de l'influence sur le choix de NISMO et est-ce qu'elle va t'aider en SUPER GT?
"Les Michelin que nous utilisons ici sont différents de ceux que l'on a au Mans, mais surtout les revêtements ici sont très différents. Le comportement n'ai pas été transcendé, il y a des plus et des moins. Je ne pense pas que le choix des pneus ait été fait à cause de moi, mais j'avais soumis l'idée l'année dernière car je pense que le Michelin peut être une très bonne stratégie pour le championnat, même si nous savons que sur certains circuits ce sera difficile."
Tu as côtoyé la nouvelle Honda, la HSV-010GT. Penses-tu qu'elle sera dans le coup dès cette année, ou est-ce que les Lexus seront encore les plus dangereuses?
"Je pense que toutes les voitures ont leur chance cette année, mais la Honda est faite spécialement pour le SUPER GT ce qui présente un petit avantage à mon avis."
Nous remercions chaleureusement Benoît pour sa disponibilité et sa gentillesse.
Claude Foubert








