Loïc David et ses cinq souvenirs aux 24 Heures du Mans

Passionné des 24 Heures du Mans depuis son plus jeune âge, Loïc David a un palmarès long comme le bras. Tombé tout gamin dans la marmite de la plus grande course d’endurance au monde, il a officié chez GBDA Motorsport en Formule 3000, AGS Formula One, Ligier F1, Prost Grand Prix, Arrows F1, Toyota Motorsport et DAMS. On le retrouve maintenant au poste de coordinateur du programme Lexus GT3 en Europe. En 1999, Loïc David était l’ingénieur de course de la Toyota GT One #1 qui a connu une fin de course dont tout le monde se souvient avec la double crevaison de Martin Brundle. Il nous a fait part de cinq de ses souvenirs aux 24 Heures du Mans.

– Jaguar Silk Cut et Martin Brundle…

« J’étais bien plus jeune et j’habitais encore au Mans. Par le plus grand des hasards, je me suis retrouvé à déjeuner avec les gens de chez TWR Jaguar dans un restaurant près de la gare. J’étais fou de ces voitures et je le suis encore actuellement. Il y avait Martin Brundle parmi les pilotes. La vie a fait que j’ai travaillé avec lui chez Ligier, mais aussi chez Toyota où j’étais son ingénieur de piste au Mans quand il roulait avec Collard et Sospiri. Quelques années plus tard, j’ai travaillé chez Arrows où j’ai retrouvé Tom Walkinshaw qui m’a emmené voir sa collection dans un manoir. Il y avait une Jaguar aux couleurs Silk Cut, la boucle était donc bouclée… »

– Martin Brundle et les malheurs de Toyota…

« Ce souvenir n’est pas très positif. En 1999, Toyota devait gagner les 24 Heures du Mans. Martin Brundle avait décroché la pole en 3.29.930. Il était environ 0h45 et la course était sous régime de neutralisation. Il y avait des débris au niveau du virage Porsche. La voiture roulait lentement avec une baisse de la pression des pneumatiques. Une crevaison lente a occasionné une sortie de piste de Martin dans les Hunaudières. Sur le moment, personne n’a compris cette sortie. On appelle Martin à la radio en lui demandant de ramener l’auto. A Arnage, le pneu arrière crève et c’en est terminé de nos espoirs. Cette année 1999 cumulait un bon et un mauvais souvenir. »

– La Porsche ‘Lui’ et GBDA…

« En 1987, je travaillais chez GBDA en Formule 3000 et l’équipe soutenait une Porsche 962C du Brun Motorsport pour Michel Trollé, Paul Belmondo et Pierre de Thoisy. J’ai toujours aimé les Porsche. Quand j’étais gamin, je dessinais des 911 sur mes cahiers. J’ai pu suivre les 24 Heures du Mans 1987 en observateur et j’en garde un très bon souvenir. L’époque GBDA est particulière pour moi. En 1986, j’étais en spectateur lors de la venue de la Formule 3000 sur le Circuit Bugatti. Avec des amis, j’étais assis au-dessus du stand GBDA et un an plus tard, j’étais sur le grille de départ chez GBDA. »

– Apprenti pilote…

« Je me rappelle avoir participé au Critérium du Jeune Pilote dans les années 70. Je me souviens qu’on « pilotait » pendant les 24 Heures sur une petite piste. J’aimais déjà les voitures. J’en garde un bon souvenir même si ce n’était pas piloter sur le grand circuit. A cette époque, je voulais être cascadeur comme Jean-Paul Belmondo. J’ai eu la chance de le rencontrer à Pau lorsque je faisais rouler son fils Paul en F3000. Avant de faire carrière en sport auto, j’ai poussé la porte de Synergie au Mans. Lucien Monté m’a accueilli et voilà où j’en suis après tant d’années. Sans lui, mon cursus aurait été certainement différent. »

– La Rondeau M379 et moi…

 » En 1988, j’ai eu la chance de m’asseoir au volant d’une Rondeau M379. J’ai eu l’immense privilège de la redémarrer après tant d’années. Lorsque je suis allé chez Synergie pour la première fois, il y avait ce grand poster de la victoire de Jean Rondeau au Mans en 1980. Lorsqu’il a fallu redémarrer la M379, Lucien m’a désigné pour démarrer l’auto. Un grand moment.

Des souvenirs au Mans, j’en ai des dizaines et des dizaines. Je vais en rajouter un sixième. En 1987, Michel Trollé roulait sur une Porsche 962C. A cette époque, on pouvait se placer à quelques endroits en bord de piste dans les Hunaudières. Après avoir regardé passer les voitures, je suis revenu dans les stands où j’ai retrouvé Michel qui m’a lâché : « Je t’ai vu dans les Hunaudières, t’as remarqué je t’ai fait des appels de feux. » On parle quand même de voir quelqu’un en bord de piste à plus de 350 km/h. Ces pilotes m’étonneront toujours… »