Stéphane Ratel : « Le miracle se renouvelle chaque année »

STEPHAN RATEL (FRA) CEO AND FOUNDER OF SRO MOTORSPORT GROUP

Les Essais Officiels Blancpain GT Series marquent traditionnellement le lancement de la saison européenne. C’est aussi le moment de la publication de la liste des engagés du championnat. Les deux séries GT3 européennes managées par SRO Motorsports Group connaissent un franc succès avec un plateau de près de 50 GT3 en Endurance et un minimum de 24 en Sprint. De quoi rendre un Stéphane Ratel heureux, d’autant plus que ses autres championnats se portent tout aussi bien. Le patron de SRO Motorsports Group nous a accordé un entretien avant le lancement des hostilités. 

Que vous inspire les deux listes des engagés Blancpain GT Series Sprint et Endurance ?

« Le miracle se renouvelle chaque année et chaque année je me dis que ce n’est pas possible. On se dit toujours qu’on doit partir sur un budget prévisionnel de 35 autos en Endurance. C’est vraiment magnifique. Les Total 24 Heures de Spa s’annoncent une fois plus grandioses avec le renfort des équipes de l’Intercontinental GT Challenge. J’ai de quoi être un promoteur heureux. » 

Il manque tout de même deux marques avec l’absence de Nissan et McLaren à la saison…

« Nissan, on savait que ce serait compliqué compte tenu de leur restructuration. Pour McLaren, je pense qu’ils ont fait le choix stratégique de se faire la main dans d’autres championnats où la compétition semble plus accessible. Ce qui est sûr, c’est que l’auto est bien née et qu’elle va donner du travail à notre département technique. Il faut tout de même signaler l’arrivée de Honda. » 

Votre équipe technique s’est renforcée ?

« Notre comité technique s’est structuré et renforcé. Jacques Berger, qui était la FIA, nous rejoint comme coordinateur global de toute la partie administration. Vu le nombre de championnats organisés, il faut un suivi technique détaillé. Nous sommes tous des humains et on peut faire des erreurs. Le problème rencontré par Black Falcon à Barcelone en est un exemple. Notre communication après le souci d’adhésif rencontré par WRT à Spa n’a peut-être pas été optimale. Scott Raymond, qui vient de l’IMSA, nous a aussi rejoint. Il aide pour la BOP du championnat TC aux Etats-Unis. Claude a déjà assez travail et il n’était pas question de lui en donner encore plus. »

La grille Blancpain GT World Challenge Europe vous satisfait ?

« La grille est qualitative et quantitative. Le niveau s’annonce très relevé et je pense qu’il va y avoir du sport sur la piste. Avec 49 GT3 en Endurance et 24 en Sprint, l’équilibre est parfait. Le jour où nos trois séries continentales Sprint auront 24 autos, ce sera encore mieux. »

Avoir seulement deux constructeurs pour le titre Blancpain GT World Challenge est un problème ?

« Nous avions deux solutions. La plus facile était de dire que tout le monde marque des points et on distribue un titre. Nous avons pris une route plus difficile qui va prendre un peu plus de temps. Avoir deux constructeurs permet de décerner un titre qui met en avant le constructeur. Le problème est que tout le monde n’est pas présent sur les trois continents. Porsche n’est pas en Blancpain GT World Challenge Europe, Lamborghini n’est pas en Amérique et Audi qui est très bien représenté en Europe et en Asie n’est pas sur le championnat américain. Comme pour l’Intercontinental GT Challenge, on commence un match. Je crois dans le concept sachant qu’on devait rationaliser notre offre. » 

Avoir le label « World » en dehors d’un championnat badge FIA n’a pas posé de problème ? 

« Pour avoir ce label, il y a des critères à respecter, ce que nous avons fait. Il fallait l’engagement direct de constructeurs et se rendre sur trois continents. C’est le cas du championnat, donc on peut l’appeler ‘World’. Il n’était pas question de ne pas respecter les critères de la FIA. »

La FIA pourrait faire évoluer la réglementation GT à l’horizon 2022. Vous sentez l’arrivée d’une convergence GT3/GTE ? 

« Nous ne pouvons que donner notre avis à la FIA. Le GT3 se porte bien et je ne vois pas pourquoi les choses devraient changer. Quand on voit la vitalité des championnats, je n’ai pas l’impression que le GT Open, l’IMSA, l’ADAC GT Masters ou les 12 Heures d’Abu Dhabi se portent mal. Les constructeurs sont ravis et personne ne veut faire changer les choses. Le seul conseil que je peux donner est de s’occuper des catégories qui marchent moins bien. Je le répète, la catégorie GT3 marche formidablement bien. Le Mans a 75 dossiers, alors quel est le problème ? Les produits ne sont pas les mêmes. »

Il faut s’attendre à combien d’autos aux 8 Heures de Laguna Seca ?

« La date de l’événement a changé et on devrait avoir moins d’autos qu’en 2018. On s’y attendait. Une course de fin de saison est plus un cadeau de fin d’année pour les équipes et les pilotes. Là, c’est en début d’année. Malgré cela, notre motivation reste intacte. Le marché américain n’est pas facile. Il est très difficile de faire bouger les choses en dehors des quatre grandes courses majeures IMSA. » 

La Blancpain GT World Challenge Asia est aussi une belle satisfaction ? 

« On a volé huit autos au championnat avec FFF Racing Team qui vient en Europe, KCMG, GruppeM et HubAuto qui roulent en Intercontinental GT Challenge. Cela fait un gros trou. Finalement, le sport auto, c’est du jardinage. Il faut planter pour récolter, couper des branches pour que ça pousse. Nous avons revu le fonctionnement avec un pilote asiatique par équipage. L’idée n’était pas de voir quatre européens sur le podium. »

La confiance est de mise pour la catégorie GT2 ? 

« J’espère que nous aurons trois constructeurs à Barcelone pour le lancement. »