6H Magny-Cours GT : Perrier/Pagny/Hesnault au bout du suspense.
by Claude
Les Six Heures de Magny-Cours GT/Tourisme ont donné lieu à une course somptueuse, avec un superbe plateau et des rebondissements multiples. La météo, un temps incertaine, a eu le bon goût d'être plus clémente que la veille, ce qui a permis à l'épreuve de se dérouler dans des conditions normales ou presque. La Ferrari 430 GT2 du Perspective Racing, grâce à des relais solides de Philippe Hesnault et de Jean-Paul Pagny, la vélocité de Thierry Perrier et une excellente stratégie de son ingénieur Yann Michel, a retrouvé le chemin de la victoire.
Qualifications
Samedi matin, pour la séance qualificative, la piste était très humide et elle le resta tout au long de la session. La lutte pour la pole position n'en fut pas moins acharnée et c'est finalement Miguel Langin (Porsche 996 RSR n°14) qui la décrochait en 2'01"400, avec un peu plus de trois dixièmes de mieux que le leader du Challenge David Loger (Porsche 997 Cup S n°132). Derrière, il y avait du beau monde : en seconde ligne, la Ferrari 430 n°1 de Thierry Perrier, troisième temps, et la Porsche 997 Cup Jetalliance n°136 de Lukas Lichtner-Hoyer, et en troisième ligne la Porsche 997 Cup n°32 de Xavier Pompidou, cinquième, et la Mosler n°16 MT900 de Damien Kohler, sixième, tandis que la Porsche 997 Cup IMSA n°175 était septième.
| La Ferrari du Perspective Racing (Perrier/Pagny/Hesnault) prend la tête du Challenge en renouant avec le succès... |
| ... devant la Porsche IMSA de Narac/Gibon/Bourret... |
| ... et la Porsche de Moreau/Langin, encore en course pour le titre. |
La course
La Mosler n°16 de Kohler/Depagneux était forfait en raison de problèmes de boîte de vitesses qui n'ont pu être résolus à temps. La seconde Mosler, la n°26 BF Racing/VdeV, allait s'élancer depuis la pitlane, une fuite sur les freins ayant pu être réparée juste à temps pour la course, mais assez pour être sur la grille de départ. La pluie ayant cessé, c'était la grande interrogation quant au choix des pneumatiques. Thierry Perrier optait sans hésitation pour des pluies, Xavier Pompidou partait pour les tours de reconnaissance en slicks mais rentrait bien vite au stand pour monter des pluies. La Porsche n°14, en pole, allait elle aussi partir en pluies avec Bernard Moreau au volant.
Thierry Perrier était le plus prompt au départ et virait le premier dans Estoril avec la Ferrari Perspective, tandis que Eric Van de Vyver qui prenait le départ depuis les stands avec la Mosler partait pratiquement tout de suite en tête-à-queue. Le premier tour était plus qu'animé. Perrier emmenait le peloton devant Moreau mais Xavier Pompidou, depuis la troisième ligne, volait sur la piste et passait ses adversaires un par un. il retardait son freinage au maximum dans la descente après le Château d'Eau et passait imparablement la Ferrari dans le droite du Lycée pour boucler le premier tour en tête. Cependant, il était stoppé dans son élan dès le deuxième tour par l'entrée en piste du safety car, une Clio Cup étant en position difficile pleine piste. Cette neutralisation était très courte et au restart Pompidou était gratifié d'un avertissement, ayant dégainé un peu trop rapidement. Il restait en tête devant Perrier, Moreau, Lichtner-Hoyer et Loger.
Deuxième safety car après un peu plus d'un quart d'heure de course!! Des débris jonchent la piste. Perrier et Pompidou profitent de cette interruption pour changer de gommes. Au restart, la Porsche Jetalliance de Lichtner-Hoyer précède les Porsche de Loger et de Moreau. Joli mano à mano entre Lichtner-Hoyer et Loger, c'est à toi, à moi...Van de Vyver a mis à profit les neutralisations pour ramener la Mosler vers l'avant de la course.
Thierry Perrier se fait une petite chaleur en partant en tête-à-queue dans Estoril, sans conséquences pour la voiture. Pompidou hausse encore le ton et est nettement le plus rapide en piste et refait le terrain perdu. Moins de 20 minutes après son arrêt, il prend déjà la troisième place à Moreau et part à la chasse des deux leaders. Il les rejoint facilement et s'empare du commandement alors que Loger passe également Lichtner-Hoyer. Dans le peloton, belle remontée de la surpuissante Ferrari 430 n°77 de Desbruères qui aligne de jolis chronos. Moreau s'est arrêté pour changer ses pneus et est désormais à un tour des premiers.
Les deux Ferrari sont les plus vite en piste, Thierry Perrier est remonté en sixième position avec le meilleur tour en course, et la Ferrari n°77 de Daniel Desbruères est maintenant quatrième. Juste avant de ravitailler, il bat le temps de Perrier.
Nouveau safety car à 12h10 : la Porsche IMSA s'est accrochée avec une Clio Cup à Adelaïde. Elle peut repartir mais porte les traces du choc sur son flanc gauche. La neutralisation se prolonge, car la Clio doit être mise sur un plateau et la roue avant droite bloquée ne facilite pas la manoeuvre des commissaires. Van de Vyver ravitaille la Mosler qui est remontée au cinquième rang, alors que la Porsche n°14 change une nouvelle fois ses pneus.
