Hugues de Chaunac vous répond : 2009 et 2010.
by Antho
Du 8 au 18 octobre, Endurance-Info vous a proposé de poser toutes vos questions à Hugues de Chaunac. Vous avez été nombreux à interroger le Président du Groupe ORECA qui a pris le temps de nous recevoir avant son départ pour l’Asian Le Mans Series. Les sujets de discussions sont nombreux : 2009 bien évidemment, mais aussi les projets pour les deux prochaines saisons et notamment la rumeur « Peugeot 908 ». Hugues de Chaunac évoque également l’avenir en général, mais aussi la compétition-client avec, entre autres, une nouvelle intéressante à propos de la Formula Le Mans. Enfin, cette interview est l’occasion d’une première pour Endurance-Info, puisqu’elle est disponible en vidéo !
Hugues de Chaunac répond à vos questions, part 1
2009 : Trois continents au programme…
Hugues de Chaunac, commençons par une question générale, quel bilan de la saison dressez-vous jusqu’à présent ?
« C’est un bilan très positif. Nous étions parti un peu en retard, mais l’équipe a progressé en permanence, tant sur la fiabilité que la performance. Sur la fiabilité, nous avions l’objectif d’avoir au moins une voiture qui ne s’arrête pas au Mans, sauf pour les changements de pneus et les ravitaillements en essence. On y est arrivé : on termine au milieu des Diesels, une performance pour moi exceptionnelle, sachant que seule la Peugeot 908 qui a gagné les 24 Heures du Mans s’est arrêtée moins de temps au stand. Nous sommes deuxième au temps passé dans les stands.
« Sur le plan des résultat, c’est monté crescendo après Le Mans. Pole et en tête à Portimão : un petit ennui technique nous oblige à faire un arrêt au stand. Ensuite, pole et victoire à Silverstone. Et enfin à Petit Le Mans, une cinquième place derrière quatre Diesels, mais devant Honda-Acura . Je crois que nous avons montré le travail énorme accompli à la fois sur la fiabilité et la performance. »
Est ce que ORECA sera aux 12H de Sebring ?
« Aujourd'hui, à cinq mois de l'épreuve, je dirais une chance sur deux. La volonté y est, il faut trouver les moyens d’y aller. »
Après les USA, place au Japon. Qu’est ce qui vous motive à disputer l’Asian Le Mans Series ?
« Deux facteurs principaux. Le premier est que nous sommes équipés d’un moteur soutenu par une firme japonaise, AIM. C’est un très gros groupement d’ingénieurs au Japon et ils prennent en charge la partie moteur. C’est une raison d’aller courir chez eux de façon évidente. La deuxième, c’est d’aider, de supporter l’ACO qui a lancé cette série en Asie. Et comme un fidèle compétiteur des 24 Heures du Mans, c’est important de pouvoir soutenir cette saison. Voilà les deux raisons : motoriste et ACO. »
Cette année, vous avez couru en Europe, en Amérique, et vous allez courir au japon. Quel continent séduit le plus vos partenaires ?
« les partenaires, c’est surtout une épreuve qui les séduit plus qu’un continent. La plus grande course, ce sont les 24 Heures du Mans. Elle n’est pas rattachée à tel ou tel continent, même si j’ai des partenaires qui sont plutôt des entreprises françaises ou européennes en tout cas pour trois. Mais ce qui séduit, c’est la grande course des 24 Heures du Mans. »
2010 : « Nous avons plusieurs possibilités… »
Place à 2010, avec de nombreuses questions concernant vos projets. Comment va s’établir votre programme pour l’an prochain ?
« 2010, c’est une période où nous sommes en pleine réflexion. Nous avons plusieurs schémas, plusieurs possibilités : faire que quelques grandes épreuves comme Sebring, comme les 24 Heures du Mans, Spa et Petit Le Mans, ou au contraire se concentrer sur la Le Mans Series. Aujourd’hui, nous sommes dans une période de réflexion, dont les décisions ne seront prises que début décembre. »
« Il faut être réaliste. Il manque encore pas mal de choses. La première que nous aurions envie de dire, c’est d’avoir leur budget. Cela nous donnerait beaucoup plus de possibilité de nous battre à arme égale avec eux. Mais le sport automobile est ainsi fait : c’est à nous de le faire avec les moyens dont nous disposons. Par contre, parallèlement à ce problème de budget, Audi et Peugeot possèdent une très grosse expérience, ils ont beaucoup travaillé, acquis des mécanismes qui fonctionnent parfaitement. Ce sont deux grandes équipes. Vous savez, ce sont un peu le Real de Madrid et Manchester United. »
Le chapitre Pilotes
« A peine le journal sorti, chacun m’a envoyé un texto en me demandant si je pouvais confirmer les dires de l’Equipe. Je leur ai répondu qu’on devait en reparler en novembre. Je pense que le mois arrivant, ils vont m’appeler pour me rendre une visite très rapidement. Disons qu’ils sont en très bonne position, mais pour l’instant rien est arrêté. »
Je ne vais pas citer tous les noms de pilotes que nous avons reçu, mais deux sont revenus avec insistance : Romain Dumas, qui a roulé avec vous à Petit Le Mans, et Olivier Pla, qui est champion Le Mans Series LMP2. Ces deux pilotes font-ils partie des possibilités ?
« Pas mal de pilotes font partie des possibilités. Sur les deux que vous citez, j’ai deux commentaires. Le premier, c’est Romain : il a fait un super job à Petit Le Mas. J’ai découvert un pilote et un garçon que je ne connaissais pas très bien, bien que je le voyais souvent. Je peux vous dire que c’est un grand pilote ! Tant sur le plan humain que sur le plan du pilotage. C’est un grand plaisir de l’avoir eu dans l’équipe et si j’ai une possibilité de l’avoir plus tard, je n’y manquerai pas. Mais c’est un pilote Porsche et il ne faut pas l’oublier. Quant à olivier Pla, il a vraiment fait une saison superbe. Il a beaucoup de talent, et il mérite de façon sûre de rouler en LMP1. Est-ce qu’on aura une possibilité ? C’est encore trop tôt et difficile de le dire. En tout le cas, ce qu’il a fait, il faut qu’il continue à le refaire en 2010. »
Rendez-vous demain pour la suite des réponses de Hugues de Chaunac, avec au programme le projet 2011, la compétition-client et les questions diverses.
Anthony Megevand







