Oliver Gavin : Un bilan à coeur ouvert.

2009-11-23 12:00:00
by Claude


Oliver Gavin, l'un des deux "Ollies", le second étant le monégasque Olivier Beretta, a eu une saison 2009 bien remplie. Gavin a en effet pris par à la saison ALMS, avec tout d'abord la Corvette GT1 (victoire à Long Beach) puis avec la Corvette GT2 (podium à Mosport), les 24 Heures du Mans avec la Corvette C.R GT1, les 24 Heures de Spa avec une C6.R GT1 du team SRT, et même le Goodwood revival avec une Mini et le Marathon de Londres en 3h et 9 secondes, ce qui est un temps plus que respectable. Fiona Miller a questionné Oliver Gavin à propos de sa saison. Voici la traduction de cette interview :

 

Quel effet cela fait-il de dire au revoir à la Corvette GT1 de l'ALMS après autant de saisons couronnées de succès?

"Cela m'a rendu triste car la voiture a donné un grand nombre de succès au team et à moi personnellement, et parce que j'ai pris tellement de plaisir en la pilotant. Avec mes coéquipiers, j'ai remporté Le Mans quatre fois, en 2002 pour commencer, et ensuite trois belles victoires avec Olivier Beretta et Jan Magnussen en 2004, 2005 et 2006. J'ai également remporté trois championnats ALMS avec Olivier aussi cela a pris une part énorme dans ma carrière. La carrière de la GT1 s'est étendue victorieusement sur une décennie, ce qui est vraiment impressionnant. Je suis content d'avoir participé à l'histoire d'une voiture aussi important et aussi particulière."


Quel est votre meilleur souvenir de ces années GT1?

"Toute la saison 2006! Nous avons commencé avec une victoire dans les 12 Heures de Sebring, une course que Olivier, Jan et moi essayions de gagner depuis 2004, maiis il semblait que la chance avait toujours été contre nous, ce fut un vrai problème. Cette année-là, tout s'est mis en place et nous avons gagné toutes les courses précédant Le Mans et ensuite nous avons gagné en France pour la troisième année consécutive après une lutte épique avec les Aston Martin Prodrive. Après avoir été roues dans roues pendant 22 heures, la victoire était fantastique. D'un point de vue personnel, je crois que c'est la meilleure course que j'ai faite, je n'ai fait aucune faute, ne suis pas sorti de la piste, n'ai touché personne et j'ai eu l'impression d'avoir beaucoup contribué à cette victoire."


A quel point étiez-vous confiant que la Corvette GT2 de cette année allait être compétitive?

"Bon, sachant que les mêmes personnes chez Pratt & Miller qui avaient fait la G1 étaient automatiquement impliqués, cela nous a donné beaucoup de confiance. Ils ont une somme énorme de connaissances pour avoir construit et fait courir victorieusement des GT mais, jusqu'à ce que vous fassiez votre première course et que vous battiez contre tout le monde sur la même piste et dans les mêmes conditions, on n'est vraiment certain de rien. Nous avons été près des premières places presque partout où nous avons couru avec la GT2 cette année, et nous avons eu l'occasion de l'emporter, et cela en dit long."


Quel est votre plus grand rival en GT et pourquoi?

"Les camardes d'écurie sont les plus grands rivaux et surtout, avec le même matériel ils ont exactement les mêmes buts que vous. En ALMS, la Porsche Flying Lizard de Jörg Bergmeister et Patrick Long ainsi que la Ferrari Risi de Jaime Melo et Pierre Kaffer étaient extrêmememnt rapides et ont toujours constitué une menace. Dans les deux cas, c'est dû à leur expérience et leurs performances et parce que ce sont des équipes bien gérées.
La catégorie est vraiment très compétitive, avec au mpins sept ou huit voitures qui ont toujours une chance de l'emporter. Lors de la dernière manche à Laguna Seca, je suis rentré au stand pendant une séance d'essais libres et j'ai demandé quelle était ma position et j'ai été un peu surpris quand on m'a dit que j'étais septième. Cependant, j'étais seulement à trois dixièmes du meilleur temps et il ya rarement eu plus d'une demi-seconde d'écart entre les six ou sept premiers lors de toutes les séances dans chaque course, ce qui montre à quel point c'est disputé.Cette rivalité ne va faire qu'augmenter en 2010 et tout le monde attend vraiment ça. J'ai hâate d'être à Sebring au mois de mars et de commencer le combat!


Quelle a été, à vos yeux, la révélation 2009?

"Le meeting du Goodwood Revival! C'était la première fois que j'y participais et cela a été un évènement tellement incroyable et agréable, avec une ambiance et un plaisir fantastiques, mais aussi avec des courses sérieuses et des concurrents très forts. Cela a été un week-end vraiment remarquable et j'aimerais recommencer l'année prochaine. Pour mes débuts ici, courir avec une Mini -la toute première fois que j'ai conduit une traction avant- contre des légendes de l'endurance et du Tourisme comme Derek Bell, Andy Rouse et John Cleland, c'était vraiment très particulier. Nick Swift avait préparé une très bonne voiture et a lui-même fait un boulot exceptionnel tant et si bien que nous avons pu obtenir une belle victoire."


Quelle a été la plus grande déception en 2009?

