Nicolas Lapierre (Signatech-Alpine) : « On a déjà rempli une partie de notre objectif »

#36 SIGNATECH ALPINE MATMUT (FRA) ALPINE A470 GIBSON LMP2 NICOLAS LAPIERRE (FRA)

A l’occasion de la nouvelle cérémonie du podium de la catégorie LMP2, Nicolas Lapierre, membre du trio désormais victorieux de la catégorie avec l’Alpine A470 Signatech Alpine Matmut #36, était bien évidemment présent et a bien voulu répondre à quelques questions :

Nicolas, un podium au mois de Novembre, ce n’est pas trop frustrant ?

« C’est bien de l’avoir fait, ça permet de partager ce moment avec l’équipe. Après, c’est sûr que ça n’a pas la même saveur qu’il aurait pu avoir au mois de juin. Mais, c’est la course automobile et on sait que ça peut arriver. Il faut l’accepter, dans quelques années on ne s’en souviendra pas. »

L’équipe pensait récupérer cette première place ?

« Clairement, on avait vu qu’il se passait quelque chose d’anormal. Au premier ravitaillement, dans la première heure de course, on savait qu’il y avait quelque chose de particulier, d’assez choquant. On ne savait pas si c’était légal ou pas, mais on a vu très rapidement qu’il y avait un problème, dans une catégorie où beaucoup de choses sont réglementées, où la marge de développement est assez réduite, donc cette différence de refueling était quand même assez bizarre. A la fin de la course, on était deuxième, on l’acceptait mais on attendait quand même les résultats des contrôles de conformité. »

Est-ce que vous avez chiffré l’avantage que cela donnait ?

« Oui, par rapport à nous, c’était sept à huit secondes de moins au stand. Donc, sur l’ensemble de la course, avec une trentaine d’arrêts, ça monte vite, et ça fait plus d’un tour de différence au bout du compte. « 

Avec ce nouveau classement, vous êtes revenus tous les trois à dix points de la première place du FIA WEC LMP2. Le titre est plus que jamais jouable…

« Oui, c’est sûr, mais pas seulement. Une nouvelle victoire au Mans, c’est aussi le but. Ce sont deux objectifs importants. En endurance, l’objectif principal, c’est les 24 Heures du Mans. Cette saison, c’est un peu particulier puisqu’il y a deux fois les 24 Heures. On a déjà rempli une bonne partie de notre objectif, donc on veut le finaliser.

On a un bel équipage, on sait qu’on marche toujours bien au Mans. Pour le championnat, c’est assez serré, on a montré de belles performances dans nos deux dernières courses, mais ça va être dur. Il reste trois courses, Sebring, Spa et Le Mans. Sebring, c’est difficile, personne n’a jamais couru là-bas avec ces voitures, c’est un peu particulier ; Spa, on connaît un peu mieux et après il y a Le Mans, donc ça va être très ouvert. »

Sebring, vous connaissez bien…

« Oui, j’ai remporté les 12 Heures deux fois, dont la dernière cette année -la première en 2011, NDLR-. Cependant, je ne les ai jamais gagnées en WEC, puisqu’elles faisaient partie de l’IMSA. Sebring, en 2019, ça va être un peu un point d’interrogation, parce qu’en WEC il n’y a pas de circuit de ce type-là et on ne sait pas trop qui sera performant là-bas. »

Sebring, c’est vraiment très bosselé ?

« Oui, vraiment. Ce sont des plaques de béton qui sont jointes les unes aux autres. C’est très bosselé et le revêtement est très particulier, il va falloir s’adapter. Heureusement, on a deux jours de tests qui sont prévus là-bas, ça va aider un peu à l’adaptation…Tout le monde est logé à la même enseigne, deux jours d’essais la semaine avant la course, comme ça tout le monde va un peu se caler. »

Ces deux journées ont lieu la même semaine que la course ?

« Non, la semaine d’avant. »

Cela va vous faire un long séjour ?

« Oui, une dizaine de jours, mais la Floride au mois de mars, c’est pas mal, il y a pire… »

Votre programme de l’intersaison, ça va être quoi ?

« Déjà une petite coupure (rires). L’année a été assez chargée, puisque j’ai couru aux USA, plus l’ELMS et le WEC, ce qui fait beaucoup de déplacements, de courses, d’essais. Le mois de décembre, je l’ai gardé complètement off, j’aime bien avoir une petite coupure chaque année pour changer d’air, pour repartir prêt pour la nouvelle saison. Celle-ci va venir vite puisque on commence dès le début janvier avec les essais des 24 Heures de Daytona, du 3 au 5 janvier, avec l’ORECA 07/DragonSpeed. »

La future réglementation, vous y pensez ?

« Oui, mais c’est encore trop tôt, on ne connaît pas toutes les informations, quels seront les nouveaux arrivants, il faut voir. C’est sûr que pour l’instant, avec les LMP1 et notamment les Toyota, la victoire est impossible, donc on va attendre d’en savoir plus. »