Romain Dumas vous livre les secrets du circuit de Sebring

Romain Dumas connait très bien le circuit de Floride. Il a en effet remporté les 12 Heures de Sebring en 2008 au volant d’une Porsche RS Spyder de l’équipe Penske Racing en compagnie de son compatriote, Emmanuel Collard, et Timo Bernhard. Nous l’avons rencontré et il vous livre les secrets de tous les virages du circuit. Accrochez vos ceintures…

« Le Virage n°1 n’est pas le plus facile du circuit. Il faut freiner bien à l’extérieur et se rapprocher du mur à l’intérieur, mais sans le toucher tout en passant au plus près. Il faut accélérer quasiment quand on est à l’intérieur du virage. Il faut prendre le vibreur à l’extérieur, mais il y a une grosse bosse près du vibreur qui peut vous emmener dans la terre.

Ensuite, c’est enchaînement des virages 3, 4 et 5. Le freinage du 3 n’est jamais facile, une erreur est vite arrivée. On bloque alors les roues et il n’y a pas d’échappatoire. Par contre, il faut plonger très tôt à la corde car il y a pas mal d’adhérence. Si on sort bien, le n°4 est à fond. Le n°5, il faut rentrer tard dedans, accélérer très très tôt et monter sur le vibreur extérieur. Puis le virage n°6 est à fond.

On arrive à l’épingle du n°7, là où se trouve Château Elan. Au freinage, elle est assez bosselée et il est facile de bloquer les roues. Quand on plonge à la corde, il y a une sorte de banking. Il faut mettre la roue sur le vibreur intérieur. Le banking permet de prendre un peu de vitesse. Lors de la réaccélération, il faut faire attention car il y a des bosses à l’extérieur qui déstabilisent pas mal la voiture. A cet endroit, on ne gagne du temps que si on freine tard.

Les virages n°8 et 9 sont à fond. On arrive au n°10 qui ressemble au n°7 sauf que le freinage est meilleur car cet endroit n’est pas bosselé. Il faut arriver avec beaucoup de vitesse dedans, on peut ressortir très large à l’extérieur car les deux gauches (n°11 et 12) qui suivent se passent à fond.

Le n°13 est un virage à droite compliqué où il y a là aussi un peu de banking. On peut amener beaucoup de vitesse. Quand on réaccélère, on va sur le vibreur extérieur au maximum, mais il ne faut surtout pas passer une roue de l’autre coté car il n’y a pas d’herbe. Il y a un trou derrière le vibreur et quand on passe derrière, on arrache une partie de la voiture comme ce fut le cas de Gianmaria Bruni sur la Porsche l’année dernière lorsqu’il avait arraché le fond plat.

Après ce sont les enchaînements 14, 15 et 16. Le premier est sympa car il y a pas mal d’adhérence, on peut arriver vite dedans. On touche un peu le vibreur à l’intérieur ce qui aide la voiture à tourner. Le n°15 est à fond et le n°16 commande la ligne droite. Celui là est un peu farceur car on peut rentrer un peu vite dedans, mais ça ne sert à rien. Il vaut mieux ralentir un peu à l’entrée pour avoir une très bonne sortie et utiliser la vitesse de pointe. On s’appuie sur le vibreur et après c’est une longue ligne droite…

Pour finir, le fameux virage n°17. Il est très difficile. Il y a deux écoles. La plupart freine au ras du mur à l’intérieur à l’entrée. Ils s’écartent au milieu et font une sorte de V. Sous le pont, ils restent à fond et écartent la trajectoire. Il faut se méfier car, sous le pont, il y a trois bosses d’affilé qui peuvent déstabiliser la voiture.

L’autre école est celle de Tom Kristensen. Il évitait complètement le mur à l’entrée. Il freinait au milieu de la piste, allait très large à l’extérieur. C’est une trajectoire assez normale qui casse la vitesse à l’extérieur et on revient au ras du mur à l’intérieur. Sur un tour, la dernière est plus rapide, mais quand la piste est sale à l’extérieur, ça marche moins bien. »