"Le Mans. Nous avions travaillé si dur pour surmonter les obstacles durant la course, comme les safety cars, les incidents, et alors est arrivé ce "truc", après 20 heures passées en tête de la course, vraiment à cause de nos performances et non grâce à la chance. Alors, quand tout est perdu à peu près une heure plus tard, à cause d'un problème aléatoire de boîte de vitesses, vous vous demandez : "pourquoi, pourquoi c'est arrivé à nous?" Je suis extrêment déçu pour Marcel Fassler car il m'est arrivé la même chose en 2007, arrêté sur le circuit avec une voiture cassée et devant faire cet horrible retour vers les stands. On se sent désarmé et inutile et c'était vraiment démoralisant."


La victoire dans les 24 Heures de Spa en 2010 est-elle un but personnel? A quel point est-ce différent de courir en Europe ou aux USA?

"Spa est un circuit emblématique et es 24 Heures sont tous les ans une épreuve énorme, c'est l'une des courses que tout pilote d'endurance veut remporter. Je pensais que cette année, j'aurais pu avoir ma chance de la gagner mais cela n'a pas été le cas; aussi je veux vraiment revenir et l'avoir. J'ai pris un plaisir énorme cette année avec SRT, en pilotant là-bas pour la dernière fois la Corvette GT1.
Les principales différences entre les deux continents se rencontrent principalement dans le paddock. Il semble que ce soit beaucoup plus convivial aus USA, c'est plus chaleureux pendant tout le meeting - et cela n'a rien à voir avec la météo! Quand on court en Europe, on ressent de la nervosité, de la fraîcheur, et je suis sûr que cela tient au fait que tout le monde est enfermé dans les garages et les motorhomes. Des deux côtés on est là pour faire le job, courir à fond et gagner, mais je me sens plus heureux aux USA qu'en Europe. Du côté américain, c'est très amical pour les fans et très accueillant dans le paddock, et cela se reflète dans le nombre de spectateurs dans chaque course."


Qu'est-ce qui fait de Olivier Beretta un bon coéquipier? Lequel de ses traits de caractères admirez-vous le plus?

"Il est intelligent, très rapide, attentif à tour ce qui se passe sur la piste, que ce soit à vous ou à un autre pilote du team, et très compétitif face aux adversaires. Il se bat à fond pour défendre sa place, comme on l'a tous vu, et je l'ai vu à de nombreuses reprises être brillant, faire des quadruples relais de nuit au Mans, ce qui est dû à sa capacité d'endurance et de concentration. Il me fait aussi beaucoup rire, particulièrement à cause de soon manque de compréhension de la technologie et des ordinateurs. Il n'est pas du tout calé en technologie et demande toujours de l'aide!"


Quand vous êtes ensemble dans une voiture de location, les week-ends de course, qui conduit et pourquoi?

"J'ai appris très tôt que partager une voiture de location avec Olivier, c'est une expérience à la Dr Jekyll et Mr Hyde. Vous devez vous assurer de le faire se tenir tranquille : s'il se met en surchauffe, il commence à faire des choses qui ne devraient pas être autorisées. Des choses que vous pensez ne pas être possibles, qui vous font penser "je veux sortir maintenant!". Nous nous partageons le volant à 50/50 mais, s'il conduit, j'essaie de le garder calme parce que s'il devient trop excité alors tout devient un peu trop intéressant."


Quels ont été vos moments les plus frustrants en 2009?

"Avoir raté mon objectif pour le Marathon de Londres. Je m'étais entraîné dur et longuement pendant l'hiver, déterminé à casser la barrière des trois heures, mais je l'ai rétée pour neuf secondes. Au moment où j'entamais le dernier mile, j'étais encore 20 secondes sous la barre des trois heures et, au dernier ravitaillement, j'ai décidé de prendre une boisson énergisante (la première de la course), mais trente secondes à peine après avoir bu j'ai eu des crampes d'estomac et j'ai commencé à aller de moins en moins vite. J'ai essayé de refaire le temps perdu, mais je n'y suis pas tout à fait parvenu, aussi échuer pour neuf secondes, c'était vraiment frustrant. LL'année prochaine, je serai membre d'une équipe engagée par le BRDC (British Racing Drivers Club, NDLR) et je vais viser les 2h55; trois ou quatre d'entre nous dans l'équipe visent ce genre de chrono aussi cela va nous stimuler. Douze pilotes ensemble au Marathon...comment cela sera-t-il compétitif?"


Que voyez-vous comme plus gros challenge sportif en 2010?

"Le Mans avec la Corvette GT2. C'est une nouvelle catégorie pour nous au Mans et un nouveau plateau (beaucoup plus important) de concurrents à affronter. Nous ne savons pas comment sera la voiture au Mans, comment tout va se mettre en place -les pneus, l'aérodynamique, la suspension, les conditions générales et ainsi de suite. Les deux dernières années nous avons eu deux journées d'essais sur le mouillé pendant la semaine et ela ne laisse pas beaucoup de temps pour faire tous les bons régalages. Ce sera un challenge énorme."


Qui selon vous seront les meilleurs à l'avenir en endurance?

"C'est difficile à dire car actuellement il y a beaucoup de bons pilotes mais je pense que Richard Westbrook a démontré qu'il était fort et je suis certain que nous aurons quelques batailles supplémentaires ensemble. Il y a toujours de jeunes pilotes Porsche exceptionnellement bons et peut-être que Ferrari en fera sortir quelques-uns, comme Rob Bell. En dehors de la cuvée actuelle, je pense que Nick Tandy fera un bon pilote d'endurance et j'espère qu'il va arriver à avoir un bon volant pour la saison prochaine, et peut-être que dans quelques années il faudra se méfier d'un jeune Kevin Magnussen!"


 Propos recueillis par Fiona Miller et traduits par Claude Foubert