Paul Petit (Racing Engineering) : « J’ai su rester à ma place »

#24 RACING ENGINEERING (ESP) ORECA 07 GIBSON LMP2 NORMAN NATO (FRA) OLIVIER PLA (FRA) PAUL PETIT (FRA)

A 25 ans, Paul Petit est un pur produit de la filière prototype mise en place par l’ACO. Après des débuts en CN, le natif de Guéret est passé en LMP3 où il a décroché la place de vice-champion ELMS en 2016. Place ensuite à la catégorie LMP2 chez Graff puis chez Racing Engineering cette saison sur une ORECA 07 qu’il partageait avec Olivier Pla et Norman Nato. La saison European Le Mans Series a débuté par une victoire au Paul Ricard avant de se terminer à Portimão par une nouvelle place de vice-champion dans une catégorie LMP2 relevée comme jamais. De quoi lui laisser de gros espoirs pour 2019 avec l’envie de débuter aux 24 Heures du Mans et pourquoi pas de s’essayer aux courses américaines.

Quel bilan tirez-vous de votre saison 2018 ?

« Terminer vice-champion est une grosse satisfaction. C’est amplement mérité vu les efforts fournis par toute l’équipe. Tout le monde a travaillé dur pour en arriver là. Racing Engineering est une vraie équipe de course à part entière où l’entente est parfaite à tous les niveaux. En venant de la monoplace à haut niveau, on aurait pu penser qu’il aurait fallu du temps pour s’acclimater à une nouvelle discipline. Sur un plan personnel, j’ai énormément progressé sachant que j’ai encore une marge de progression. L’avenir qui s’offre à moi est positif. »

La saison a débuté par une victoire. En revanche, la suite a été plus compliquée…

« C’est un peu surprenant de gagner la première course quand on voit le niveau de la catégorie LMP2. Nous avons commis des erreurs et connu quelques difficultés en cours de saison. Nous étions plus à l’aise avec l’auto en début d’année. Le bon set-up a été plus compliqué à trouver par la suite, mais l’équipe a été top en stratégie. Est-ce que je suis surpris de la saison ? Oui et non car je connaissais le sérieux de l’équipe et la valeur de mes coéquipiers. »

Rouler avec Olivier (Pla) et Norman (Nato) vous a fait franchir une nouvelle étape ?

« Avec eux, c’est un climat de confiance et aucun souci d’ego. J’ai su rester à ma place de Silver en me servant d’eux pour progresser. L’équipe a tout fait pour me mettre dans un environnement de confiance. Le titre de la meilleure équipe est amplement méritée et je n’ai pas le moindre regret à être « seulement » vice-champion. G-Drive Racing mérite son titre et Racing Engineering n’a pas à rougir. Il n’y a pas eu la moindre erreur ni la moindre touchette. J’ai cru aux chances de titre jusqu’à Silverstone. Chaque résultat a été optimisé sur la piste. C’est une vraie chance pour moi de rouler avec Olivier et Norman qui sont vite devenus des amis en plus d’être coéquipiers. »

Vous avez trouvé votre voie en Endurance ?

« Je suis sur le chemin de devenir un vrai pilote d’endurance. J’ai appris à gérer la pression, ce qui n’est pas anodin car je suis dans un climat de confiance. Je sais que je n’ai pas tout montré mais je fais les choses naturellement sans me mettre en danger. Je sais maintenant ce que je peux apporter à une équipe et ce que je peux encore faire. 2019 peut être l’année de la révélation. Cette saison, je voulais apprendre sans faire d’erreurs en me mettant au service de l’équipe. J’ai envie de continuer sur cette lancée. »

L’objectif est de poursuivre avec Racing Engineering ?

« Continuer avec Racing Engineering est le choix du cœur et de la raison. Cependant, il faut voir ce que va décider l’équipe pour 2019. Repartir avec le même équipage serait la meilleure chose qui puisse m’arriver. J’ai déjà quelques pistes pour 2019. »

Vous avez vécu plus qu’une aventure sportive ?

« On a vécu une aventure humaine. Je rêve de la poursuivre car je ne suis pas certain de pouvoir revivre une telle aventure dans le futur. J’ai de la chance de rouler avec deux pilotes de la trempe de Norman et Olivier. Ils sont extraordinaires et on a tous les trois les mêmes valeurs. Rencontrer de tels pilotes n’est pas courant. Chacun fait ce qu’il faut pour ramener l’auto à son coéquipier. Quand tu roules avec un Olivier Pla en Endurance, tu ne la ramènes pas. Tu ne peux que apprendre tant son expérience est colossale. J’espère faire dans la continuité en 2019. »

D’autres championnats vous intéressent ?

« Il faut garder toutes les portes ouvertes. Les courses américaines me font rêver et, avec la catégorie LMP2 qui fait la part belle aux Silver, pourquoi pas tenter sa chance. Aujourd’hui, je suis à maturité pour m’exporter. Le GT fait aussi envie et un double programme serait l’idéal. Les 24 Heures du Mans sont aussi l’objectif à atteindre en 2019. J’ai quitté le mode apprentissage du LMP2. L’année prochaine, je vais tout faire pour m’affirmer davantage et me rapprocher encore plus près des meilleurs. Je me fixe des objectifs saison par saison. »

La filière Prototype mise en place par l’ACO est parfaite…

« J’ai voulu faire mon parcours étape par étape en faisant les choses intelligemment : CN, LMP3, LMP2. J’ai suivi le cursus Endurance ACO en débutant en bas de l’échelle. Je suis fier du parcours et je remercie l’ACO pour avoir mis en place cette pyramide. Sans cela, je n’en serais pas là. »

L’apport de Guillaume Moreau en soutien est un vrai plus ?

« Avant d’avoir Guillaume à mes côtés, j’évoluais tout seul. Il m’a apporté beaucoup cette saison. Sans jeu de mots, Guillaume, c’est l’assurance. L’avoir avec moi me met en confiance. »