Nicolas Perrin (Perrinn) : « Le Mans est une course au développement comme l’est la Formule 1 »

Certains y croyaient, d’autres non. Nicolas Perrin n’est pas homme à abdiquer et son projet de LM P1 en open source a fait ricaner ceux qui prenait l’ingénieur français pour un illuminé. Pourtant, on ne peut que féliciter une telle initiative quand on connaît le côté secret  type ‘Fort Knox’ des concurrents LM P1.

Basé en Angleterre, Perrinn a su séduire un client pour mettre sur la piste deux LM P1 sur la scène mondiale dès 2018. Tous les détails seront annoncés directement par l’équipe elle-même d’ici l’été.

« Les discussions avec l’équipe ont débuté il y a quelques mois mais tout s’est finalisé assez vite » nous a confié Nicolas Perrin. « Un team, qui a déjà monté un programme, cherchait une voiture. Le nom définitif de l’auto ainsi que le moteur seront annoncés avant les 24 Heures du Mans sachant que tout est déjà figé. » Le timing étant serré, Perrinn ne fera pas de présentation le mois prochain au Mans. Rien n’est confirmé pour le manufacturier pneumatique sachant que l’idée est de travailler avec Michelin.

Le prix de la LM P1 non hybride est de 1,2 M de livres, soit près de 1,4 M d’euros (1,6 M pour la Ginetta). Le contrat passé avec le client n’est pas exclusif, si bien que d’autres LM P1 pourront être alignées, le projet restant en open source. « Les sous-traitants sont prêts » précise Nicolas Perrin. « Les premiers tests auront lieu en décembre. La version définitive ne sera pas si différente des images présentées car l’auto a déjà été mise à jour depuis 2014. Tout reste en open source. L’impact sera forcément plus important une fois que l’auto existera vraiment. Perrinn a démarré son activité pour briller en FIA WEC et au Mans. Au début, le client était interrogateur. Il a fallu du temps pour qu’il comprenne l’initiative mais maintenant il est rentré dans le jeu en comprenant parfaitement l’intérêt commercial de la chose. C’est même devenu une des clés de la décision finale, ce qui montre qu’on ne s’est pas trompé. La possibilité sera donnée de partager, fabriquer ses propres pièces, voire trouver ses fournisseurs. »

Nicolas Perrin tient absolument à conserver l’esprit d’ouverture : « Le Mans est une course au développement comme l’est la Formule 1. L’open source est parfait pour cela. Si on reste fermé, cela devient compliqué de trouver les ressources nécessaires. »

Le programme de l’équipe européenne est prévu sur trois ans et Nicolas Perrin supervisera d’un oeil avisé une auto durant les premières courses. Des discussions avec d’autres écuries sont en cours mais pour l’après 2018.

Une grande partie des sous-traitants est basée en Angleterre. C’est aussi dans le pays que sera assemblée l’auto et plus précisément dans le Northamptonshire via une entreprise indépendant, comme le confirme Nicolas Perrin : « On utilise un sous-traitant pour l’atelier et une société indépendante se chargera de la construction. J’utilise un réseau que je connais déjà. On gère le projet et le design. C’est la seule façon de commencer dans cette industrie. »