Benoît Tréluyer : Fini la monoplace, place aux Protos et GT.
by Claude
Benoît Tréluyer a annoncé récemment sa décision d'arrêter sa carrière en monoplace, et plus précisément en Formula Nippon (monoplaces de plus de 600 chevaux), pour se consacrer exclusivement à l'endurance. En Formula Nippon, la carrière de l'alençonnais a été très riche. Benoît a débuté dans cette discipline en 2002 et a depuis engrangé de bons résultats, avec notamment un titre de Champion en 2006 avec une monoplace du Team IMPUL et trois places de vice-champion, en 2003, 2007 et encore cette année où il est le dauphin de Loïc Duval. Rappelons par ailleurs qu'au Japon, dans une carrière bien remplie, il a été champion de F3 en 2001 et qu'il est champion en titre du SUPER GT en catégorie GT500 avec son coéquipier Satoshi Motoyama. Cette année, il pilote de nouveaur une Nissan GT-R du Team NISMO, l'émanation sportive de Nissan, étant ainsi pilote officiel Nissan. Benoît a accepté gentiment de répondre à quelques-unes de nos interrogations.
Benoît, tu arrêtes définitivemment la monoplace ?
"Oui, tout à fait, il faut laisser la place aux jeunes ! J'ai assez "râlé' par le passé de voir des anciens s'accrocher pour ne pas vouloir les imiter. De toutes manières, je sais qu'à 33 ans, je n'irai plus en F1. Je songeais déjà à arrêter la monoplace, mais mon employeur m'a demandé de continuer. En fait, cette décision, c'est aussi un choix de vie. Mon fils vient d'avoir trois ans, et je pense qu'il est temps de rentrer en France pour son éducation. Il rentrera dans une école française, ne sera pas soumis plus tard à des changements de programme, je crois que c'est le bon moment pour s'installer."
Tu avais peut-être aussi l'impression d'avoir fait le tour de la Formula Nippon?
"Oui, c'est vrai que je connais bien le sujet... Ceci dit, le niveau est très élevé. Même si cette année, la grille n'est pas bien fournie, avec 13 voitures à chaque course, c'est quand même très fort. Tous les teams sont très bien structurés, il n'y a aucun pilote à la traîne, ils sont tous très bons. Cette saison, on a fait de belles courses. En qualifs, on n'était pas toujours très bien placés, car on travaillait surtout sur le set-up de course : avec 13 voitures, la place sur la grille est un peu moins importante, mais en course, ça allait bien."
Donc, place maintenant à l'endurance?
"Absolument. J'ai un obljectif : remporter les 24 Heures du Mans ! Donc, comme je rentre en Europe, je suis ouvert à toutes les opportunités qui pourraient me convenir pour réaliser cet objectif. J'ai évidemment une préférence pour les prototypes, mais rien n'est fermé. C'est d'ailleurs pour voir ce qui peut être envisagé que je suis venu dimanche au Paul Ricard. Le FIA GT, ce pourrait être envisageable..."
Avec la Nissan GT-R GT1, par exemple?
"Oui, à condition de trouver des teams solides ayant la capacité de l'engager et de gérer la saison comme il faut. Nissan n'a pas le droit d'aligner elle-même l'auto, il faut donc trouver une équipe compétitive. La Nissan GT1, c'est effectivement une possibilité parmi d'autres."
As-tu déjà des contacts?
"Non, pas pour l'instant. J'aimerais de préférence trouver un très bon team pour courir en protos. Ce que je préfèrerais évidemment, c'est courir pour Pescarolo. Si ça peut se faire, ce sera parfait, car Henri a une telle approche des 24 Heures, du sport automobile en général... C'est vraiment un grand bonhomme, avec qui tout le monde a plaisir à travailler. Par ailleurs, il faudra voir les opportunités."
Un programme aux USA?
"Pourquoi pas, mais dans une bonne équipe, avec un programme qui peut me permette de préparer comme il faut les 24 Heures, et ne pas débarquer in extremis au Mans, comme habituellement. Dans le cas où j'aurais un programme américain, je ferais des aller-retour USA-Europe, car je m'installe pour de bon en France."
Retour à Alençon?
"Non, j'ai acheté l'année dernière dans un petit village du Sud, pour lequel j'ai eu le coup de foudre."
Le SUPER GT est toujours au programme?
"Oui, c'est la priorité, même si l'année prochaine, je serai basé en Europe. Je ferai le voyage au Japon pour les essais et les courses. J'aimerais bien trouver une place en Europe en Protos en complément du SUPER GT si les calendriers se superposent bien."
L'objectif de la fin de saison en SUPER GT, c'est, je pense, d'assurer le titre pilotes à Satoshi Motoyama et le titre Teams à NISMO, ce qui doit être important pour Nissan?
"L'objectif est de gagner le championnat pilote et équipes. Le fait d'avoir loupé une course me prive du titre pilote mais ça ne me dérange pas plus que ça. J'aurais ma satisfaction personnelle et j'aurais rempli mon contrat pour mon équipe."
Comme la Nissan n°1 est en lutte pour le titre avec la Honda n°8 et la Lexus n°36, à laquelle des marques les circuits de Autopolis et de Motegi conviennent le mieux, sachant qu'à Autopolis les trois voitures auront le même handicap de poids à 10 kg près et qu'à Motegi il n'y aura pas ce handicap?
"Il faut savoir que la Nissan c'est vu imposer 30 kilos de lest de plus que les Lexus et 20 de plus que les Honda. Ils nous ont encore réduit la bride par rapport aux deux autres constructeurs. Autopolis convient bien à la GT-R : nous avons fait la pole et gagné l'année dernière, mais les Honda se débrouillent bien la bas aussi. Motegi sera notre point faible car c'est un circuit plus typé Honda. "
Remerciements à Benoît que nous serons heureux de revoir sur les circuits européens.
Propos recueillis par Claude Foubert




