Peugeot/Audi en 2009, les flaps de la discorde…

On ne vous apprendra rien en vous disant que les LM P1 sont de vraies machines de pointe sur le plan technologique. C’est de bonne guerre, chaque constructeur essaie de scruter au maximum son adversaire pour voir que tout est bien conforme sachant chaque voiture est épluchée et décortiquée par les commissaires techniques. En 2009, une histoire de flap a bien animé le milieu de la semaine des 24 Heures du Mans avec une réclamation portée à l’encontre d’Audi de la part de Peugeot. La Peugeot 908 HDi FAP était à quelques jours de son premier et unique succès en terre sarthoise avec face à elle l’Audi R15 TDI.

L’objet de la discorde : deux flaps situés à l’avant de l’Audi, juste sur la partie supérieure du splitter. Peugeot accusait Audi d’avoir deux ailerons, donc deux appendices aéro, ce qui était contraire au règlement. Dans le camp Audi, on estimait qu’il s’agissait de deux éléments de carrosserie totalement en phase avec la réglementation. Peugeot a donc décidé de porter réclamation en pleine semaine mancelle. Le collège des commissaires de l’ACO a rejeté la réclamation, si bien que l’affaire devait être portée devant le tribunal de la FIA.

« Il y a deux problèmes principaux » expliquait Bruno Famin, directeur technique de Peugeot Sport. « Une pièce qui traverse la voiture entre les deux ailes, et deux appendices qui ont été ajoutés depuis Sebring sous prétexte de cacher les suspensions. Audi a réussi à constituer un aileron, comme sur une Formule 1, créant ainsi de l’appui de façon très performante. Il apporte de l’appui à l’avant, sans traînée. Dit autrement, ça plaque la voiture, sans la ralentir. »

Le discours d’Olivier Quesnel, patron de Peugeot Sport, était semblable : « Je n’ai rien contre Audi qui a reçu un aval officiel pour courir. Nos relations sont excellentes. Je déplore qu’il y ait une distorsion entre ce que je vois et le discours. Le problème n°1 est la conformité de l’auto, après il y a la philosophie de l’endurance. Je me demande ce que Peugeot doit faire pour 2011, une F1 carrossée, comme l’Audi, ou une vraie voiture d’endurance. Je ne suis pas un va-t-en guerre. Mais n’ayant vu aucune évolution positive, je dois agir. On m’a parlé d’actions menées après les 24 Heures en vue de 2010. Mais mon objectif à moi, c’est 2009. Peugeot ne peut pas être un faire-valoir. »

Du côté de Pierre Fillon, alors vice-président de l’ACO, on se voulait plus consensuel : « Il y a un règlement dont certains points ne sont pas forcément précis, pour éviter que toutes les voitures soient les mêmes. Audi a interprété le règlement, l’ACO a son interprétation et celle de Peugeot n’est pas la même. C’est aux juristes de régler le problème. Il y a eu une concertation ces derniers mois. A Sebring aussi, l’Audi était jugée non conforme par Peugeot : 12 heures de course, 20 secondes d’écart. On ne peut pas dire que l’écart soit si grand que cela. On aura toujours des critiques. Quand le moteur diesel est arrivé, tout le monde a rigolé. Maintenant on a des moteurs diesel très performants, qui gagnent au Mans. »

Peugeot a remporté les 24 Heures du Mans malgré l’histoire de flaps…