Vincent Capillaire (Graff-So24) : « Monter sur le podium du Mans n’est pas anodin ! »

#39 GRAFF SO24 (FRA) ORECA 07 GIBSON LMP2 VINCENT CAPILLAIRE (FRA) JONATHAN HIRSCHI (CHE) TRISTAN GOMMENDY (FRA)

Vincent Capillaire a vécu un moment fort en juin dernier en montant sur son premier podium aux 24 Heures du Mans. Mieux encore, après la disqualification de G-Drive Racing il y a quelques semaines, l’homme originaire du Mans se classe finalement 2e ! Mardi dernier, grâce à l’initiative de l’ACO, le podium a été rejoué…

Vous avez terminé 2e des 24 Heures du Mans 2018 en LMP2. Que gardez-vous en tête de cette aventure avec Graff ?

« Pendant la course, nous étions vraiment dans notre bulle. Nous sommes restés très concentrés sur ce que nous avions à faire et sur notre épreuve. Avant le départ, nous savions que nous avions de bons outils : une bonne auto, une belle équipe, des coéquipiers de valeur. Nous avions non seulement la pointe de vitesse, mais aussi l’expérience, ce qui aux 24 Heures du Mans est fondamental. Nous avons bien travaillé lors de la Journée Test et aux essais pour avoir une bonne auto pour le week-end. C’est ce que nous avons réussi à faire ! Ensuite, nous avons fait une course solide, sans quasiment aucune erreur. Ça se termine par une 3e place qui est devenue une 2e par la suite. Pour Graff et So24, c’est à dire la réunion de ces deux entités qui partagent beaucoup de valeurs, c’est vraiment une bonne chose. Ce podium et cette aventure humaine, au-delà du résultat sportif, sont un moment fort dans une vie car lorsqu’on monte sur un podium au Mans, ce n’est pas anodin ! »

Etait-ce « bizarre » en ce jour de rejouer le podium LMP2 presque six mois près la course ?

« Même s’il y a la pluie, qu’il n’y a pas de public, que nous sommes au mois de novembre, Le Mans reste un lieu à part. Ce ne sont pas que des murs en béton, il y a une âme particulière ici qui s’est réveillée un peu ce midi. Cela provoque forcément une certaine émotion même s’il n’y a pas des dizaines de milliers de personnes au pied. On a refait ce podium avec bonheur et nous avons gagné quelques centimètres par rapport à juin. Une marche, c’est toujours bon à prendre ! »

Vous êtes très impliqué au sein de So24. Quel est votre rôle ?

« Pour commencer, la vocation de So24 est de fédérer des partenaires, des entreprises, des institutionnels, des particuliers pour vivre les 24 Heures du Mans de l’intérieur, mais aussi tout au long de l’année autour de pilotes sarthois. Depuis sept ans, cette association a emmené trois pilotes sarthois aux 24 Heures du Mans. Elle est née d’une page blanche grâce à quelques personnes autour d’une table. Aujourd’hui, il y a quelques 150 entreprises regroupées à travers ce réseau et la passion de cette course. Ils viennent vivre l’épreuve avec nous, au sein de l’équipe, au mois de juin. Cependant, tout au long de l’année, nous intervenons auprès de nos partenaires pour continuer à faire vivre cette course mythique et le sport auto. Le champ de So24 s’élargit maintenant car nous avons dorénavant une section karting avec des pilotes qui ont fini 3e du Championnat de France d’endurance et fait un beau résultat aux dernières 24 Heures Karting. J’ai moi-même une casquette de coach puisque j’encadre le jeune Maxime Robin qui a commencé à faire ses armes en VdeV en LMP3 cette année. C’est une belle catégorie pour apprendre l’endurance, ce qu’est un premier prototype Le Mans et se préparer, à l’avenir, à disputer les 24 Heures du Mans. »  

Vous avez donc coaché Maxime Robin. Quel sera son programme 2019 ? Quand disputera-t-il les 24 Heures du Mans ?

« Il n’y a rien encore d’arrêté ! A l’heure d’aujourd’hui, les 24 Heures du Mans ne sont pas programmées. Je dis toujours : « mieux vaut faire les 24 Heures du Mans bien préparé que de les faire trop tôt ». Je préfère donc que nous prenions le temps nécessaire pour y arriver et qu’il puisse faire une bonne prestation. L’idée est de construire un programme à l’échelon supérieur par rapport au VdeV, c’est-à-dire en ELMS en LMP3, quelque chose d’un peu plus professionnel. Le but est de continuer d’apprendre et d’arriver ensuite au Mans dans les meilleures conditions. »

Qu’en sera-t-il de votre programme 2019 ? Juste les 24 Heures du Mans ou un peu plus ? Avec Graff ?

« Là aussi, rien d’officiel ! Le travail a été mis en route. Une vraie envie existe de part et d’autre pour continuer ensemble, il y a une vraie synergie entre Graff et So24. Pour ma part, j’ai une vraie volonté de faire un programme plus fourni, voire complet, de m’investir à fond et de mettre à profit toute mon expérience. Alors pourquoi pas une saison en ELMS l’an prochain avec So24 bien entendu ?! »