Au restart, l'ordre est le suivant : Porsche 32, Porsche 136, Porsche 132, Porsche 64 (Jean-Marc Bachelier) qui fait une course sans fautes depuis le départ, Porsche 175, Mosler 26, Ferrari 1. La Ferrari passe très vite la Mosler mais un troisième safety car survient après un peu moins de deux heures de course : la Porsche n°50 est dans le bac à gravier et, mal placée, doit être dégagée. Eric Van de Vyver passe le relais à Ludovic Bour, David Loger à Eric Mouez.
Coup de théâtre : la Porsche n°32 tombe en panne d'essence. Sur son élan elle peut virer au Château d'Eau et faire la descente en roue libre, mais elle s'immobilise dans le virage du Lycée. Au démarreur, Xavier fait avancer la Porsche par sauts jusqu'à la pitlane où les mécaniciens la prennent en charge, mais c'est bien évidemment un temps très important qui a été perdu. C'est désormais la Porsche Jetalliance qui est en tête devant la Porsche n°132 et La Ferrari n°1. La Porsche n°132 rentre peu après au stand avec une fumée un peu inquiétante. La Mosler de ce fait devient quatrième, Bour signant de bons temps.
Philippe Hesnault relaie Perrier sur la Ferrari 1 tandis que c'est un bras avant cassé sur la Porsche 132, en tête du Challenge. La Porsche Jetalliance, en tête s'arrête également. Elle repart pour crever presque immédiatement à l'arrière gauche et elle perd beaucoup de temps en rentrant aux stands. Changement de leader : la Mosler n°26 est désormais au commandement, et avec un tour d'avance!!
Nouvelle crevaison pour la Porsche Jetalliance alors que la Porsche Nourry n°132 de Loger/Mouez reprend la piste avec maintenant 12 tours de retard sur la tête de la course et que la Porsche n°14 effectue son quatrième arrêt. La Mosler doit cependant ravitailler et la Ferrari Perspective pilotée par Philippe Hesnault passe en tête. Elle le reste pendant un quart d'heure, avant de ravitailler à nouveau. Jean-Paul Pagny relaie Hesnault et la Mosler repasse devant, Ludovic Bour toujours à son volant. L'étonnante Porsche 996 RSR Nourry Compétition n°48 de Baudinière/Proust/Vicaire qui tourne régulièrement depuis le début est troisième, puis même seconde à un tour de la Mosler!! La 997 Cup n°133 de Nourry/Samon est troisième, mais les deux Porsche doivent ravitailler.
Autre coup de théâtre, à un peu plus de deux heures de l'arrivée. Ludovic Bour, en fin de relais et sans doute fatigué, part à la faute dans Estoril et part dans le bac. Safety car! La Mosler doit être dégagée par un engin de levage et la victoire s'échappe pour la MT900 qui une fois remise sur piste revient au stand avec un gros lest de gravier! Manuel Ferreira relaie Bour.
La Ferrari n°1 est de nouveau leader avec 15 secondes d'avance seulement sur la Porsche IMSA n°175. La Porsche 133 est troisième, la Ferrari 77 quatrième. La Porsche remonte sur la Ferrari et à deux heures de l'arrivée elle la dépasse. La Ferrari n°77 a pris la troisième place.
Après 125 tours couverts, ravitaillement pour la Ferrari de tête et T.ierry Perrier remonte à bord pour le dernier relais. Après une petite sortie de la Porsche n°48 et le ravitaillement de la Porsche 133, la Porsche n°14 de Moreau/Langin est revenue en quatrième position derrière la Mosler, mais celle-ci doit ravitailler, tout comme la Porsche IMSA de Narac qui effectue son pitstop à 1h15 de l'arrivée et repart à 17 secondes de Perrier qui, nullement fatigué, améliore à chaque passage ou presque le meilleur tour en course. Il est plus rapide de trois à quatre secondes au tour que la Porsche de Narac. Dans le stand Perspective, on se livre à des calculs et à des supputations car la Ferrari doit encore prendre de l'essence une fois. Même à la cadence de la Ferrari, cela risque d'être juste pour la victoire. Thierry la Fronde restera-t-il à un jet de pierre de la Porsche pour la gagne? Le suspense est garanti. Il concerne également la troisième place, convoitée par la Ferrari 77, troisième, la Porsche Polybaie n°14 et la Mosler n°26, cinquième, qui sont dans le même tour, assez près les unes des autres.
Le suspense pour la victoire prend fin avec un arrêt imprévu de la Porsche IMSA et dès lors Thierry Perrier n'est plus inquiété. La Ferrari 77 ravitaille et retombe en sixième position alors que la Mosler perd toute chance de podium après s'être accroché avec une Clio et devant changer la roue arrière droite. Moreau et Langin décrochent ainsi le podium derrière la Porsche IMSA et la Ferrari Perspective qui l'emporte avec un tour d'avance, Thierry Perrier ayant effectué, et de loin, le meilleur tour en course.
Pagny et Perrier reprennent la tête du Challenge d'Endurance GT/Tourisme, alors que Loger/Mouez et Moreau/Langin restent en course pour le titre qui sera donc attribué lors de la dernière manche à Estoril, le 21 novembre, pour une nouvelle course de Six Heures qui associera GT/Tourisme et VHC.
Dans le camp des Clio Cup, victoire de Thiery/Thiery/Quilez, alors que Jean-Pierre Jaussaud, associé à son fils Eric et Gilles Zaffini goûte une nouvelle fois aux joies d'un podium et que les féminines de l'épreuve, Patricia Bertapelle- bon sang ne saurait mentir- et Caroline Grifnée terminent troisièmes d'une course qu'elles ont bien failli remporter.
Les résultats de Magny-Cours sont là, davantage de photos ici.
Claude Foubert



