Teun van Beurden (InMotion) : « Nous allons nous concentrer sur la technologie de recharge rapide »

Electrique ? Hydrogène ? Voiture autonome ? Hybride ? Les technologies de demain se préparent dès aujourd’hui. La compétition a, elle aussi, un rôle à jouer sur le plan des innovations technologiques et les 24 Heures du Mans restent au centre des discussions. Des étudiants néerlandais penchent pour l’électrique pour rejoindre le Garage 56 en 2023 avec un prototype entièrement électrique. InMotion veut pouvoir recharger une voiture électrique aussi rapidement qu’on peut faire le plein de carburant actuellement.

Teun van Beurden, ancien responsable de l’équipe d’étudiants de l’Université de Technologie d’Eindhoven, se veut confiant sur l’issue du projet : « En tant qu’équipe, nous avons bien sûr déjà construit des voitures ces dernières années et nous avons beaucoup appris de cela. Au cours de l’année écoulée, nous nous sommes posés la question suivante : « quel chemin devons-nous suivre pour aller au Mans ?’ » Nous allons nous concentrer uniquement sur la technologie de recharge rapide, car nous pensons que c’est la dernière étape pour que la conduite électrique soit réalisable. »

« Nous voulons nous assurer que recharger soit aussi rapide que de faire le plein de carburant » poursuit van Beurden. « Les gens invoquent toujours la même chose : « vous devez recharger votre voiture’ » ou « vous ne pouvez pas conduire assez loin ». Là, vous proposez une solution au problème que les gens voient quotidiennement. De cette façon, nous voyons un avenir très prometteur pour la conduite électrique. »

Pour cela, il faut réduire drastiquement le temps de recharge. Le chargement rapide d’une voiture, où la batterie est chargée à 80%, se produit en 20 minutes. InMotion estime que dans cinq ans, ce temps peut être réduit à 2 minutes : « La raison pour laquelle nous pensons pouvoir le faire est que nous allons nous concentrer entièrement sur cela dans les années à venir. Nous souhaitons développer la batterie et déterminer la quantité d’énergie que vous pouvez en tirer. Le refroidissement en sera une partie essentielle. Vous devez vous assurer que tout le reste est à la bonne température et il y a encore pas mal à gagner. » A l’été 2019, l’équipe souhaite disposer de son premier prototype qui pourra se recharger en 10 minutes.

« Si nous voulons aller au Mans, c’est parce que notre équipe est convaincue que les courses sont si extrêmes que les solutions qui en découlent se retrouvent souvent plus tard dans l’industrie automobile classique » souligne van Beurden. « C’est ce qui ressort de l’histoire. Nous voulons être une source d’inspiration pour les constructeurs automobiles et leur montrer ce que nous pouvons faire pour que cette technologie soit dans les voitures classiques. »

Le prototype devra être capable d’avoir un temps de rechargement rapide, mais aussi d’être rapide sur la piste, ce qui n’effraie pas Teun van Beurden : « Nous devons être capables de suivre la vitesse des autres voitures, nous devrons donc atteindre une vitesse de 300 à 350 km/h. Si nous y parvenons en 2023, il y a de fortes chances pour que nous ayons conçu la voiture électrique la plus rapide du monde. C’est une grande ambition pour les ingénieurs de pouvoir créer quelque chose comme cela. »