Vincent Vosse (WRT) : « Il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs »

#2 BELGIAN AUDI CLUB TEAM WRT (BEL) AUDI R8 LMS WILL STEVENS (GRB) WINNER OF THE MAIN RACE WITH VINCENT VOSSE (BEL) TEAM MANAGER

Fidèle parmi les fidèles aux championnats badgés SRO, le Belgian Audi Club Team WRT a clôturé sa saison 2017 par les titres Pilotes (Frijns/Leonard) et Equipes en Sprint Cup. Le championnat Endurance a été plus compliqué avec une 7e place finale. Le début de saison a été assez agité pour l’écurie belge de Vincent Vosse, mais les Belges ont redressé la situation pour terminer sur une série de bons résultats. Pour la première fois depuis 2011, le podium des Total 24 Heures de Spa s’est refusé au camp WRT avec aucune Audi R8 LMS dans le tiercé de tête. Vincent Vosse, patron de l’équipe, est revenu avec nous sur la saison de l’équipe.

Quel est le bilan de cette campagne 2017 ?

« Elle a plutôt mal débuté dans tous les sens du terme. L’équipe a repris petit à petit sa vitesse de croisière, notamment en Sprint où la barre a été redressée. En revanche, nous n’avons pas connu notre meilleure saison en Endurance. Nous avons perdu les avantages que nous avions mis en place. Le niveau de compétitivité a encore progressé. On a pu voir à Spa six autos en moins de deux minutes. »

Spa fait partie des déceptions ?

« On ne peut pas nier qu’on aurait aimé un meilleur résultat mais on ne peut pas dire que notre course est ratée avec deux autos dans le top 6. Tout s’est joué sur des détails et nous n’avons pas été aussi tranchants que par le passé. »

WRT a été plus chahuté que par le passé cette saison…

« Nous avons tout de même remporté le titre en Sprint, fait la course en tête à Spa et nous menons le championnat TCR. Le début de saison a été compliqué. A Misano, peut-être que nous n’avions pas suffisamment compris le fonctionnement des nouvelles gommes Pirelli. Il y a eu aussi quelques sorties de piste. Il a fallu gérer tous ces problèmes avec en parallèle la préparation des 24 Heures du Nürburgring. »

Quand vous dites que vous avez perdu vos avantages, vous faites allusion à la parfaite maitrise du règlement sportif de vos fins stratèges que sont Pierre Dieudonné et Thierry Tassin ?

« Le niveau du championnat était déjà très élevé en 2016, ce qui complique les choses pour tirer son épingle du jeu. L’instauration de la fenêtre lors des arrêts en Endurance a ôté une part de stratégie. Les solutions pour se démarquer sont plus difficiles. Nous n’avons jamais été les plus compétitifs en Endurance. Par chance, nos équipages étaient au rendez-vous. Dans le passé, Marc VDS et nous étions un cran au-dessus. Maintenant, beaucoup d’équipes se sont affûtées : HTP, AKKA, Bentley, Grasser, etc… Cela fait partie du sport auto. »

Cette fenêtre apparue l’an passé a modifié le cours des choses ?

« La stratégie est devenue très limitée. C’était génial de pouvoir tenter différentes stratégies comme on pu le faire l’an dernier à Silverstone. On peut tout perdre mais aussi tout gagner. Ce temps passé dans la voie des stands n’amuse personne. Dans une équipe, il n’y a pas que la performance des pilotes qui est excitante, il faut aussi prendre en compte toute la préparation. Si on ne peut pas mettre en place une stratégie, on perd une partie du sport auto qu’on aime. Si on prend les Total 24 Heures de Spa, les six dernières heures se sont résumées à une procession sans la moindre stratégie. SRO est conscient du problème. Stéphane Ratel est à l’écoute de ses clients, ce qui fait aussi le succès de ses championnats. Ses clients sont les équipes, et ce avant les constructeurs. »

Revenons sur la finale Sprint du Nürburgring où Robin (Frijns) était en lice pour le titre face à Markus (Winkelhock). Il y a eu une consigne d’équipe ?

« Je ne me vois pas figer les positions. Trois autos jouaient la gagne et on ne peut pas demander de figer les positions. Se battre fait partie du sport. On a juste fait passer le message que tout devait rester correct. Robin était en pneus neufs et Markus en pneus usés. L’ingénieur a fait passer le message à Markus ‘You’re fighting for the championship, keep your position’. L’interprétation a été mal comprise par le pilote. »

WRT n’a pas cherché à mettre en place un programme LMP2 après la belle prestation à Spa en 2016 ?

« Nous n’avons pas poussé pour un tel programme car nous sommes déjà bien occupés. Il faut aussi voir la viabilité d’un tel projet. »

Quels sont les plans pour 2018 ?

« Nous allons diminuer le nombre d’autos afin de nous recentrer pour mettre la barre encore plus haut. Pourquoi pas mettre une auto en Pro-Am si une bonne opportunité se présente. Ce serait un bel objectif pour Audi de voir qu’une R8 LMS emmenée par des Am peut jouer devant. »

L’idée est de cumuler à nouveau Sprint et Endurance ?

« Oui avec en parallèle un possible engagement en Blancpain GT Sports Club. Nous allons entrer dans notre 9e année de collaboration avec Audi. La marque a été l’une des premières à s’impliquer en GT3 en développant un service compétition-client de grande qualité. L’équipe est bien implantée dans les championnats SRO et il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs. Le plus important est de faire les choses dans de bonnes conditions, ce qui serait aussi le cas si un jour nous devions aller en LMP2. Il faut avoir la possibilité de gagner. »

Pas de programme GT4 en vue ?

« Pour cela, il faudrait s’y consacrer à plein temps. WRT n’a pas l’habitude de s’impliquer dans un programme à mi-temps. La catégorie GT4 se développe sur la scène mondiale, mais aujourd’hui nous restons concentrés sur le GT3. »

Les équipages 2018 sont connus ?

« Disons que j’ai une idée et qu’il n’est pas exclu d’y voir de nouvelles têtes. »