Hugues de Chaunac vous répond : 2009 et 2010.

2009-10-28 12:00:00
by Antho

Du 8 au 18 octobre, Endurance-Info vous a proposé de poser toutes vos questions à Hugues de Chaunac. Vous avez été nombreux à interroger le Président du Groupe ORECA qui a pris le temps de nous recevoir avant son départ pour l’Asian Le Mans Series. Les sujets de discussions sont nombreux : 2009 bien évidemment, mais aussi les projets pour les deux prochaines saisons et notamment la rumeur « Peugeot 908 ». Hugues de Chaunac évoque également l’avenir en général, mais aussi la compétition-client avec, entre autres, une nouvelle intéressante à propos de la Formula Le Mans. Enfin, cette interview est l’occasion d’une première pour Endurance-Info, puisqu’elle est disponible en vidéo !

 

Hugues de Chaunac répond à vos questions, part 1

 

2009 : Trois continents au programme…

 

Hugues de Chaunac, commençons par une question générale, quel bilan de la saison dressez-vous jusqu’à présent ?

« C’est un bilan très positif. Nous étions parti un peu en retard, mais l’équipe a progressé en permanence, tant sur la fiabilité que la performance. Sur la fiabilité, nous avions l’objectif d’avoir au moins une voiture qui ne s’arrête pas au Mans, sauf pour les changements de pneus et les ravitaillements en essence. On y est arrivé : on termine au milieu des Diesels, une performance pour moi exceptionnelle, sachant que seule la Peugeot 908 qui a gagné les 24 Heures du Mans s’est arrêtée moins de temps au stand. Nous sommes deuxième au temps passé dans les stands.

« Sur le plan des résultat, c’est monté crescendo après Le Mans. Pole et en tête à Portimão : un petit ennui technique nous oblige à faire un arrêt au stand. Ensuite, pole et victoire à Silverstone. Et enfin à Petit Le Mans, une cinquième place derrière quatre Diesels, mais devant Honda-Acura . Je crois que nous avons montré le travail énorme accompli à la fois sur la fiabilité et la performance. »

 


Vous restez sur le Petit Le Mans, qui était votre première apparition outre-atlantique avec la Oreca 01. Est-ce que cette course a été à la hauteur de vos espérances ?

« Oui totalement. D’abord, il fallait se retremper dans une autre atmosphère et pour cela les courses aux Etats-Unis sont vraiment excellentes. Elles vous mettent sous pression permanente à cause de l’apparition des pace-car. Il y a vraiment en permanence quelque chose qui se passe. Nous voulions apprendre, nous avons appris beaucoup de choses que nous ne voyions pas forcément sur les courses de 1000km. Troisième chose, nous voulions nous étalonner par rapport à Honda-Acura. On s’est situé. Nous avons été un peu moins bien aux essais parce que nous ne connaissions pas le circuit et il y avait encore du travail à faire. Et puis en course, nous avons été plus vites que les Honda-Acura. »

 

Cette apparition peut-elle conduire à un programme plus régulier en ALMS ?

« Si la question est « est-ce que j’aimerais aller plus souvent courir aux USA », la réponse est oui. A la deuxième question, » est ce que vous auriez les moyens ? », hélas pour le moment non. Mais la volonté serait d’aller plus souvent là-bas. »

 

Est ce que ORECA sera aux 12H de Sebring ?

« Aujourd'hui, à cinq mois de l'épreuve, je dirais une chance sur deux. La volonté y est, il faut trouver les moyens d’y aller. »

 

Après les USA, place au Japon. Qu’est ce qui vous motive à disputer l’Asian Le Mans Series ?

« Deux facteurs principaux. Le premier est que nous sommes équipés d’un moteur soutenu par une firme japonaise, AIM. C’est un très gros groupement d’ingénieurs au Japon et ils prennent en charge la partie moteur. C’est une raison d’aller courir chez eux de façon évidente. La deuxième, c’est d’aider, de supporter l’ACO qui a lancé cette série en Asie. Et comme un fidèle compétiteur des 24 Heures du Mans, c’est important de pouvoir soutenir cette saison. Voilà les deux raisons : motoriste et ACO. »

 

Cette année, vous avez couru en Europe, en Amérique, et vous allez courir au japon. Quel continent séduit le plus vos partenaires ?

« les partenaires, c’est surtout une épreuve qui les séduit plus qu’un continent. La plus grande course, ce sont les 24 Heures du Mans. Elle n’est pas rattachée à tel ou tel continent, même si j’ai des partenaires qui sont plutôt des entreprises françaises ou européennes en tout cas pour trois. Mais ce qui séduit, c’est la grande course des 24 Heures du Mans. »

 

2010 : « Nous avons plusieurs possibilités… »

 

Place à 2010, avec de nombreuses questions concernant vos projets. Comment va s’établir votre programme pour l’an prochain ?

« 2010, c’est une période où nous sommes en pleine réflexion. Nous avons plusieurs schémas, plusieurs possibilités : faire que quelques grandes épreuves comme Sebring, comme les 24 Heures du Mans, Spa et Petit Le Mans, ou au contraire se concentrer sur la Le Mans Series. Aujourd’hui, nous sommes dans une période de réflexion, dont les décisions ne seront prises que début décembre. »

 

Parmi les éventualité, on a beaucoup entendu parler d’une Peugeot 908 pour ORECA. Est-ce une opportunité ?

« J’en ai pas mal entendu parler, plus de l’extérieur que de l’intérieur. Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui voudrait avoir une 908 ou surtout son moteur diesel, mais là dessus, je ne suis pas très avancé. Je ne suis sûr d’être bien placé pour ce sujet. »

 

On a vu cette année Pescarolo Sport engager une Peugeot parallèlement à ses activités de constructeur ; plusieurs teams sont intéressés par la location d’une 908 pour 2010. N’est-ce pas dangereux de voir des constructeurs ou teams privés contraints de louer une voiture diesel alors qu’ils ont dans leurs ateliers des voitures compétitives ?

