José Ibañez/Team IRS : Une saison 2009 bien remplie

2009-11-10 12:00:00
by Claude

A son retour d'un long voyage depuis Okayama où il a participé à la première édition de l'Asian Le Mans Series avec la Courage-AER LMP2 n°28, José Ibañez, le patron de l'équipe IRS (pour Ibañez Racing Service) nous a accordé un entretien pour que nous puissions faire le point sur la saison écoulée, bien que celle-ci ne soit pas encore tout à fait terminée pour le team.


José, IRS a peut-être été l'équipe ayant participé au plus de championnats cette année. Cinq, je crois : Le Mans Series, Formula Le Mans, VDeV, SPEED Series et donc dernièrement l'Asian Le Mans Series?

"Oui, l'année a été très occupée..."

 

Prenons ces Séries les unes après les autres. Commençons par la Le Mans Series. Quelle est ton appréciation globale?

"Le début de saison a été un peu difficile. La voiture a été achetée tardivement : nous ne l'avons eue qu'une semaine avant la première manche à Barcelone et il a fallu faire très vite. Ensuite, il a fallu un temps d'adaptation au championnat que tout le monde découvrait. Nous avons commencé à être plus satisfaits à partir de la quatrième manche à Portimão. L'arrivée d'un nouvel ingénieur, Benoît Dametto, nous a fait beaucoup de bien. Nous avons ainsi pu progresser au niveau de la gestion de la voiture, des pitstops...Nous avons terminé septièmes en LMP2 à Silverstone alors que pendant un moment, vers la mi-course, nous avons occupé la quatrième place de la catégorie, avant d'avoir un accroochage. Nous avons bénéficié en cours de saison de l'apport de mécaniciens, des anciens de Courage Compétition, Claude Besnard, Mickaël Jousse, Nicolas Leblanc, Marc Meunier, Noël Culerier et Claude Briand grâce à l'aide de Edmond Bégat. Cela nous a fait beaucoup de bien."

 

 

Qu'est-ce qui n'a pas bien marché?

"Le moteur. Avec le bloc AER, nous rendions au moins 20 à 30 kmh en ligne droite à tous nos concurrents. De plus, les relations avec AER ont été très compliquées et de plus très coûteuses.."

 

 

Quelle était la puissance du moteur? 450 chevaux?

"Non, 430 seulement, alors que les plus puissantes des LMP2 en avaient près de 525..."

 

 

Les pilotes n'ont pas eu trop de mal à passer du VdeV au LMP2?

"Non, pas du tout, la transition a été assez facile."

 

 

Tu es prêt à repartir l'année prochaine?

"Oui, mais nous n'avons pas encore décidé avec quel matériel. Nous avons plusieurs options. Nous en sommes en train de réfléchir."

 

 

La Formula Le Mans ?

"Je dois reconnaître que la saison a été difficile. Nous avons eu du mal à gérer à la fois les courses Le Mans Series et Formula Le Mans au cours du même week-end. La gestion a été difficileNous sommes encore une petite équipe et s'occuper des deux disciplines avec le même personnel, ça a été dur, mais il n'était pas possible de doubler le personnel.


De plus, bien qu'à la base la coque soit la même pour la Formula Le Mans et la LMP2, nous avons eu des problèmes pour comprendre la FLM. Nous avons perdu un des pilotes, François Desprez, dès la première course, et nous n'avions pas de pilotes de pointe. C'est une saison à oublier, nous ne recommencerons pas l'année prochaine."

 

En VdeV, ça a été un peu mieux?

"Oui, nous avons gagné au Val de Vienne avec Lionel Robert et William Cavailhes, et j'ai terminé moi-même deuxième à Lédenon avec Lionel. Nous avons été absents à Dijon et alors qu'à Magny-Cours, j'avais fait le quatrième temps en qualifications et la deuxième Norma IRS le cinquième, nous avons cassé le moteur de la Norma que je partageais avec Frédéric Da Rocha et nous ne sommes pas partis."

 

 

Tu as fait courir deux jeunes sur la Norma n°90?

"Oui, ils sont très jeunes, Luc Davoise a 18 ans et Damien Delafosse 17 ans. Ils ont d'abord commencé la saison avec une Norma ancienne génération de 2006, en championnat B, avant de faire la dernière manche de Magny-Cours avec Arno Santamato en championnat A, mais avec une voiture de 2007, mais ils ont très bien marché."

 

Comment les as-tu connus?

