Pierre Fillon : « La liste est représentative de l’événement ! »

La liste des 24 Heures du Mans (15 et 16 juin) vient tout juste d’être dévoilée (ICI). Soixante voitures et dix suppléants la composent. Pierre Fillon, le Président de l’Automobile Club de l’Ouest, organisateur de la course, est revenu sur cette sélection en vue de la 87e édition de la classique sarthoise. Au menu : les choix difficiles, les réservistes, le 56e stand et l’équipage 100% féminin. 

Le processus de sélection : « Nous avons reçu cette année 75 dossiers que le Comité de Sélection des 24 Heures a ensuite examinés avec minutie. 75 dossiers c’est un nombre conséquent, plus important que les années précédentes encore. Cette situation démontre que, en pleine transition, l’Automobile, le sport automobile et surtout les 24 Heures du Mans attirent toujours constructeurs comme équipes privées, pilotes professionnels comme amateurs, coureurs expérimentés ou à la carrière en devenir. Les 24 Heures du Mans gardent leur pouvoir d’attraction. Ainsi aujourd’hui, nous présentons 70 dossiers qui se répartissent ainsi : 60 sont invités à participer aux Essais des 24 Heures du Mans 2019 et 10 réservistes. Le plateau se découpe ainsi 8 LMP1, 17 LMP2, 17 LM GTE Pro et 18 LMGTE Am. »

Au niveaux des choix : « Ils ont été délicats dans le sens où le nombre était conséquent mais aussi et surtout parce que la qualité des différents candidats était vraiment très importante et qu’il devenait difficile de trouver des éléments faisant la différence. Nous avons minutieusement et scrupuleusement analysé les dossiers. Nous avons privilégié l’intérêt sportif et technologique des dossiers, l’attrait pour les fans, le public et les médias, et nous avons également voulu récompenser la fidélité des candidats. Nous avons eu bien évidemment quelques crève-cœur, notamment pour certains réservistes, qui auraient pu être directement au départ lors des éditions précédentes.

C’est une évidence d’année en année, le niveau des candidatures augmente, toutes catégories confondues. C’est l’un des effets notable de la mise en place et de l’efficacité de notre pyramide de l’endurance. Les équipes formées, les pilotes qui gravissent les échelons série après série, catégorie après catégorie, témoignent d’un haut degré d’expérience et de performance. Leurs projets sont solides au fur et à mesure de leur cheminement de la base de la pyramide vers le sommet. »

Des équipes comme United Autosports, Panis-Barthez Compétition, Duqueine Engineering, IDEC Sport, High Class Racing en tant que réservistes : « Les choix ont été extrêmement compliqués. Il nous a fallu prendre pourtant une direction. La première a été, pour le LMP2, d’accueillir le maximum de candidatures différentes avant de considérer les 2e voitures présentées. Nous avons voulu donner leur chance au plus grand nombre et récompenser nos fidèles de l’Endurance. Cela a entraîné des choix, évidemment. »

Son avis sur la liste : « Elle est effectivement représentative de l’évènement. Pour la Super Finale de la Super Saison, nous comptons 34 concurrents réguliers du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA ainsi que les invités de l’European Le Mans Series, de l’Asian Le Mans Series, du WeaterTech SportsCar Championship. Quand certains concurrents joueront le titre mondial, d’autres viseront la victoire aux 24 Heures du Mans. Ce double intérêt est un atout majeur pour cette 87e édition. Cela pimente l’épreuve, si besoin était. »

L’équipage 100 % féminin qui roulera sur la Ferrari 488 GTE #83 de Kessel Racing en GTE Am (Frey-Gostner-Gatting). « L’ACO a toujours œuvré pour la promotion du sport automobile auprès des femmes, nous avons toujours voulu jouer un rôle de facilitateur, à tous les niveaux d’ailleurs : pour le public féminin, pour les femmes intéressés par les métiers de la compétition automobile, et cela ne signifie pas seulement la conduite et le pilotage, mais tout l’univers de la compétition. Bien évidemment, un équipage 100% féminin aux 24 Heures du Mans est un symbole fort et remarquable pour consolider cette action. La FIA et sa commission Women in Motorsport, qui soutiennent cet équipage, travaillent aussi en ce sens. Engagé en LMGTE Am, ce trio répond aussi aux annonces faites en juin 2018 avec la FIA. »

Pas de 56e stand cette année : « Nous avions un projet de stand 56 avec Don Panoz pour cette année. Malheureusement et c’est compréhensible, sa disparition a remis en question cet engagement. Je vous rappelle que le 56e stand est un engagement réservé à un concurrent faisant appel à une technologie innovante, qui n’est pas encore intégrée dans les règlements officiels et qui évolue hors classement. Nous avons des contacts réguliers avec différents candidats sur des sujets très variés, consacrés aux nouvelles énergies comme à l’intelligence artificielle. Pour être parfaitement préparés, il leur faut actuellement un peu plus de maturité pour y prétendre efficacement. Mais je vous garantis que les idées ne manquent pas. »