« Je crois qu’il faut être clair. Chaque team a des objectif et est obligé d’avancer année après année pour s’en rapprocher le plus possible. Il faut aussi penser qu’il peut avoir des opportunités qui se présentent, qui séduisent les partenaires, ou pas. Je pense qu’il faut savoir étudié les opportunités  pour voir si elles sont opportunes pour l’avenir du team. Il ne faut pas oublier qu’un team privé, c’est difficile à maintenir, à développer. Ce n’est pas comme un constructeur qui va s’engager sur deux, trois ou quatre ans. Un team privé est remis en question chaque année. »

 

Mais la réglementation actuelle ne conduit-elle pas un plateau mono-moteur avec uniquement des Diesels et des privés qui sont de moins en moins présents ?

« Il y 2010 et l’après 2010. En 2010, c’est impossible que Le Mans échappe à un diesel. Ça c’est une certitude ! Il faut bien l’intégrer, savoir bien l’expliquer à ses partenaires. Il y a un règlement qui est fait de telle sorte que ça ne puisse pas échapper à un moteur diesel. Après, en 2011, avec le nouveau règlement, je pense que ce sera beaucoup plus ouvert. Et personnellement, nous nous sommes focalisés sur 2011. 2010 c’est la fin d’une époque, une année de transition pour nous et on se focalise beaucoup sur 2011. »

 

Cette année, vous avez battu Aston Martin Racing en Angleterre, vous avez battu Acura aux USA : que vous manque-t-il pour battre Audi et Peugeot au Mans ?



 

« Il faut être réaliste. Il manque encore pas mal de choses. La première que nous aurions envie de dire, c’est d’avoir leur budget. Cela nous donnerait beaucoup plus de possibilité de nous battre à arme égale avec eux. Mais le sport automobile est ainsi fait : c’est à nous de le faire avec les moyens dont nous disposons. Par contre, parallèlement à ce problème de budget, Audi et Peugeot possèdent une très grosse expérience, ils ont beaucoup travaillé, acquis des mécanismes qui fonctionnent parfaitement. Ce sont deux grandes équipes. Vous savez, ce sont un peu le Real de Madrid et Manchester United. »

 

Le chapitre Pilotes

 


Toujours concernant 2010, le sujet Pilotes a été particulièrement questionné. La premier sujet, l’arrivée de Bruno Senna a-t-elle été à la hauteur de vos espérances, aussi bien sportivement qu’au niveau des retombées médiatiques ?

« D’abord, il faut qu’on fasse le tri parmi les demandes de vos internautes pour savoir quels sont les candidats pilotes que l’on peut sectionner ! Plus sérieusement, j’ai été très content des pilotes de cette année. Evidement, notre équipage vedette, ou en tout cas celui qui a fait toute la saison, Olivier Panis et Nicolas Lapierre, a parfaitement fonctionné. Stéphane Ortelli a fait du très bon travail. Bruno Senna a amené tout ce qu’il devait amené à l’écurie : son sérieux, sa notoriété évidement. Il a certes, c’et vrai, découvert Le Mans avec tout ce que cela implique, mais je savais qu’on prenait un risque. C’est toujours comme cela quand on engage un jeune pilote qui fait ses premier tours de roue au Mans, mais je pense qu’il a fait du très bon boulot. Globalement, très satisfait de ce qu’on fait les pilotes, auxquels j’associe Tiago Monteiro et Soheil Ayari pour les 24 Heures du Mans, qui ont aussi fait un excellent travail. »

 

Dans un  article de l’équipe paru à l’époque de Petit Le Mans, vous évoquiez la présence future de Olivier Panis et Nicolas Lapierre. Sont-ils déjà confirmé pour 2010 ?

« A peine le journal sorti, chacun m’a envoyé un texto en me demandant si je pouvais confirmer les dires de l’Equipe. Je leur ai répondu qu’on devait en reparler en novembre. Je pense que le mois arrivant, ils vont m’appeler pour me rendre une visite très rapidement. Disons qu’ils sont en très bonne position, mais pour l’instant rien est arrêté. »

 

Je ne vais pas citer tous les noms de pilotes que nous avons reçu, mais deux sont revenus avec insistance :  Romain Dumas, qui a roulé avec vous à Petit Le Mans, et Olivier Pla, qui est champion Le Mans Series LMP2. Ces deux pilotes font-ils partie des possibilités ?

« Pas mal de pilotes font partie des possibilités. Sur les deux que vous citez, j’ai deux commentaires. Le premier, c’est Romain : il a fait un super job à Petit Le Mas. J’ai découvert un pilote et un garçon que je ne connaissais pas très bien, bien que je le voyais souvent. Je peux vous dire que c’est un grand pilote ! Tant sur le plan humain que sur le plan du pilotage. C’est un grand plaisir de l’avoir eu dans l’équipe et si j’ai une possibilité de l’avoir plus tard, je n’y manquerai pas. Mais c’est un pilote Porsche et il ne faut pas l’oublier. Quant à olivier Pla, il a vraiment fait une saison superbe. Il a beaucoup de talent, et il mérite de façon sûre de rouler en LMP1. Est-ce qu’on aura une possibilité ? C’est encore trop tôt et difficile de le dire. En tout le cas, ce qu’il a fait, il faut qu’il continue à le refaire en 2010. »

 

Rendez-vous demain pour la suite des réponses de Hugues de Chaunac, avec au programme le projet 2011, la compétition-client et les questions diverses.

 

Anthony Megevand

 

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