Loïc David (Lexus) : « Il faut continuer à avancer dans une catégorie très concurrentielle »

Si Audi et Mercedes vont se battre pour le titre Blancpain GT Series Sprint ce week-end au Nürburgring, c’est bien Lexus qui arrivera aux commandes du championnat Endurance dans deux semaines à Barcelone. Depuis qu’elle roule en Europe, la Lexus RC F GT3 ne cesse de briller avec des succès en VLN, International GT Open et maintenant Blancpain GT Series Endurance. Lexus a remporté la course de 6 heures au Paul Ricard. Malgré une auto pourtant bien née, seul le Emil Frey Lexus Racing fait rouler des RC F GT3 cette année. Un sacré paradoxe ! Il reste deux meetings au team suisse pour montrer de quoi est capable la RC F GT3 et lui faire décrocher son premier titre international. Loïc David, en charge du programme Lexus GT3 pour l’Europe, a fait le point avec nous sur la saison en cours et sur l’avenir.

Emil Frey Lexus Racing a débuté en Blancpain GT Series ici-même il y a tout juste un an. Quel regard portez-vous sur le travail fourni depuis un an ?

« Un gros bond en avant a été fourni. Le team débutait avec les gommes Pirelli qui ont encore évolué depuis 2017. On peut dire qu’il y a du bon, mais comme on fait du sport automobile, il y a forcément toujours moyen de faire mieux. Emil Frey Lexus Racing est en tête du championnat Endurance, 3e en Blancpain GT Series et 6e en Sprint. Il faut penser que l’équipe se bat contre de redoutables adversaires qui sont fidèles au championnat depuis des années, d’autant plus qu’il n’y a que deux Lexus en piste. Le team suisse fournit une très belle prestation. »

Êtes-vous surpris que la victoire soit arrivée aussi vite ?

« C’est vrai qu’on peut être surpris quand on voit le niveau de la série. Gagner une course de 6 heures juste avant les Total 24 Heures de Spa est fantastique. Tout va dans le bon sens, l’équipe est arrivée à maturité avec l’auto. C’est une bonne première saison pour Lexus avec des résultats qui sont au rendez-vous. Il faut maintenant continuer à avancer dans une catégorie très concurrentielle. »

Avoir uniquement deux Lexus est un handicap ?

« C’est clair que moins de kilomètres sont bouclés et donc moins de données récoltées. Il faut forcément plus de temps pour découvrir les choses. »

Les Total 24 Heures de Spa ont été compliquées ?

« On s’attendait logiquement à une meilleure performance à Spa. Cette année, plusieurs marques ont connu un regain de performance. »

La Balance de Performance vous satisfait ?

« Dans l’ensemble, on peut dire qu’elle est plutôt bonne. La combinaison BOP/circuit/caractéristiques des autos fait qu’il y a un peu plus d’écart. On voit que des autos font la différence sachant tout de même qu’il faut tenir compte de l’effet du nombre. »

On verra plus de Lexus RC F GT3 en 2019 ?

« L’auto plaît, c’est indéniable. Des équipes appellent de plus en plus et le point positif est qu’elle plaît aussi aux pilotes. Malheureusement, les bons résultats ne font pas tout car nous ne sommes pas les mieux placés commercialement. On aurait pu voir de 7 à 9 Lexus cette année en Blancpain GT Series. Plusieurs équipes qui ont brillé cette année aux Total 24 Heures de Spa auraient dû rouler en Lexus. »

Les discussions ne sont pas allées à leur terme ?

« L’auto est un peu plus chère et il faut tenir compte des taxes douanières. Le souci est le manque d’attractivité par rapport à la concurrence européenne. Cependant, on se bat pour trouver la meilleure solution possible. »

Vous croyez au titre ?

« Le titre est jouable car Barcelone est un tracé qui convient bien à la Lexus. En deux ans d’existence, la Lexus s’est battue à chaque fois pour un titre, et à chaque fois à Barcelone. Elle a remporté la VLN9 en 2016 dès sa sortie en compétition. Les résultats sont clairement là, il faut maintenant séduire pour avoir plus d’autos. »