Stéphane Lémeret : Le pilote belge à visage découvert...
by Patrick
A l'heure des traditionnels bilans de fin d'année, Patrick Six est parti à la rencontre de Stéphane Lémeret. Histoire de découvrir le deuxième des dernières 24 Heures de Spa sous un visage que les lecteurs d'Endurance-Info ne connaissent peut-être pas encore. Entretien à bâtons rompus.
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Patrick Six : Stéphane, en dehors du sport automobile, as-tu d'autres passions ?
Stéphane Lémeret : « Oui, ma petite famille. Ma fille de 7 ans, Victoire, est vraiment indispensable à mon équilibre et j'adore passer du temps avec elle. Je suis capable de prendre un avion aller-retour juste pour être là à son réveil ou pour lui souhaiter bonne nuit ! C'est peut-être pour déculpabiliser d'être si souvent parti... »
Si tu n'avais pas choisi d'exercer le métier de pilote-journaliste, lequel aurais-tu aimé pratiquer ?
« Bonne question. Pilote tout court, peut-être... Réponse trop facile ? Alors chauffeur routier, à l'époque de Max Ménier, ou kiné-ostéopathe, ça me plaît bien. Les bons ostéos m'épatent par leur connaissance du corps humain. Et ce sont souvent des gens sympas. »
Quels sont tes modèles sportifs et non sportifs ?
« Je n'ai pas de modèle. Je ne suis pas trop du genre à admirer quelqu'un en particulier. Je n'ai par exemple jamais demandé un autographe à qui que ce soit, de toute ma vie. Mais j'admire de grands personnages comme sœur Emmanuelle ou l'abbé Pierre. Il ont passé leur vie à faire le bien, quitte à se mettre en danger. C'est vraiment admirable. De là à dire que ce sont des modèles... Je me vois malheureusement assez mal dans leurs habits ! D'un point de vue professionnel, je pense que l'exemple à suivre pour moi, c'est Pierre Dieudonné. Il a fait une belle carrière en tant que pilote et en tant que journaliste et a su se reconvertir de belle manière aussi. »
Y a-t-il une personnalité que tu n'as pas encore rencontrée avec laquelle tu voudrais échanger des idées autour d'une bonne table ?
« Il y a quelques années, j'avais répondu George W. Bush, pour voir s'il était aussi incompétent qu'il en avait l'air ! Je pense que ce n'est plus utile. Je dirais donc aujourd'hui le Dalaï Lama. Je suis sûr qu'il pourrait m'apprendre plein de choses ! »
Quelle éducation as-tu reçue de tes parents ?
« C'est plutôt ma mère qui prenait les décisions. Je pense qu'elle m'a appris à me sentir à l'aise avec tout le monde, dans tous les milieux sociaux, et c'est important dans la vie. Par contre, je n'ai jamais été élevé dans l'esprit de compétition. Ca m'a peut-être manqué au tout début de ma carrière. »
Te soutiennent-ils depuis tes premiers pas en Peugeot 106 ?
« Ma mère m'a pris pour un fou quand j'ai voulu faire du kart, que je n'ai donc finalement jamais pratiqué. Mais un jour, à 20 ans, je suis rentré à la maison et j'ai dit à mon père que j'avais loué une 106 de course. J'avais prévu de payer avec mes petites économies, mais il a trouvé ça idiot alors il m'a aidé à trouver un premier sponsor. Il était journaliste et avait donc beaucoup de contacts. Ça m'a aidé à me lancer. Au début, il venait aux courses. Puis, en 97, trois ans après mes débuts, il a eu un problème cardiaque et n'est plus venu. Il a aussi arrêté de m'aider à trouver des sponsors et j'ai dû me débrouiller seul. Cette année, plus de dix ans après, il est venu aux 1000 km de Spa. Ça m'a fait plaisir mais ça ne m'a pas porté chance ! Quant à ma mère, elle suit mes résultats dans le journal, mais ça la stresse. »
Quelles sont les choses qui te choquent dans le monde actuel ?
« Pfff... La liste est tellement longue ! C'est incroyable, j'ai vraiment l'impression que le monde déraille et que personne n'a assez de poigne ou de courage pour changer les choses. Comme beaucoup de monde, j'ai repris un peu d'espoir avec Obama mais il y a tellement à faire !
« Je pense que c'est le fait de beaucoup voyager, notamment dans des pays très pauvres, qui me fait voir les choses de manière plus noire que la plupart des Occidentaux. Quand vous voyez ce qui se passe en Inde, au Cambodge, en Chine, au Brésil ou en Afrique, vous avez du mal à comprendre pourquoi certaines personnes se plaignent chez nous. Certes, il y a de la misère chez nous, mais on a tellement de chance d'être nés de ce côté-ci de la planète et de manger à notre faim ! Mais il n'y a pas de miracle : on est en train d'assister à un rééquilibrage mondial et à l'avenir, nous serons moins riches. Tant pis, on ne pourra pas s'acheter une deuxième voiture ou un deuxième écran plat ! Si de l'autre côté de la planète cela permet à plus de monde de manger, je suis d'accord ! »
Propos recueillis par Patrick Six