"Je les avais vus en karting, et puis l'occasion de les faire courir en VdeV s'est présentée. On va essayer de les pousser un peu."

 

Ils seront encore avec IRS en 2010?

"C'est possible, mais c'est encore trop tôt pour le dire."

 

Autre championnat, la SPEED Series. Cela s'est plutôt bien passé?

"Oui, plutôt, puisque nous avons couru une fois pour une victoire, à Silverstone, où j'ai gagné en compagnie de Lionel Robert, c'était vraiment très sympa. Nous avons été très bien accueillis en Grande-Bretagne où pourtant ça avait mal commencé, puisque les portes du camion étaient bloquées et que nous n'avons pas pu descendre nos deux Norma à temps pour les qualifications. Les organisateurs ont toutefois été très compréhensifs et nous avons quand même pu prendre part à la course pour le beau résultat que l'on sait."

 

 

La SPEED Series, c'est différent du VdeV?

"Pour les voitures, non, sauf qu'il y a moins de compétition en SPEED Series, où trois ou quatre voitures seulement peuvent l'emporter. Le niveau du VdeV est plus relevé. Par contre, le format est différent, puisque les essais libres, les qualifications et les courses sont concentrées sur la même journée."

 

 

C'est dans un but économique, j'imagine?

"Oui, même s'il y a des séances de roulage possibles la veille de la course. Mais c'est possible de tout faire sur une journée en SPEED Series parce que c'est la seule discipline au programme, ce qui n'est évidemment pas le cas en VdeV, avec les VHC, les Protos, les GT et les Funyo. L'ambiance du SPEED est très bonne, cela a été un bon week-end."

 

IRS refera du SPEED en 2010?

"Oui, je pense qu'on fera quelques piges."

 

 

Enfin, tu as participé avec IRS à la première édition de l'Asian Le Mans Series à Okayama...

"Oui, c'était la première fois que le team IRS participait a une course si lointaine et que nous acheminions le matériel par container. Passé le stress de l'expédition, il a fallu apprendre cette nouvelle piste, les pilotes avaient pour consigne de ne pas endommager la voiture car le stock de pièces était restreint. Les séances d'essais se sont déroulées sans aucun souci et les trois pilotes ont ainsi pu prendre leur repères sur cette piste. Nous avons décidé d'utiliser la séance d'essais qualificatifs pour continuer à apprendre ce circuit et parfaire le set-up de l'auto.


En course 1 nous avions decidé de régler la voiture afin de ne pas user les pneumatiques et de faire un triple relais avec les pneumatiques, avec donc une stratégie différente de la Pescarolo Mazda. C'est moi qui ai pris le départ,et après une heure de course et les ravitaillements, changement de pilote, Damien Toulemonde prend le relais et les deux voitures ressortent des stands l'une derrière l'autre.Il ne nous restait plus qu'un arrêt ravitaillement à faire pour terminer la course. Notre stratégie s'avère payante puisque nous finissons la course à 20 secondes de nos adversaires. Nous gagnons par la même occasion le challenge MICHELIN GREEN X. L'équipe est satisfaite du resultat car c'est la première fois que nous sommes si près de l'equipe OAK.

 

En course 2 c'est Frederic Da Rocha qui prend le depart (c'est son premier départ en Le Mans Series). Il fait un très bon relais car face à lui il y a Mathieu Lahaye au volant de la voiture du OAK et au moment des ravitaillements à peine un tour nous séparait de nos adversaires.


C'est Damien qui prend le second relais, il est alors victime d'un choc à l'arriere qui nous contraint a rentrer la voiture dans le box afin d'effectuer la réparation du sabot gauche. Après une dizaine de minutes la voiture reprend la piste bien loin du OAK....Le but est alors de terminer classé ce que l'on parvient a faire in extremis....Damien a fini la course sans que je prenne le volant, car il s'agissait avant tout de faire les 70% de la distance pour être classé. Cette premiere expérience fut pour nous très enrichissante et l'equipe continue son apprentissage des Le Mans Series...."

 

C'est la première fois que Damien Toulemonde était avec IRS?

"Oui, ça s'est très bien passé. Damien est très rapide et il n'y a eu aucun problème."

 

Nous remercions vivement José Ibañez. Le team Ibañez Racing Service va mettre fin à une saison 2009 bien remplie à la fin du mois au Portugal, sur le circuit d'Estoril, pour la dernière manche de la Série VdeV.

 

Propos recueillis par Claude Foubert

 

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