Marcel Fässler, l'homme de toutes les séries...

2009-10-31 15:49:00
by LM

Avec près de vingt courses cette saison, dont trois de 24 heures (Nürburgring, Le Mans, Spa), Marcel Fässler n'a pas chômé depuis janvier dernier. Le Suisse a été de toutes les campagnes : Le Mans Series, International GT Open, FIA-GT, VLN, ALMS. De plus, il a alterné les catégories avec le LMP1 (Lola-Aston Martin), GT1 (Corvette C6.R), G2 (Audi R8 LMS) et GT2 (Ferrari F430, Corvette C6.R). Ce week-end, Marcel est présent en GT Open à Barcelone pour tenter d'accrocher le titre sur la Ferrari F430 Trottet Racing.

 

Laurent Mercier : Avec autant d'autos différentes pilotées, il n'a pas été trop compliqué de s'adapter ?

Marcel Fässler : « Ce n'est pas toujours facile de s'adapter car chacune d'entre elles est différente. Passer du GT2 au LMP1 n'est pas forcément évident mais je suis habitué à cela. L'habitude t'aide à t'adapter rapidement. C'est tout de même un vrai challenge ».

 

Commençons par le GT Open où tu mènes le championnat. Après une saison en FIA-GT, c'est une toute autre philosophie selon toi ?

«  Bien entendu, l'objectif est le titre. Le championnat a la particularité de donner des pénalités en temps plutôt qu'en poids. Ce système est bon car tous les week-ends peuvent être différents. En réalité, que ce soit du temps ou du poids, ton résultat final peut dépendre de ces paramètres, sachant que le lest joue plus sur la sécurité. Tout est mis à rude épreuve, aussi bien les pneus que les freins. La voiture encaisse beaucoup plus et le but est de perdre du poids pour la course suivante. Ici tu peux rouler le plus vite possible tout le temps. Les courses sont très ouvertes et ce n'est pas aussi évident que l'on pourrait l'imaginer. Le niveau est relevé et tout le monde est très professionnel, sachant que les pilotes amateurs ont un bon niveau. La compétition est dure et il faut se battre sur chaque meeting. A titre personnel, je suis ravi de ma saison et de mon association avec Joël (Camathias). L'équipe est très professionnelle et nous faisons un super travail tous ensemble ».

 

Le bilan en Le Mans Series avec la Lola-Aston Martin/Speedy Sebah est plus contrasté ?

« Disons qu'il ne reflète pas notre potentiel. Nous avons eu trop de problèmes techniques et ce jusqu'à Silverstone. Pourtant, l'auto est compétitive et je prends beaucoup de plaisir à la piloter. Pour moi, rouler en prototype c'est le must. C'est comme qui dirait la Formule 1 de l'Endurance. Cette saison a été pour nous une année d'apprentissage et nous avons tout l'hiver pour peaufiner en vue de 2010. Toute l'équipe est motivée pour relever ce challenge. Actuellement, nous n'avons pas trop d'idée concernant le plateau 2010 mais nous serons là pour gagner. Il ne faut pas oublier que les manches de six heures sont de vrais sprints ».

 

Ce qui veut dire que tu seras de nouveau avec Speedy/Sebah la saison prochaine ?

« Personne n'est sûr de rien ! Tous les teams n'ont pas encore bouclé pour l'année prochaine, ce qui fait que les pilotes ne peuvent être confirmés. Pour être honnête, rouler au Mans avec une Usine serait le top (rires). J'ai pris énormément de plaisir à rouler dans diverses séries et pourquoi pas continuer l'an prochain ».

 

Tu as également pris part aux 24 Heures du Nürburgring sur une Audi R8 qui disputait son premier double tour d'horloge. Une belle expérience ?

« Déjà, la Nordschleife est le tracé le plus dur que je connaisse. Cette course n'est pas évidente, compte tenu de la longueur du circuit et du nombre d'autos totalement opposées en piste. Tu as certains pilotes qui connaissent la piste par cœur. Pour nous, c'était un vrai sprint et malheureusement c'est notre auto qui a rencontré des problèmes. Nous savions avant la course que la boîte de vitesses était fragile et Audi a beaucoup travaillé pour la fiabiliser. Nous n'étions pas sûrs que cela marche mais nous n'avons jamais lâché. Cette première participation était dans le but d'acquérir de l'expérience pour 2010 ».

 

Les 24 Heures de Spa se sont mieux déroulées avec une belle performance...

« Nous avons surpris tout le monde et nous n'avons pas rencontré le moindre problème. Nous n'aurions pas pensé que nous puissions être plus rapides que les GT2. L'auto était un vrai avion. L'idée d'aller rouler à Spa est à mettre à l'actif de Phoenix Racing et non de Audi Sport. Nous avons pu montrer tout le potentiel de l'auto, même si je ne pense pas qu'une Audi R8 GT2 soit dans les tuyaux pour le moment ».

 

En fin de saison, tu as découvert la Corvette C6.R GT2 en American le Mans Series. Comment juges-tu les débuts de l'auto ?

« L'auto a été de suite compétitive. Je n'ai pris le volant de la Corvette GT2 qu'aux premiers essais de Petit Le Mans. Son niveau ne m'a pas vraiment surpris car je connaissais déjà le potentiel de la GT1. Tout le monde connaît la qualité du travail de Pratt&Miller. Notre début de course était acharné et nos deux autos étaient en tête. Malheureusement, la pluie est arrivée et nous sommes rentrés dans les stands trop tard. Nous sommes un peu frustrés de cette fin de course car le podium était largement envisageable. Le niveau de la catégorie GT2 en ALMS est incroyable. Il y a toujours quasiment quatre autos qui se suivent durant toutes les courses. C'est une classe d'élite ».

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

 

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